Éditorial septembre 2010
Finies les vacances!
C’est en grande forme
qu’Alliàge effectue son retour: premier tea dance depuis le mois
de juin, présence à la Gay Avroy Street, vernissage d’une
nouvelle exposition de photographies et de sculptures à la
Maison Arc-en-Ciel, nouvelles perspectives « Imago », sortie
culturelle à l’étranger et autres rencontres, …
La rentrée, c’est aussi le
moment de rafraîchir la motivation de son engagement. Reformuler
les raisons qui nous ont amenés un jour à passer la porte de la
Maison Arc-en-Ciel. Faire le point sur les actions de
l’association qui rencontrent les raisons qui nous y ont amenés.
Enfin, partager avec les autres membres la vision de
l’orientation que l’on souhaiterait voir suivie.
L’actualité des dernières
semaines nous a livré maintes histoires de placards ;
entrouverts, ouverts de force ou encore enfouis au fin fond des
mémoires.
De Ricky Martin presque,
quadragénaire à Joe Mc Elderry, vainqueur du x factor anglais,
outé sur facebook, en passant par Mickael Jackson et maintenant
Christopher Reeves dont le caractère hypothétique du coming out
n’est que subsidiaire, nous nous rendons compte qu’il n’est pas
encore toujours aisé de montrer qui on est réellement.Nous avons
tous, nous qui lisons cet Alliàgenda, fait le pas. Pourtant,
accepter et imposer son identité sexuelle reste une épreuve
parfois dramatique.
Nombre de jeunes ne peuvent
affronter la force de l’hétéronormalisme de leur entourage et se
déchirent entre le besoin de reconnaissance sociale et leur
épanouissement sentimental et sexuel. Parfois jusqu’à
l’irrémédiable. Ce dilemme n’est pas propre aux adolescents; des
hommes et des femmes arrivent à l’âge « raisonnable » avec comme
bagage un lot de secrets plus ou moins discrètement enveloppés
dans des postures sociales de composition.
J’imagine qu’un garçon, une
fille, me voyant manifester mon attachement à mon ami, en rue,
dans mon environnement professionnel ou familial, puisse y
trouver une once d‘énergie. Ce geste peut devenir une arme
contre la claustration, le poids de la différence, la peur du
rejet.
Quand par souci de
discrétion, il m’arrivera d’hésiter à prendre une main aimée
dans la mienne, j’y penserai.
Que le « On nous regarde
peut-être! » soit un encouragement et non un avertissement.
Toute l’équipe d’Alliàge vous
souhaite une excellente rentrée et se fait une joie de vous
revoir.
Vincent Demonty
Éditorial août 2010
Un peu de nostalgie.
On m’a souvent conté et
reconté ces années passées à revendiquer l’ouverture du mariage
civil et de l’adoption. On m’a décrit ces interminables tables
rondes au cours desquelles s’affrontaient des intervenants
passionnés. J’ai vu briller les yeux de mes interlocuteurs en
évoquant ce passé. J’ai souvent regretté d’être si jeune. De
n’avoir pas connu la naissance de cette association. D’avoir
raté l’inauguration de cette énorme maison de la rue
Hors-Château. Une maison arc-en-ciel. Avec des murs, des
fenêtres et bientôt des bureaux.
Le temps passe. Le mariage et
l’adoption sont une réalité. L’orientation sexuelle est même un
critère protégé par la loi anti-discrimination de 2007.
Aujourd’hui, si je veux me marier, si je veux être candidat
adoptant… j’en ai le droit. Alors, quand je dis que je travaille
chez Arc-en-Ciel Wallonie, on me demande souvent: pourquoi? Que
fais-tu là-bas? De quoi avez-vous (ou avons-nous) donc encore
besoin?
Cette question m’interpelle
et à chaque fois je dois serrer un peu les dents pour rester
diplomate. Je réponds que non. Je peux me marier et je peux
adopter. Donc je suis heureux. Nous sommes tous heureux. Car
enfin l’orientation sexuelle n’est plus un problème pour
personne. Enfin, la diversité ne fait plus peur. Enfin, si je
suis une vieille femme, handicapée, juive, noire et lesbienne,
je serai traité avec autant d’égards que ce jeune homme blanc,
en pleine santé, catholique et hétérosexuel. Enfin, quand un
élève lance un «tapette» ou un «sale pédé» dans une cours de
récré, il est sanctionné. Enfin, la transidentité ne fait plus
peur. Enfin, je peux dire que je suis séropositif sans qu’une
lueur d’inquiétude ne trouble le regard des autres. Enfin, la
différence ne fait plus peur.
Las. La prévalence du suicide
chez les jeunes gays et lesbiennes est environ six fois plus
élevée que chez les jeunes hétéros. L’Histoire et la littérature
enseignées dans nos écoles sont presque complètement dépouillées
de toute référence à l’homosexualité, ne permettant même pas aux
jeunes de se penser comme gay, bi ou lesbienne. Les romans,
films, musiques que les jeunes consomment célèbrent
presqu’exclusivement les amours hétérosexuelles.
La déconstruction des
stéréotypes de genre, la lutte contre la transphobie ou la
sérophobie, l’égalité entre les couples hétéros et homos,
l’égalité homme-femme… tous ces combats sont devant nous. Le
champ d’action est gigantesque et nous ne sommes pas très
nombreux à en avoir conscience. Nous avons besoin de toutes nos
forces pour changer nos propres mentalités, celles de nos
proches, de nos amis, nos familles,… Nous avons besoin de toutes
et tous.
L’arme dont nous disposons,
c’est notre éducation. Notre meilleur outil, c’est nous-mêmes.
C’est la connaissance et la compréhension du monde qui nous
entoure. C’est la vision du monde qu’on aimerait voir s’épanouir
dans la rue ou sur notre lieu de travail. C’est cette vision qui
doit confondre les obscurantismes de tout poil et soigner notre
myopie sociale.
C’est généralement ce que je
réponds à ceux-là qui n’ont pas l’air de voir les dégâts de l’hétérosexisme
et de l’homophobie.
Et j’ajoute souvent cette
petite histoire d’un enfant, perdu au milieu d’un immense
marécage, qui patauge tant bien que mal et puis qui trouve un
appui, une portion de terre un peu plus solide sur laquelle il
peut s’appuyer. Nous sommes tous un peu cet enfant. Et la
culture, les films, les romans, les personnages historiques,… ce
sont des lopins de terre sur lesquels on peut s’appuyer. Appuyer
nos réflexions. Appuyer nos désirs. Notre identité. Nos
ambitions. On ne peut se construire sans culture. On ne peut
s’épanouir sans être nourri de culture.
Un jour, je ne serai plus si
jeune. Un jour, je sentirai la fatigue. Et j’espère qu’un gosse
de 20 ans m’écoutera raconter mes combats. Ceux que nous avons
menés après les lois sur le mariage et l’adoption. Ces combats
qui ont rendu le monde un peu plus vivable. Et qu’il apercevra
mes yeux qui brilleront de la nostalgie de l’ancien combattant.
Vincent Bonhomme
Éditorial juin 2010
Pour la sixième année
d’affilée, la journée mondiale de lutte contre l’homophobie
(IDAHO) a été célébrée ce 17 mai. Comme vous le savez
probablement déjà et nous tenons par cet édito à le souligner,
l’équipe d’Arc-en-Ciel Wallonie, la Fédération wallonne des
associations gay et lesbiennes, s’est démenée pour diffuser
20.000 pin’s (le coq au panache arc-en-ciel) un peu partout en
Wallonie et à Bruxelles.
La dernière action de distribution a eu lieu le lundi 17 mai en
gare de Namur avec l’aide du cabinet de la Ministre Tillieux. Le
résultat des différentes opérations est éloquent :
-
20.000 pin’s distribués
en trois semaines ;
dont 5.000 pin’s et 1.500 affiches dans les écoles du
secondaire ;
-
1.310 pin’s aux 262
communes wallonnes ;
-
95 pin’s aux 19 communes
bruxelloises ;
-
910 pin’s aux services de
proximité de la Région wallonne (Eupen, Arlon, Wavre,
Nivelles, Namur, Charleroi, Liège, Mons, La Louvière,
Verviers, Tournai,…)
-
770 pin’s distribués aux
écoles qui en ont redemandés ;
-
une dizaine de demandes
qui n’ont pu être satisfaites ;
-
plusieurs milliers au
Service public de Wallonie et au Ministère de la Communauté
française ;
-
plusieurs centaines dans
les rues (le Carré et la batte à Liège, les Fiertés et la
gare à Namur, la Belgian Pride à Bruxelles,…)
-
...
Arc-en-ciel Wallonie est
ravie (et oui, c’est une fille) de l’excellente collaboration
avec ses différents interlocuteurs et de la motivation des
bénévoles. L’équipe souhaite remercier plus particulièrement :
Laetitia Gigot, Kathy Lannoy et Philippe Peeters pour la
distribution aux petites heures dans les différentes Directions
générales du SPW à Jambe, Brigitte Casimir et Claudine Nassens
pour leur soutien lors de la distribution au Ministère de la
Communauté française, la Ministre Eliane Tillieux ainsi que son
équipe, la Ministre Fadila Laanan pour son soutien, les
bénévoles qui se sont succédés au stand d’Arc-en-ciel Wallonie
dans le rainbow village, les collègues et amis d’Alliàge qui ont
répondu au téléphone lors des nombreuses sorties sur le terrain,
les responsables locaux pour le bon remplissage des cars,
Vinciane Paoletti pour son engagement et ses sourires, et toutes
celles et tous ceux qui ont contribué au bon déroulement de
l’opération pin’s et de la coordination des cars.
Nous tenons également à remercier tout particulièrement Ghislain
pour son énergie et sa condition physique dans le superbe
costume de coq au panache arc-en-ciel qui a remporté un vif
succès tout au long du cortège de la Belgian Pride. Le moins que
l’on puisse dire, c’est qu’il n’est pas passé inaperçu !
Outre la distribution du pin’s, ce sont d’innombrables
événements qui ont eu lieu lors de ces « Semaines Arc-en-Ciel ».
Et ces actions ne sont pas veines. Toute cette énergie contribue
à rendre visibles nos combats, nos espoirs et nos succès auprès
d’une population de plus en plus ouverte sur les questions
d’orientation sexuelle et d’identité de genre. N’en témoigne les
articles qui fleurissent ces derniers jours sur les sites
d’informations généralistes et institutionnelles.
Merci encore une fois à toutes et tous. Merci à toute l’équipe
d’Arc-en-ciel Wallonie pour l’enthousiasme débordant, les
compétences énergiques et la volonté déterminée d’éclairer les
consciences et de faire avancer les mentalités qu’ils déploient
au service des différentes associations wallonnes.
Et bien entendu, n’oubliez pas les activités de votre Fédération
: journées arc-en-ciel (conférence/débat sur différents thème),
prix François Delor, brochure, mailing list (sur simple demande
à vincent@arcenciel-wallonie.be) et toutes les informations
disponibles sur le site
www.arcenciel-wallonie.be
Vincent
Bonhomme, Administrateur
d’Alliàge et permanent d’Arc-en-ciel Wallonie ;
Jean-François Pondant, Président d’Alliàge.
Éditorial mai 2010
Cette année encore, les
Semaines Arc-en-Ciel nous réservent un programme riche et varié
: activités culturelles, festives, sportives, théâtrales,
cinématographiques jalonneront ces deux semaines... sans oublier
la Gay Pride, le samedi 15 mai, à Bruxelles. Une nouvelle fois,
Arc-en-ciel Wallonie organise le transport en car et Alliàge
offre le petit déjeuner : une manière de commencer la journée
sympathiquement. Le bus à impérial nous attendra, bien sûr, à
Bruxelles et nous accompagnera tout au long du défilé. Cette
année, nous avons opté pour une animation certes moins «
bonne-enfant » mais beaucoup plus festive et animée !
Je tiens à remercier, ici,
nos quatre permanents et les associations amies (Arc-en-ciel
Wallonie, LaLucarne.org, le Chel et Sporty Liège) qui ont mis
sur pied et coordonné toutes les animations prévues durant ces
quinze jours ; mais aussi la Région wallonne ainsi que les
différents sponsors qui nous aident à les organiser.
Je vous laisse découvrir le programme complet de ces festivités
dans les pages de cet Alliàgenda.
Les Semaines Arc-en-Ciel,
faut-il le redire, sont, pour Alliàge, un moment privilégié de
rappeler notre existence, nos combats et le bien-fondé d’une
association comme la nôtre.
Je voudrais aussi m’arrêter sur l’importance de la Gay Pride et
de la Journée Mondiale de la Lutte contre l’Homophobie.
Il est vrai que nous avons la
chance de vivre dans un pays où les droits des LGBTQI sont
reconnus et défendus. Un certains nombre de combats ont été
gagnés. Les mentalités ont tendance à évoluer. Il n’est qu’à
voir les réactions plutôt positives et encourageantes entendues
lorsque Jean-Charles, professeur de gym dans le Brabant wallon,
a déclaré publiquement son désir de changer de sexe.
Quoiqu’il en soit, tout n’est
pas parfait et rien n’est jamais gagné une fois pour toute. Les
moments de crise, économique ou autre, ont toujours été des
passages difficiles pour les minorités tant, dans ces moments,
la tendance est à se cramponner aux valeurs traditionnalistes et
conservatrices. L’Eglise catholique en est d’ailleurs un fort «
bel » exemple dans toutes ses prises de position actuelles (voir
l’édito du mois d’avril et les dernières déclarations du
secrétaire d’Etat du Vatican !!!). Il est donc primordial que
nous restions attentifs à ne pas perdre ce qui a été gagné.
Si en Belgique et en Europe,
d’une manière plus ou moins générale, il ne fait pas trop
mauvais vivre pour les LGBTQI, ce n’est malheureusement pas le
cas pour pas mal de pays dans le monde. Le livre que Philippe
Castetbon viendra nous présenter le 11 mai à la Maison
Arc-en-Ciel est là pour en témoigner. C’est d’abord pour tous
ceux-là, ces gays obligés de se faire photographier le visage
caché et de taire ce qu’ils sont, qu’il est important que la
Gay Pride et la journée Mondiale de la Lutte contre
l’Homophobie existent !
Bonnes semaines Arc-en-Ciel à
toutes et à tous.
Jean-François, Président
Éditorial avril 2010
La nomination de Monseigneur
Léonard, le 18 janvier dernier, à l’archevêché de
Bruxelles-Malines n’a pas manqué de faire couler beaucoup
d’encre et de provoquer un certain nombre de débats et
polémiques.
André-Joseph Léonard (il
vient de remplacer « Mutien » par « Joseph », saint patron de la
Belgique), en effet, s’est toujours fait l’apôtre d’un
catholicisme pur et dur ancré dans la tradition et le chef de
file du courant qui déplore les « excès » rénovateurs hérités
du concile Vatican II. Il incarne, en effet, plus que d’autres,
la ligne vaticane actuelle et son élévation au rang, qui est le
sien maintenant, confirme la cohérence de la politique des
nominations dans l’Eglise. Cette « élévation » de Monseigneur
Léonard apparaît dès lors comme un désaveu de la voie plus
centriste défendue par Monseigneur Danneels.
Intelligent, bon débatteur,
polyglotte, courageux, boute-en-train voire gouailleur,
Monseigneur Léonard n’est pas sans qualité. Toutefois, le
rayonnement de l’homme fait peur tant il ne mâche pas ses mots
pour rappeler ce qu’est la doctrine de l’Eglise, au risque de
semer le trouble parmi le « peuple de Dieu ». Les propos du
prélat condamnant, entre autres, l’avortement, l’euthanasie, le
mariage homosexuel ou l’interruption de grossesse ont indigné ou
embarrassé bon nombre de Belges, croyants ou non. Il n’a pas
hésité à dire tout le mal qu’il pensait de certaines lois
adoptées par le Parlement (ce qui, d’ailleurs, a procuré
l’occasion à la Vice-Première ministre, Laurette Onkelinx, de
rappeler que les Eglises n’avaient pas à intervenir dans les
grands débats de société). Ses déclarations fracassantes ont
élargi le fossé entre les chrétiens conservateurs et ceux qui
adoptent des positions plus ouvertes en matières religieuse,
éthique et/ou morale.
Monseigneur Léonard n’a pas
dû attendre bien longtemps pour faire à nouveau parler de lui.
Dans l’émission « Mise au point » du 24 janvier, il n’a pas
hésité à comparer l’homosexualité à l’anorexie en laissant
entendre ainsi que l’homosexualité était une maladie. Il faut
ici rappeler une interview accordée, il y a un peu plus de deux
ans, au magazine Télémoustique dans laquelle il n’y allait pas
par quatre chemins et qui se résumait par : « L’euthanasie ?
Inutile. L’avortement ? Antidémocratique. Les gays ? Anormaux.
Le préservatif ? Poreux. »
Petit relevé de
quelques-unes de ses prises de positions et de ses tonitruantes
sorties médiatiques :
L’homosexualité. En juin
2008, la chambre du conseil de Namur prononce un non-lieu à son
avantage, alors qu’il est poursuivi pour avoir proféré des
propos homophobes, dans l’hebdomadaire Télémoustique, en 2007.
Il s’était déjà exprimé sur le sujet, dans le livre d’entretiens
que lui a consacré Louis Mathoux, en 2006 : « On présente toutes
les formes de sexualité comme étant simplement des variantes
équivalentes. Or l’homosexualité est une forme de la sexualité
humaine qui a mal évolué. Elle est contraire au sens profond de
la sexualité, tant sur le plan biologique que sur les plans
psychologique et spirituel. »
Le prélat prétend s’en
prendre à un comportement, pas aux personnes… Un peu court, aux
yeux du Centre pour l’égalité des chances, qui estime que « ce
type de discours est dangereux, car il peut entretenir l’idée
pernicieuse qu’il est légitime de discriminer les personnes
homosexuelles ».
Dans son interview à
Télémoustique, l’évêque de Namur faisait aussi référence aux gay
prides, estimant que « la promotion de l’homosexualité au
travers des gay prides signe le retour à l’Antiquité
gréco-romaine ».
S’exprimant sur le mariage
des homosexuels, Mgr Léonard affirmait encore que « le mariage
est, par définition, l’union stable entre un homme et une femme
». Il préconise dès lors de pas utiliser le terme de « mariage »
pour les unions homosexuelles. « Un pics, un pacs, un pucs...
tout ce que vous voulez mais pas mariage », disait-il.
Préservatifs. L’évêque
namurois persiste à prétendre que le préservatif, par l’effet
cumulé de sa mauvaise utilisation et de sa prétendue
perméabilité, souffre d’un taux d’échec moyen de 10 %. Ce qui,
aux yeux du prélat, revient, pour ceux qui utilisent le
préservatif, « à jouer à la roulette russe »… André-Mutien
Léonard, à l’époque, n’hésite d’ailleurs pas à voir dans
l’épidémie de sida « une sorte de justice immanente (…). Quand
on malmène l’amour humain, peut-être finit-il par se venger »
(sic)…
L’euthanasie. Là encore, le
prélat se montre sûr de lui, avançant, sans apporter d’éléments
probants, qu’« actuellement, les soins palliatifs permettent de
répondre à 95 %, voire 100 % des souhaits de mourir
confortablement ». L’euthanasie, en somme, serait inutile.
Avortement. L’évêque namurois
conteste le principe même du droit des élus à légiférer en cette
matière : « Un parlement (…) n’a pas autorité sur le sens
métaphysique et biologique de la sexualité. » Là encore, le
prélat assène sa vérité « scientifique », estimant qu’«
aujourd’hui, 95 % des avortements peuvent être qualifiés de
convenance ».
Il précise même, dans le
livre de Louis Mathoux, que l’interdit catholique de
l’avortement ne peut souffrir d’exception… Même en cas de viol.
Car « il existe de nombreuses familles en Belgique qui sont
prêtes à adopter du jour au lendemain un enfant qu’une mère ne
pourrait pas garder parce qu’elle le ressentirait
psychologiquement comme le fruit d’un viol ».
Fécondation in vitro. Fait
sans précédent, en 2007, les spécialistes de la fécondation et
des cellules souches, à l’UCL et à la KUL étaient convoqués au
Vatican afin de s’expliquer sur leurs pratiques… Membre du
pouvoir organisateur de l’UCL, l’évêque n’était manifestement
pas étranger à la manœuvre. Il avait annoncé la couleur aux
chercheurs dès 2002 : « Quel geste prophétique si une université
authentiquement catholique ou humaniste renonçait à la
procréation artificielle et promouvait plutôt la recherche en
vue de prévenir la stérilité ! Quel sens du progrès scientifique
et moral si une telle université renonçait à l’exploitation des
cellules souches embryonnaires et au clonage thérapeutique. »
...
Monseigneur Léonard, qui a 69
ans, doit néanmoins compter avec le temps. Il sera contraint
(comme Monseigneur Danneels en juin 2008) de remettre sa
démission au pape à l’âge de 75 ans (en mai 2015). Un « règne »
de cinq ans, voire de six ou de sept ans en cas de prolongation,
cela semble fort court pour une reprise en main doctrinale et
pour parvenir à « resserrer les boulons » en matière de liturgie
et de morale, missions apparemment confiées au prélat.
Quoiqu’il en soit, restons vigilants !
Jean-François,
Président.
Éditorial mars 2010
La gay Pride, la Gay Street,
les Semaines Arc-en-Ciel et la liberté avec laquelle nous
pouvons aujourd’hui vivre notre sexualité ne doivent pas nous
faire oublier que les minorités sexuelles sont encore opprimées
dans un grand nombre de pays. En effet, environ 80 pays
considèrent toujours l’homosexualité comme un acte répréhensible
; une dizaine de ceux-ci prévoient la peine de mort et bien peu
possèdent des lois réprimant l’homophobie. Le documentaire «
Quand les amours prennent des couleurs » présenté le 18 mars
lors du « Bar à Images » en est un exemple particulièrement
parlant et touchant.
Il existe de nombreux lieux à
travers le monde où les homosexuels peuvent vivre au grand
jour. Dans beaucoup d’autres, par contre, ils sont contraints
de vivre dans la discrétion ou le mensonge sous peine de tomber
sous le coup de la loi ou d’être victimes d’agressions résultant
de préjugés homophobes.
L’avènement des grandes
religions, le christianisme et l’islam, a contribué à faire des
comportements homosexuels un acte considéré comme déviant donc
répréhensible. Depuis trente ans, toutefois, l’apparition et le
développement de mouvements activistes gays et lesbiens ont
profondément modifié le regard porté sur l’homosexualité. Il
reste que, pour bon nombre de cultures, l’homosexualité est
toujours considérée comme une pathologie et nombreux sont les
pays qui n’ont pas suivi l’Organisation Mondiale de la Santé
lorsque cette dernière a déclassifié l’homosexualité comme
maladie mentale.
Je vous propose de faire un
tour du monde et un état des lieux d’une planète pas si gaie que
cela.
Sévèrement réprimée à Cuba,
au Nicaragua ou en Guyane, l’homosexualité n’est toutefois pas
l’objet d’une discrimination légale dans la grande majorité des
pays d’Amérique latine. Seules quelques grandes villes comme
Mexico City et Buenos Aires, de même que certaines villes
brésiliennes, ont voté des lois interdisant la discrimination à
l’égard des minorités sexuelles. Ce qui n’empêche pas la police
d’effectuer des descentes régulières dans les bars gais…
L’Afrique est probablement le
continent le plus complexe. D’une part, certains pays
appliquent la charia (le Soudan et la Mauritanie, entre autres);
d’autre part, l’Afrique du Sud est depuis 1995 le premier pays
au monde à avoir inscrit dans sa constitution la protection des
minorités sexuelles. Mais, d’une manière générale, la
répression est de mise, surtout dans les états ayant hérité d’un
système judiciaire d’inspiration anglo-saxonne ou ceux qui
appliquent la loi islamique. Les peines prisons sont d’ailleurs
parfois très lourdes.
En ce qui concerne l’Asie, il
est très difficile d’obtenir des informations fiables, notamment
sur la vaste Chine où, légalement, les homosexuels ne sont pas
sujets à poursuite mais où l’on sait bien que toute forme de
dissidence est rapidement mise au pas. Le Japon, les
Philippines et la Thaïlande sont relativement cléments. L’Inde,
quant à elle, reste piégée par des lois héritées de l’Empire
britannique et les préjugés religieux et sociaux. Il convient
par ailleurs de distinguer la situation générale avec celle de
grandes villes occidentalisées comme Bombay ou des lieux de
villégiature comme Goa, où les gays ne sont pas importunés.
L’Australie et la Nouvelle Zélande, par contre, font figure
d’exemple en Océanie.
Aux Etats-Unis, quelques
états américains condamnent les discriminations liées à
l’orientation sexuelle, mais une dizaine d’autres –Caroline du
Nord et du Sud, Floride, Alabama, Mississipi, Louisiane,
Arizona, Idaho, Michigan et Minnesota-condamnent la sodomie quel
que soit le sexe des deux partenaires, d’ailleurs. De plus,
cinq états condamnent encore la sodomie entre partenaires
masculins : le Texas, l’Oklahoma, l’Arkansas, le Missouri et le
Kansas. Ainsi, la situation diffère beaucoup que l’on soit dans
le Bible Belt ou dans les tolérantes mégalopoles de la côte Est
et de la Californie.
L’une des conditions posées
aux anciennes démocraties populaires pour intégrer les
institutions européennes comme le conseil de l’Europe était
l’abolition de toutes les législations discriminatoires à
l’encontre des minorités sexuelles. Aussi, la situation de la
quarantaine d’états européens est-elle, au moins au plan légal,
sensiblement uniforme. Champions de la tolérance, les pays
scandinaves et les Pays-Bas ont été les premiers à voter des
lois punissant l’homophobie et légalisant l’union homosexuelle.
Toutefois, des différences persistent, même au sein de l’Union
Européenne, à propos de l’âge de consentement légal. Il est bon
de noter que le Liechtenstein restreint, encore aujourd’hui, la
liberté d’expression des gays et des lesbiennes. L’Albanie, la
Bosnie et la Turquie exercent des violences policières et la
Tchétchénie musulmane, elle, a rétabli la charia.
Enfin, le Proche et Moyen
–Orient reste certainement la région du globe la moins tolérante
en matière d’homosexualité. L’application stricte de la loi
islamique, la charia, est à l’origine des répressions dont sont
victimes les homosexuel(le)s. Les condamnations vont de la
flagellation à de lourdes peines de prison. Parmi les cinq pays
de la région qui appliquent scrupuleusement la charia en
punissant de mort les relations homosexuelles, trois
(l’Afghanistan, l’Iran et l’Arabie Saoudite) l’auraient, selon
Amnistie Internationale, appliquée durant les dix dernières
années. (source :
Fugues 25 ans, Yves Lafontaine)
Jean-François
Pondant, Président.
Éditorial février 2010
Nous en parlions déjà le
mois passé : le 7 mars prochain, Alliàge tiendra son
Assemblée Générale Ordinaire : il s’agit d’une réunion annuelle
primordiale pour la vie de votre association. C’est au cours de
cette AGO qu’est exposée la gestion des administrateurs pour
l’année écoulée, et que sont décidées les lignes maîtresses de
la politique générale de l’asbl qui sera mise en œuvre par le
Conseil d’Administration pour l’année à venir.
Qui participe à
l’Assemblée Générale ? En principe, les AG d’Alliàge asbl
sont publiques. Mais pour pouvoir participer aux débats et
surtout, pour pouvoir bénéficier du droit de vote, il est
indispensable d’être membre effectif. Si vous ne l’êtes pas
encore, et que vous souhaitez participer à la vie d’Alliàge en
faisant notamment valoir vos idées et opinions à cette Assemblée
Générale Ordinaire 2010, il est encore temps ! Il faut d’abord
être en ordre de cotisation (autrement dit, avoir le statut de
"membre adhérent"). Si vous remplissez cette condition
préalable, vous pouvez introduire une simple demande par écrit
adressée au Conseil d’Administration pour le 5 février au plus
tard. Il est nécessaire ensuite d’être présent à l’Assemblée
Générale (sauf en cas de force majeure) afin de vous présenter
brièvement et de soumettre valablement votre candidature aux
suffrages. Lors du vote à bulletins secret, deux cas de figure
sont possibles en fonction de votre ancienneté comme membre
adhérent : soit vous cotisez depuis plus d’un an et il vous
faut, alors, recueillir la majorité absolue pour être élu ; soit
votre adhésion est inférieure à un an et c’est alors les deux
tiers des voix qu’il vous faut.
Vous souhaitez vous
investir plus encore ? Devenez administrateur (-trice) et
rejoignez le CA ! Pour cela, il est indispensable d’être membre
effectif et d’avoir introduit votre candidature en adressant une
lettre de motivation au Conseil d’Administration pour le 5
février au plus tard. Il faut ensuite impérativement être
présent lors de l’Assemblée Générale afin de vous présenter et
il faut, enfin, recueillir la majorité absolue des voix
exprimées à bulletins secrets. Le mandat d’administrateur
s’exerce pendant deux ans et est renouvelable ensuite.
Pour tout renseignement
complémentaire, n’hésitez pas à consulter nos statuts
(disponibles à la Maison Arc-en-Ciel mais aussi sur notre site
www.alliage.be en suivant présentation > missions > statuts) ou
à nous contacter au 04/223.65.89 ou encore via
courrier@alliage.be
Éditorial décembre 2009
Voyage à Biarritz
Comme prévu, c’est le 15
octobre 2009 que 10 valeureux représentants d’Alliàge ont posé
le pied sur le tarmac de Pau où nous attendait le président de
la LGP (association locale). La chaleur de l’accueil de nos
hôtes rivalisant avec celle du soleil béarnais a permis
d’immédiatement briser la glace.
L’hospitalisation inattendue d’un des membres du "comité
d’accueil" a quelque peu bousculé le programme établi pour nous
mais aucun effort (location d’une voiture et multiplication des
déplacements pour assurer nos déplacements sur place, prise en
charge par la LGP d’un logement alternatif dans un centre de
vacances, etc.) n’a été épargné pour trouver une solution à
chaque situation.
Nous avons
ainsi pu découvrir les richesses architecturales et historiques
de la région telles que le château d’Henri IV à Pau, le front de
mer et la maison de Louis XIV à Saint Jean de Luz, châteaux,
rocher à la Vierge et autres endroits sympas à Biarritz, etc…
Les sportifs n’ont pas été oubliés et, respectant la tradition
liégeoise de la balade dominicale , nous sommes partis à
l’assaut du sommet du pays basque (le col Saint Ignace de la
Rhune) en petit train et, après avoir profité d’une vue
exceptionnelle de toute la région, avons rejoint la vallée à
pied.
Nous avons
aussi découvert la réalité basque, avec une population locale
accueillante, fière de son identité basque (dite "du nord" pour
le côté français et "du sud" pour le côté espagnol) et de sa
culture dont les racines se perdent dans le brouillard de
l’Histoire. Le tout dans un rapport tout méridional avec le
temps et à des années-lumière de tous les clichés que l’on
perçoit de l’extérieur. Avec un sentiment général de bien-être.
La LGP ne
possédant pas de local permanent, son activité se caractérise
surtout par des actions de prévention sida, des réactions face à
des évènements dans l’actualité par exemple, des actes ou
déclarations homophobes, l’accueil et l’écoute des personnes
prenant contact par le biais du site etc…, sans oublier
l’organisation de la gay pride de Biarritz.
L’environnement sociétal
étant ce qu’il est en France, la LGP s’est naturellement tournée
vers Gehitu, association basque du sud basée à San Sebastian,
bénéficiant d’un cadre législatif nettement plus porteur. Le
leitmotiv de Gehitu est la visibilité. Donc, après quelques
années passées à "apprivoiser" la société civile dans son
ensemble, ils sont maintenant sur tous les fronts :
participation à toutes les manifestations culturelles
importantes, interventions dans toutes les écoles (dès le niveau
de la maternelle grâce à deux clowns très populaires ),
distributions de préservatifs dans de très nombreux
établissements gays ou sympathisants, organisation de la gay
pride, de conférences et de rencontres très largement relayées
dans les médias.
Les Liégeois, dont deux ont
été hébergés par le président de Gehitu, ont ainsi eu l’occasion
de découvrir San Sebastian de jour et Donostia (nom basque de
la ville) by night, participant même à la tournée de
distribution de préservatifs hebdomadaire.
Et, comme à la fin de chaque
album d’Astérix, nous nous sommes retrouvés autour d’une table
afin de partager un repas, suivi pour les plus courageux par une
soirée Karaoké. A l’occasion de ce repas, nous avons échangé nos
impressions respectives et l’unanimité s’est faite sur la
nécessité de se revoir. C’est pourquoi rendez-vous a déjà été
pris pour des retrouvailles en 2010 à Liège. En attendant, il
nous reste les photos, les mails et téléphones pour prolonger
cette belle expérience.
Hugues Hospital
www.lgp-biarritz.org /
www.gehitu.net
"Regards Croisé"
Si
l’homosexualité est de mieux en mieux acceptée, elle reste
encore aujourd’hui un tabou dans de nombreux pays. Beaucoup
d’homosexuel-le-s doivent vivre cachés et sont contraints de
mener une double vie dans une société qui les tolère à peine ;
ils sont parfois victimes de harcèlement, de pression sociale
mais aussi de brutalité.
L’homosexualité, dans certaines cultures et religions, est
considérée comme un "acte contre nature" ; c’est l’une des
raisons pour lesquelles les personnes étrangères ou d’origine
étrangère n’osent pas vivre leur homosexualité ou la vivent mal
et ne sont pas toujours informées de leur droits.
Dans cette
optique, nous avons réalisé une brochure et un documentaire afin
de sensibiliser, d'informer et de former les professionnels à la
double discrimination des personnes homosexuelles étrangères ou
d'origine étrangère. Cette brochure est le résultat d’un travail
collectif entre l’asbl Alliàge, l’asbl Merhaba (organisation
créée par et pour des homosexuels, lesbiennes et bisexuel-le-s,
originaires du Maghreb, du Moyen-Orient et de la Turquie) et le
CRIPEL (Centre Régional d’Intégration des Personnes Étrangères
ou d’origine étrangère de l’arrondissement de Liège), et est
avant tout un outil d’information.
Elle permettra au lecteur de se familiariser avec la thématique
abordée dans celle-ci et apportera les informations nécessaires
aux professionnels afin qu’ils puissent mieux répondre aux
attentes de leur public et leur apporter l’aide dont ils ont
besoin.
Dans le
documentaire, nous partons à la rencontre des différents
témoignages de personnes qui ont vécu des problèmes liés à leur
orientation sexuelle. Celui-ci présente également l’interview de
professionnels qui, par leur travail ou leur militantisme,
rencontrent ces mêmes personnes et les aident dans leur
parcours.
Comme
annoncé précédemment dans l’agenda de septembre, ces outils de
sensibilisation ont été présentés le 29 septembre à Liège et le
30 à Bruxelles.
Éditorial novembre 2009
L’optimisme n’est pas à la mode en ce moment, l’actualité est
morose, les nuages se grisent, le soleil se couche plus tôt et
se lève plus tard, les températures plongent plus vite que le
cours de la Bourse et les mouchoirs ressortent déjà pour
soulager nos nez larmoyants…
L’automne
est bien là et vous avez le moral dans les chaussettes. !
Enrhumés,
anxieux, empâtés, vous avez la terrible impression d’être entrés
dans un tunnel dont vous ne verrez le bout qu’au printemps
prochain.
Cette
routine n’est pas nouvelle ; chaque année, elle pointe son nez à
la même époque. Et si demain, vous décidiez de prendre le
taureau par les cornes et de vraiment changer d’air ;
plongez-vous dans ce nouvel Alliàgenda, il vous donnera de
nombreuses pistes pour booster votre quotidien… loin du ciel
gris, de la pollution, du stress… et de l’ennui...
En effet à
la Maison Arc-en-Ciel, nous voulons croire aux sourires, à la
bonne humeur, à la joie de vivre, non pas par insouciance ou
irréalisme mais par volonté ; nous croyons aux bonnes ondes, aux
fous rires et aux plaisirs...
Vous
pouvez nous trouver fous ou naïfs, mais la fine équipe qui vous
a concocté cette deuxième permanence délassement "plaisir,
sucettes et gourmandises" n’est composée que d’indécrottables
positifs ; le genre de personnes qui parviennent à trouver un
avantage à chaque inconvénient et pour qui le verre est toujours
à moitié plein.
Il en est
de même pour l’ensemble des membres du conseil d’administration,
ainsi que de la multitude des bénévoles dévoués, sans qui rien
ne serait possible et que je tiens à saluer chaleureusement au
passage.
Nous
pouvons d’ailleurs constater, au fil des mois, que chaque
activité est devenue un lien incontournable de camaraderie et de
rencontre. Qu’elle soit festive, ludique ou champêtre.
Bonne
lecture… et n’oubliez pas de vous couvrir lorsque vous sortez
car le rhume, c’est un peu comme l’amour, ça commence au coin
d’une rue et, parfois, on peut finir au lit…
Richard, Vice-président
Éditorial octobre 2009
L’été est
fini, mais nous ne rentrons pas en hibernation pour autant ! Le
mois d’octobre reste riche en activités.
Tout d’abord, la Nuit des Coteaux de la Citadelle, le samedi 3.
Comme d’habitude, Alliàge s’associe à l’évènement, avec un bonus
cette année, en plus des hot-dogs traditionnels : la présence,
au sein de la MAC, d’un "fotomaton" très original (Faites-vous
tirer le portrait, car certaines photos seront exposées lors de
la prochaine Biennale de la photographie, en février 2010).
Pour les amateurs du septième art, les séances "Imago" sont de
retour le 8.
Autre activité traditionnelle : le thé dansant, le dimanche 11.
Sur le sujet, une réunion des bénévoles a eu lieu il y a
quelques mois. Suite à cela, le CA a voté une série de mesures
afin d’améliorer, pour les clients, comme pour les bénévoles,
l’organisation du Tea Dance. Exemples : la tombola et les
tickets boissons des bénévoles, l’espace "commande" devant le
bar, le stand "Snacks-Cocktails",… Le même WE aura lieu, à la
Zone, le festival "Drag Attack", auquel Alliàge s’est associé,
notamment au niveau du thé dansant (surprise).
Troisième activité phare du mois, le voyage à Biarritz, organisé
par la cellule Loisirs. Le but est de rencontrer une association
LGP locale, très active, et dont les membres se feront un
plaisir de faire découvrir leur superbe région. Les participants
au voyage seront logés chez l’habitant, que demander de plus !
Pour ceux qui restent, Gilles et Richard, après le succès de
leur permanence "Tapas & Sangria", remettent le couvert avec une
permanence "Sucettes et Gourmandises… ", le 16.
Au cours du mois, le repas, bar à images et l’après-midi jeux
sont bien sûr au programme.
Pour finir, n’oubliez pas que les administrateurs sont à votre
service et à votre écoute. Lors de chaque activité, vous les
reconnaîtrez grâce à leurs badges. N’hésitez pas à les aborder.
De même avec les membres des cellules Accueil et Loisirs, où
votre participation est toujours la bienvenue.
Nicolas et Jean-Marc
Éditorial septembre 2009
Au tout
début du mois d’août a eu lieu une fusillade dans le local d’une
association de gay et de lesbienne de Tel-Aviv, faisant deux
morts et quinze blessés.
Pourtant,
la télévision française a diffusé récemment un reportage
exceptionnel sur la ville de Tel-Aviv. Il en ressortait
notamment qu’elle a la réputation d’être un havre de tolérance
sexuelle. La multitude de bars et de clubs gays en fait même une
destination de choix pour les homosexuels du monde entier. Dans
le centre, des dizaines de drapeaux arc-en-ciel s’affichent
fièrement aux fenêtres. En juillet, cinq couples homosexuels ont
échangé symboliquement leurs consentements au cours d’une grande
fête à laquelle assistait Ron Huldaï, le maire de la ville.
Par
contre, il serait faux de penser que les gays israéliens aient
la vie facile et affichent leur homosexualité. Tout le sud
d’Israël, en dehors de Eilat, est assez homophobe. A Jérusalem,
par exemple, l’organisation de la Gay Pride provoque
régulièrement des remous. Le nombre de lieux gays en Israël est
très faible par rapport à la Belgique ou à la France. Il est
impossible pour un jeune de vivre son homosexualité normalement
car, dès 18 ans, il doit faire son service militaire. Très
souvent, d’ailleurs, c’est à ce moment qu’une crise arrive. Ces
jeunes sont alors bien obligés de trouver un soutien moral.
C’est la raison pour laquelle la ville de Tel-Aviv a mis à
disposition des locaux pour que ceux-ci puissent se retrouver et
rencontrer des conseillers. C’est dans un des ces rares centres
de soutien que le drame a eu lieu.
Nir Katz,
26 ans, et Liz Tarboushi, 17 ans, ont été tués. L’homme masqué
qui a fait irruption dans le sous-sol de l’association a
également blessé quinze personnes, dont deux grièvement. Juste
après le drame, un défilé silencieux a rassemblé des centaines
de personnes brandissant des pancartes dénonçant l’homophobie.
La classe politique israélienne a unanimement condamné
l’attaque. Dès le lendemain matin, le premier ministre Benyamin
Nétanyahou, à l’instar du maire de la ville, des membres du
gouvernement et des grands rabbins du pays, a tenu à marquer sa
solidarité avec les familles des victimes. Il a notamment
déclaré : Je veux dire aux citoyens d’Israël que nous sommes
un pays démocratique et tolérant et que nous devons respecter
chaque personne telle qu’elle est. Même le parti
ultra-orthodoxe Shass, d’habitude très critique envers les
homosexuels, s’est affirmé sans ambiguïté choqué et révolté par
cette attaque criminelle qui a visé la communauté gay de
Tel-Aviv. Si l’enquête confirme la motivation homophobe de cette
attaque, il s’agirait de l’agression la plus grave jamais
commise en Israël contre des homosexuels.
En juin
2005, un Juif orthodoxe avait poignardé trois participants de la
Gay Pride. Il avait été par la suite condamné à 12 ans de
prison.
Jean-François Pondant,
Président
Éditorial août 2009
Si vous
aviez un rêve, une idée, une envie…quelle dimension
prendrait-il?
Alliàge
possède tous les artifices possibles pour devenir une vraie
locomotive dans la région. En effet combien de personnes
fréquentent les tea-dances et ne connaissent pas notre maison,
notre fonctionnement, notre équipe? Bref notre association!!
Soyons un peu fous en ce début d’été et imaginons un "projet",
même totalement loufoque ou utopiste pour relancer nos
permanences.
Si vous
croisez quelque part, le vendredi, dans la rue Hors-Château, une
bande d’amis, suivez-les…. Ils vous guideront toujours à la
Maison Arc-en-Ciel. Poussez la porte, vous serez bluffés par la
nouveauté qu’ils vous offrent sur un plateau. Veinards! Tous les
habitués disent la MAC…incontournable et immortelle.. !
On peut
deviner qu’il s’y est joué quelques scènes, qu’on y a écrit de
belles pages.
Dès 19hrs,
les amis arrivent car c’est véritablement une incroyable ruche
de copains, d’amis et d’habitués de toutes générations qui
tentent autour du bar de lécher le miel sur l’épine…Oup’s.. ! De
s’informer des derniers potins… Une famille immense.. !
Cette
fois-ci, une nouvelle inspiration à l’aube des vacances : une
soirée sangria et tapas.
Filles et
garçons de tous sexes se retrouvent pour une folle soirée,
durant laquelle baisers, éclats de rire, cris de joie sont
légions dans ce temple de la convivialité.
Où il
n’est pas toujours aisé, pour un petit nouveau de percer le
"cercle de famille". Mais un sourire ou un beau jeans moulant
suffit à une définitive intégration…
L’équipe
de la MAC est extraordinaire, indispensable gardienne de
l’esprit de la maison.
Merci à
toutes celles et tous ceux qui, par leur travail, leur soutien
et leur présence font que nos activités sont de telles
réussites!
A bientôt
pour de nouveaux moments de complicité.
Richard
Éditorial juin 2009
"L’école
démocratique" de mars 2009, publié par l’Appel Pour une école
Démocratique, a particulièrement retenu mon attention ; son
dossier a comme intitulé "Combattre l’homophobie – pour une
école ouverte à la diversité". Il devrait être d’ailleurs très
bientôt disponible sur Internet. De plus, l’Aped organise le 17
octobre 2009 une journée d’étude qui aura pour titre "Six heures
pour l’École démocratique" ; un atelier "sexisme et homophobie"
y est prévu.
Aujourd’hui encore, les LGBT, élèves comme membres du personnel,
souffrent dans le système scolaire. Toutes les enquêtes
qualitatives faites nous font part de cette réalité ; entre
autres, celles ayant trait au taux de suicides des jeunes LGBT.
L’école, assez honteusement, reste le premier lieu d’insécurité
pour ces jeunes qui sont victimes de comportements homophobes de
la part de leurs pairs mais aussi de l’institution elle-même ou
de ses représentants.
Pour tous
les jeunes, nous le savons, l’adolescence est un passage
difficile ; un jeune homo se verra confronter, lui, à des
problèmes supplémentaires : absence de modèles, pressions à la
conformité hétéro… En fin de compte, ce n’est pas
l’homosexualité qui pose problème mais bien son acceptation
sociale.
L’homosexualité, il est vrai, est de plus en plus souvent
évoquée dans les classes … mais de quelle manière ? Elle est
encore trop régulièrement envisagée comme un problème et non
dans une optique de compréhension positive et surtout de soutien
aux jeunes homos.
Dans ce
but, un guide pédagogique a été publié en 2009 par le Ministère
de la Communauté française. Il devait constituer une véritable
avancée politique ; il n’a malheureusement pas eu les effets
espérés. Tout d’abord deux graves lacunes ont été soulevées au
niveau de la conception de l’outil : un manque d’enquête
préalable et une absence de méthode d’évaluation à long terme.
De plus, la diffusion et la promotion des 3000 exemplaires
imprimés n’a guère été efficace… Enfin, rien n’a été prévu pour
gérer les évaluations proposées en fin de guide.
Reste à
espérer que cette initiative n’a pas été un total coup dans
l’eau mais que certaines écoles ou certains enseignants ont
quand même été tentés d’utiliser cet outil qui avait comme
qualité initiale de reposer sur de fort bonnes intentions !
Jean-François Pondant,
président
Éditorial mai 2009
Comme je
vous l’annonçais déjà dans l’agenda précédent, du 2 au 16 mai,
auront lieu les Semaines Arc-en-Ciel. Cette année encore,
Alliàge, en association avec Arc-en-ciel Wallonie, Sporty Liège,
le Chel, LaLucarne.org mais aussi Imago et plusieurs librairies
de Liège et Huy, propose un certain nombre d’activités
culturelles, sportives, festives et ludiques. Vous trouverez
bien sûr le programme détaillé de toutes celles-ci dans les
pages de votre Alliàgenda. Ces deux semaines sont, il est bon de
le souligner, une des occasions privilégiées de rappeler notre
existence, notre ouverture, nos spécificités, nos
particularités, nos combats … D’ailleurs, elles se clôtureront,
comme il se doit, par la Gay Pride à Bruxelles, le samedi 16
mai, veille du la journée mondiale de la lutte contre l’homophobie.
Cette année encore, Alliàge et Arc-en-ciel Wallonie offrent la
possibilité de s’y rendre gratuitement en car (les modalités
pratiques sont reprises à la page 9). Le fameux bus à impériale,
bien entendu, nous attendra à Bruxelles ainsi qu’une animation,
une fois de plus, très originale… je vous laisse le bonheur de
la découvrir ce jour-là.
Parallèlement à toutes ces activités, il me paraît important de
m’arrêter un moment sur la plateforme des revendications LGBTI.
En effet, il est bon de se souvenir que rien n’est jamais
totalement et définitivement acquis.
Le slogan général de cette plateforme, cette année, est "All you
need is change".
Changer
les mentalités : "Combattre les discriminations n’est pas
seulement une question de lois, mais aussi de volonté politique
de faire évoluer les mentalités et d’instaurer une société
ouverte à la diversité, y compris au niveau des Régions et des
Communautés, en partenariat avec les associations."
Changer
l’école : "L’école se doit de porter un message d’ouverture
et d’émancipation, celui d’une société plus ouverte et plus
tolérante à l’égard des différences."
Changer
les politiques de santé et de bien-être : La vigilance face
au sida et aux IST, la qualité de la prévention, du dépistage et
de la prise en charge doivent être renforcées et améliorées. Les
critères de sélection des donneurs de sang doivent être changés.
Une attention particulière aux besoins et souhaits spécifiques
des séniors LGBTI doit être accordée. La psychiatrisation des
personnes transgenres et intersexes doit être refusée. Enfin, le
droit à la liberté de disposer de son corps doit être donné aux
personnes intersexes.
Poursuivre la modernisation du droit : "Malgré les avancées
légales, le droit reste empreint de nombreux préconçus
biologiques. Le législateur doit poser un regard neuf sur le
droit de la famille, de l’état civil et de la filiation."
Changer
le monde : "Le combat pour les droits des LGBTI continue sur
toute la planète. Notre pays doit jouer un rôle de pionnier au
niveau international." Changer l’Europe : "Le combat juridique
et social pour la diversité et contre les discriminations est
celui de tou(te)s les Européen(ne)s."
Ces
revendications sont reprises en détail sur le site de
Arc-en-Ciel Wallonie (http://arcenciel-wallonie.be/web/).
Bonnes semaines Arc-en-Ciel à toutes et à tous !!!
Jean-François Pondant,
président
Éditorial avril 2009
Le 15 mars
dernier s’est déroulée l’Assemblée Générale annuelle ; le
Conseil d’Administration, suite à celle-ci, accueille quatre
nouveaux membres qui ont décidé de s’investir encore plus
activement dans notre association et pour qui il s’agit d’une
première. Une nouvelle répartition des tâches a eu lieu dès
notre premier CA. Certains projets et dossiers y ont déjà été
abordés. Entre autres, la préparation des semaines Arc-en-Ciel y
a largement été évoquée. Elles approchent à grands pas
puisqu’elles auront effectivement lieu du 2 mai au 17 mai.
Henri, notre nouveau permanent, travaille d’arrache-pied à la
finalisation des nombreuses activités prévues. Même si certaines
de celles-ci sont déjà annoncées dans cet Alliàgenda, je vous en
reparlerai plus longuement dans celui du mois prochain.
Thierry
Delaval et Michel Granados ont décidé de ne pas se représenter
comme membre du Conseil d’Administration. Je profite de cet
éditorial pour les remercier du fond du cœur. Ils ont assumé les
charges qui ont été les leurs durant un certain nombre (pour ne
pas dire un nombre certain) d’années avec un dévouement, un
sérieux, un professionnalisme, un dynamisme et un enthousiasme
remarquables. Thierry reste impliqué dans le milieu associatif
car il a en charge, comme vous le savez très certainement, la
présidence de la Fédération Arc-en-Ciel Wallonie avec qui nous
collaborons étroitement, ne serait-ce que par le fait que la
Fédération a également ses bureaux à la maison Arc-en-Ciel.
Quoiqu’il en soit, je suis entièrement persuadé que Michel et
Thierry garderont un œil plus qu’attentif sur notre association.
Je
terminerai en soulignant le succès toujours plus grand de nos
Tea dances. Je ne vous cache pas qu’ils sont un apport financier
non négligeable pour notre association. Toutefois, ils sont
aussi de plus en plus difficiles à organiser vu le nombre
toujours plus grand de bénévoles nécessaires à leur bonne
marche. Merci donc à tous ceux qui répondent chaque fois présent
et ce parfois depuis des années. Quoiqu’il en soit, n’hésitez
pas à vous faire connaître si vous désirez, vous aussi, vous
impliquer activement et rejoindre notre équipe de bénévoles en
vous manifestant auprès d’un des permanents de la Maison
Arc-en-Ciel par mail, par téléphone ou même par courrier.
Jean-François, Président
Éditorial mars 2009
Les
dernières attitudes et prises de position de Benoît XVI et du
Vatican ont causé, à raison, pas mal de remous. Ne parlons pas
des paroles outrageantes et insultantes proférées par
Monseigneur Williamson. Comment est-il tolérable, en effet, que
soit niée publiquement l’existence des chambres à gaz ?
L’impression est nette : le Vatican rétrograde et un
catholicisme musclé est en train de s’imposer. Je ne citerai que
quelques exemples.
Le décorum
et le cérémonial aujourd’hui en vigueur à Rome traduisent cette
tendance de manière très visible. Depuis quatre ans, les
pressions du Vatican sur les responsables politiques en matière
d’éthique ou de droit familial sont de plus en plus marquées. En
nommant le très aligné Monseigneur Alas nouvel archevêque au
Salvador, Benoît XVI poursuit le grand combat de sa vie de
cardinal en tentant de purger l’église de la théologie de la
Libération, un courant progressiste très répandu en Amérique
latine. Quant au dialogue entre les religions initié
principalement par Jean XXIII et Jean-Paul II, il est à l’arrêt
depuis quelques années.
La
communauté homosexuelle, elle, a été particulièrement secouée au
lendemain du 22 décembre dernier. En effet, Benoît XVI a profité
de son traditionnel discours de fin d’année pour rappeler qu’il
n’était pas du recours des hommes de se choisir une orientation
ou un genre sexuels et qu’il n’y avait que Dieu pour dicter
l’état des choses relevant de la loi naturelle. Il a, de plus,
répété clairement sa volonté de "protéger l’homme contre la
destruction de lui-même", en n’hésitant pas à mettre sur le même
pied l’homosexualité et le réchauffement climatique. De tels
propos, c’est relativement rassurant, ont heurté une grande
partie de l’opinion internationale tant, même s’ils sont très
certainement quelque peu à nuancer, ils sont difficilement
acceptables.
La
position du Vatican quant à l’homosexualité n’a guère évolué.
Nous ne pouvons qu’être inquiets de cette rigidité d’esprit.
Pour rappel, dès 2005, année de sa prise de fonction, l’ancien
cardinal Ratzinger diffusait une circulaire défendant l’accès à
la prêtrise aux séminaristes homosexuels. Comme s’il y avait une
certaine obsession à propos de l’homosexualité…
Une
semaine avant ce bien peu glorieux discours, devant l’assemblée
générale des Nations unies, 66 pays ont lancé un appel pour la
dépénalisation universelle de l’homosexualité considérée comme
un crime dans 77 états… et passible de la peine de mort dans 7
états (Arabie Saoudite, Emirats arabes, Iran, Mauritanie,
Nigéria, Soudan et Yémen). Une soixantaine de pays, en majorité
issus de la péninsule arabique et de l’Afrique, ont condamné cet
appel. La chine, la Russie et les Etats-Unis n’ont pas signé le
texte ; pas plus, d’ailleurs, que le Vatican qui craint que,
avec ce texte, l’ONU n’aille plus loin : mariage gay, adoption
ou procréation médicalement assistée…
Ainsi,
nous ne pouvons que nous interroger sur la portée des paroles de
Benoît XVI et des prises de position du Vatican. N’est-ce pas,
d’une certaine manière, tendre la main aux homophobes qui vont
pouvoir ainsi justifier leur haine ? Comment un gay croyant et
pratiquant va-t-il pouvoir s’intégrer sereinement au sein de
l’Église ou, tout simplement, vivre sa foi ? Qu’en est-il des
homosexuels qui ne s’acceptent pas, qui ont encore peur de
parler, qui vivent loin des grandes villes ou, même, qui
évoluent dans des milieux clairement homophobes ? Nous sommes
aisément en mesure d’imaginer la détresse et le sentiment
d’insécurité de tous ceux-là. Je ne peux toutefois terminer sans
rappeler que les paroles du pape ainsi que certaines prises de
position du Vatican ne reflètent pas, fort heureusement
d’ailleurs, le point de vue de très nombreux chrétiens.
Jean-François, président
Éditorial février 2009
Nous en
parlions déjà le mois passé : le 15 mars prochain, Alliàge
tiendra son Assemblée Générale Ordinaire : il s’agit d’une
réunion annuelle primordiale pour la vie de votre association.
C’est au cours de cette AGO qu’est exposée la gestion des
administrateurs pour l’année écoulée, et que sont décidées les
lignes maîtresses de la politique générale de l’asbl qui sera
mise en œuvre par le Conseil d’Administration pour l’année à
venir.
Qui
participe à l’Assemblée Générale ? En principe, les AG
d’Alliàge asbl sont publiques. Mais pour pouvoir participer aux
débats et surtout, pour pouvoir bénéficier du droit de vote, il
est indispensable d’être membre effectif. Si vous ne l’êtes pas
encore, et que vous souhaitez participer à la vie d’Alliàge en
faisant notamment valoir vos idées et opinions à cette Assemblée
Générale Ordinaire 2009, il est encore temps ! Il faut d’abord
être en ordre de cotisation (autrement dit, avoir le statut de
"membre adhérent"). Si vous remplissez cette condition
préalable, vous pouvez introduire une simple demande par écrit
adressée au Conseil d’Administration pour le 20 février au plus
tard. Il est nécessaire ensuite d’être présent à l’Assemblée
Générale (sauf en cas de force
majeure) afin de
vous présenter brièvement et de soumettre valablement votre
candidature aux suffrages. Lors du vote à bulletins secret, deux
cas de figure sont possibles en fonctions de votre ancienneté
comme membre adhérent : soit vous cotisez depuis plus d’un an,
et il vous faut alors recueillir la majorité absolue pour être
élu ; soit votre adhésion est inférieur à un an, et c’est alors
les deux tiers des voix qu’il vous faut.
Vous
souhaitez vous investir plus encore ? Devenez administrateur
(-trice) et rejoignez le CA ! Pour cela, il est indispensable
d’être membre effectif et d’avoir introduit votre candidature en
adressant une lettre de motivation au Conseil d’Administration
pour le 20 février au plus tard. Il faut ensuite impérativement
être présent lors de l’Assemblée Générale afin de vous
présenter, et il faut enfin recueillir la majorité absolue des
voix exprimées à bulletins secrets. Le mandat d’administrateur
s’exerce pendant deux ans, et est renouvelable ensuite.
Pour tout
renseignement complémentaire, n’hésitez pas à consulter nos
statuts (disponibles à la Maison Arc-en-Ciel mais aussi sur
notre site www.alliage.be en suivant présentation >
missions > statuts), ou à nous contacter au 04/223.65.89 ou
encore via courrier@alliage.be
Éditorial décembre 2008
Nous
sommes revenus du voyage en Alsace du 8 et 9 novembre avec
probablement toutes et tous une certitude : nous profitons
chaque jour des bienfaits de la liberté. Mais en avons-nous
vraiment conscience ? Nous n’avons, pour la plupart d’entre
nous, pas connu cette période délicate et difficile. Elle fut
vécue par nos parents et grands-parents. Certains la
traversèrent dans de terribles souffrances et d’autres avec une
certaine insouciance.
Le devoir
de mémoire n’est-il pas de prendre le parti des personnes ayant
souffert d’une situation qu’ils n’ont pas souhaitée ? Ne
devons-nous pas rendre hommage à ces gens qui ont fait le
sacrifice de leur vie pour notre liberté?
Pourquoi
ne serions-nous pas un peu chaque jour les gardiens de cette
mémoire ? Nous sommes encore témoins d’amalgames et d’actes
risquant les dérives. Pourquoi laissons-nous faire cela ? C’est
aussi le silence qui tue. Osons dire : non plus jamais ça !
Nous
garderons en mémoire la barbarie vécue par les déportés et leurs
conditions de survie, car il s’agit bien de survie, totalement
dépendantes des humeurs de leurs bourreaux. La pluralité de
notre groupe nous a permis des échanges interculturels riches et
ouverts. Quelle ne fut pas notre stupeur d’apprendre que des
groupes néo-nazis viennent rendre hommage au système
concentrationnaire nazi. Nous avons pu constater, par le
comportement peu civique de quelques personnes visitant ce camp,
que pour certains la reconnaissance de l’horreur n’est pas
acquise ; que, oui, le devoir de mémoire doit se perpétuer et
que les actes indescriptibles ne doivent pas tomber dans
l’oubli.
Nous
n’avions pour notre part aucun doute sur l’horreur qui s’était
déroulée durant cette période. Entre savoir et voir, il y avait
encore un pas à franchir. L’émotion qui nous a envahie devant le
four crématoire et les cellules de 12 mètres carré où
s’entassaient 20 détenus privés d’alimentation et sans aucun
sanitaire nous a laissé sans voix, …il n’y avait rien à dire.
Quand j’ai
préparé le voyage, on m’avait dit qu’il fallait que la soirée
soit malgré tout festive pour ne pas que l’émotion envahisse
trop le groupe. Quel meilleur endroit que le bar et son vin
alsacien pour se détendre. Vinrent ensuite les blagues et un bon
souper. La diversité du groupe permit à chacun de s’exprimer et
d’être entendu. Nos visites plus touristiques du dimanche nous
ont montré un visage bien plus heureux de cette superbe région.
J’en ai même entendu un dire qu’il se verrait bien souverain
dans le château du Haut Koenigsbourg. Quel courage car il y fait
froid ! Mais je vous rassure, il est revenu avec nous.
Cécile Franckart
Éditorial novembre 2008
La
première permanence Ex Aequo s’est tenue le 18 octobre dernier.
Je vous avais brièvement parlé de cette nouvelle collaboration
dans l’Alliàgenda précédent.
Ex Aequo
s’investit depuis des années dans la lutte et la prévention des
nouvelles infections au VIH/sida et des infections sexuellement
transmissibles (IST) auprès des hommes qui ont des relations
sexuelles avec des hommes.
Depuis sa
création, Ex Aequo est particulièrement soucieuse d’associer la
prévention du sida à la réflexion autour de la question
identitaire et des vulnérabilités sociales des personnes
homosexuelles. L’association s’adresse à la fois au public des
hommes qui se définissent comme homosexuels, aux personnes
bisexuelles et aux hommes qui ont des relations sexuelles avec
d’autres hommes indépendamment de leur manière de se définir.
Les jeunes, et en particulier les jeunes qui se posent des
questions sur leur identité sexuelle, constituent aussi un
public auquel Ex Aequo prête une attention particulière. Vous
avez tous déjà vu les affiches, toujours très belles et très
marquantes, de leurs différentes campagnes, entre autres la
dernière qui concerne plus particulièrement les risques liés à
la fellation. Ex aequo a également édité une certain nombre de
publications très intéressantes, didactiques et particulièrement
attractives.
Ex aequo a
souhaité organisé des permanences à la Maison Arc-en-Ciel chaque
troisième samedi du mois de 18h à minuit afin d’avoir davantage
de proximité avec notre ville et ses environs. L’ objectif étant
de créer un contexte favorable à la prévention, d’améliorer les
connaissances sur le VIH/sida et les IST et de rendre accessible
le matériel de prévention. De plus, leur équipe assurera
l'accueil à la Maison Arc-en-Ciel et vous informera sur les
activités et les missions des associations holebis. Un accueil à
l’attention des personnes transexuelles, transgenres et
intersexes sera organisé. Il est également prévu de mettre en
place des projections cinématographiques thématiques (moyens et
courts-métrages, clips, films d'animation). Vous serez bien sûr
tenus au courant.
Je suis
très heureux que cette initiative ait pu voir le jour et lui
souhaite beaucoup de succès… qui plus est, à l’approche du 1er
décembre, journée mondiale de lutte contre le Sida. Une fois
encore, Alliàge, avec d’Une Certaine Gaieté et Sid’action
s’investit dans cet événement.
Cette
année, des élèves d’écoles secondaires liégeoises devraient
recouvrir les "bittes" situées sur les trottoirs de différents
quartiers de la Cité Ardente d’un préservatif. Cette action
symbolique a pour but de rappeler que cet acte, pourtant simple
mais encore beaucoup trop perçu comme une contrainte, permet de
sauver des vies. Dans un monde où le sida a déjà tué plus de 25
millions de personnes, il est plus qu’indispensable de mobiliser
un maximum les énergies et de multiplier les actions de
sensibilisation et d’information auprès du plus large public
possible. La priorité absolue reste la nécessité de la
prévention ; une prévention qui doit sans cesse être renouvelée…
Jean-François, Président
Éditorial octobre 2008
Septembre
est traditionnellement le mois de la rentrée.
Exceptionnellement, cette année, pour Alliàge, elle n’aura été
que partielle. En effet, un certain nombre d’activités ont eu
lieu en septembre ainsi qu’un Tea Dance qui a remporté, une fois
n’est pas coutume, un très vif succès mais aucune n’a pu se
dérouler au sein de la Maison Arc-en-Ciel pour cause de travaux.
Ça y est ! Après six semaines de chantier, la Maison Arc-en-Ciel
est à nouveau ouverte et surtout fière d’arborer ses nouvelles
couleurs. Nous n’attendons plus que le mobilier et le nouveau
décor, beaucoup plus chaleureux, sera ainsi finalisé. A peu de
choses près, la réouverture de la Maison Arc-en-Ciel coïncide
avec les désormais fameux "Coteaux de la Citadelle". Comme
chaque année, la Maison Arc-en-Ciel sera grande ouverte pour
cette manifestation qui draine dans le quartier un public
toujours plus nombreux et qui illumine, le temps d’une soirée,
la colline et les rues voisines. C’est pour nous l’opportunité
d’accueillir des personnes, parfois, il est vrai, un peu
décontenancées lorsqu’elles réalisent vraiment où elles sont,
qui ne connaissent pas l’existence d’Alliàge et encore moins de
la Maison Arc-en-Ciel. Cette année encore, une exposition de
peintures ornera les murs du rez-de-chaussée. Une vente de
hot-dogs sera également organisée. Je souhaite aussi vivement
que ce “relooking” de la Maison Arc-en-Ciel soit l’occasion de
lui donner un souffle supplémentaire. Je suis d’ailleurs très
heureux que la collaboration avec LaLucarne.org asbl se
poursuive avec, entre autres, les bars à images et, petite
nouveauté, les bars à images – Ciné-jeunes qui, eux, seront
organisés avec le CHEL. Enfin, une autre belle et intéressante
collaboration est en train de se mettre en place avec Ex Aequo ;
Je vous en reparlerai très bientôt. Nous avons l’immense chance
de bénéficier d’une maison spacieuse, il est donc important
qu’elle vive le plus et le mieux possible !
Jean-François, Président
Éditorial
Juillet 2008
Les J. O. et les
gays
 |
 |
Matthew Mitcham, seul
sportif gay déclaré des J. O |
L’événement de l’été, c’était les Jeux Olympiques de Pékin.
Les belles performances des athlètes présents ne feront pas
oublier les polémiques liées au choix de la Chine, qui n’est
pas vraiment le pays des droits de l’homme. La Chine n’est
pas non plus championne de la tolérance vis-à-vis des gays
et des lesbiennes ! Mais cela n’explique pas pourquoi sur
les 10.500 sportifs et sportives qui ont participé aux jeux,
seuls 1 homme et 9 femmes sont ouvertement gays. Les J. O.
démontrent de ce point de vue la triste réalité mondiale de
l’homophobie régnante dans le monde sportif. Félicitons dès
lors les quelques athlètes qui ont le courage d’afficher
leur orientation sexuelle, comme les footballeuses Victoria
Svensson (Suède), Linda Bresonik (Allemagne) ou Natasha Kai
(USA) ; la cycliste Judith Arndt (Allemagne), la joueuse de
tennis Rennae Stubbs (Australie) ; les joueuses de softball
Lauren Lappin et Vicky Galindo (USA), et même le couple
lesbien dans l’équipe norvégienne de handball, Gro
Hammerseng et Katja Nyberg. Du côté des hommes, seul le
plongeur australien Matthew Mitcham, médaillé d’or au
plongeon de 10 mètres, est ouvertement gay. Comme il n’y a
aucune raison qu’il y ait moins de gays et de lesbiennes
parmi les sportifs qu’ailleurs, on peut estimer qu’entre 500
et 1.000 d’entre eux le sont. Les athlètes constituent
souvent des modèles, des personnes de référence auxquelles
s’identifier. C’est pourquoi ceux qui assument leur
homosexualité participent à la lutte contre l’homophobie de
façon plus efficace que de nombreuses campagnes de
sensibilisation. À part les quelques courageux mentionnés
ici, on ne peut pas dire que les J. O. de Pékin aient été à
la hauteur de nos espérances. Mais bon sang, que certains
d’entre eux étaient sexy ! Quoi qu’il en soit, vivement les
Gays Games 2010 à Cologne!
Thierry Delaval
Éditorial
Juillet 2008
Comme vous
le découvrirez dans cet agenda, le schéma des permanences
hebdomadaires a été quelque peu modifié. En effet, les cellules
activités et accueil s’étaient réunies il y a quelques mois afin
de réfléchir sur une nouvelle manière d’envisager les diverses
permanences du vendredi et du samedi, pour les Gazelles. Sur
base de leur rapport et de l’avis des différents responsables
des cellules et/ou activités, voici comment, concrètement, elles
s’organiseront : le 1er vendredi du mois aura lieu le repas
mensuel ; le 2e, la permanence des Gazelles réservée aux filles
et le 3e vendredi sera une permanence conviviale. Il n’y aura
donc pas de permanence les 4e et 5e (si 5e il y a) vendredi du
mois. Toutefois, une activité à la Maison Arc-en-Ciel pourra
être organisée le dimanche suivant le 4e vendredi du mois
(permanence papote, jeux...).
En ce qui
concerne les accueils, ils continueront à se dérouler chaque
fois qu’il y a permanence, de 19 à 21 heures.
Quant aux
Bars à Images organisés par LaLucarne.org, il est apparu, en un
an d’existence, que l’activité ne se prêtait pas vraiment à
l’accueil des nouveaux arrivants et ne s’accordait pas tout à
fait avec les permanences. Par contre, chaque soirée ayant
remporté un vif succès, il a été décidé de continuer le Bar à
Images l’année prochaine. C’est pourquoi, dorénavant, ils
devraient avoir lieu un jeudi par mois et ce à partir du mois de
septembre.
Enfin,
vous serez peut-être surpris de constater qu’aucune activité ne
sera prévue au sein de la Maison Arc-en-Ciel durant le mois
d’août. Effectivement, de grands travaux de peinture vont être
réalisés au rez-de-chaussée et au premier étage pendant cette
période. Le CA et moi-même nous réjouissons d’ailleurs déjà que
vous puissiez les découvrir en septembre.
Il me
reste à vous souhaiter, à toutes et tous, deux excellents mois
d’été !
Jean-François, Président
Éditorial
Juin 2008
Paragraphe 175 !
"Un
acte sexuel contre nature entre des personnes de sexe masculin
ou entre des êtres humains et des animaux est punissable
d’emprisonnement ; la perte des droits civils peut-être
imposée."
Certains
diront : ces temps ne sont plus ! Pas si sûr. "Le ventre est
encore fécond d’où est sortie la bête immonde" a dit Bertold
Brecht. Les idées défendues par l’extrême droite restent
toujours les mêmes, sous couvert du racisme qu’elle ne renie
pas. Elle est présente sur tous les fronts : loi
anti-avortement, rôle fondamental de la famille (homme, femme,
enfant)... sans parler de la minimisation de la femme au sein de
la société.
A
l’occasion de la préparation des jeux olympiques, plusieurs
établissements gay de Pékin et de Shanghai ont été la cible de
rafles et d’arrestations. Aux États-unis, dans 40 des 50 états,
un enseignant peut être licencié parce qu’il est gay. En
Lituanie, le déploiement d’un drapeau arc-en-ciel a été refusé.
Chaque jour nous sommes témoins de paroles ou d’attitudes
homophobes; mettre la tête dans le sable est naturellement plus
confortable, mais, à ce moment-là, ne nous plaignons pas de ne
pas être connus ou reconnus. Pouvons-nous être certains qu’il
n’y aura "plus jamais ça"?
Il nous
reste, à nous aussi, un devoir de mémoire. Entre 1933 et 1945,
100.000 hommes ont été déportés pour cause d’homosexualité,
soixante pourcents n’en sont pas revenus. Ils ont été, pour la
plupart, victimes de tortures, de castrations,... les cobayes
idéaux! Les lesbiennes qui "ne mettaient pas en péril la pureté
du sang allemand" étaient classées, elles, dans le groupe des
associaux, porteurs du triangle noir. Shirmeck, camp de
concentration où 210 homosexuels français furent déportés.
Struthof-Natzweiler, camp connu pour son laboratoire où se
pratiquaient des expériences sur les êtres humains et, tout
particulièrement, sur les homosexuels, "une cible de choix".
Début
novembre, nous vous proposerons de nous accompagner en Alsace,
afin de visiter ces lieux de mémoire, en hommage au génocide de
nos compagnons disparus à cause du paragraphe 175.
Cécile Franckart
Éditorial
Mai 2008
"CELEBRATE DIVERSITY" (Célébrons la diversité) est le slogan
que la BLGP a décidé de mettre en avant pour la Gay Pride de
cette année. Il rappelle une des priorités de l’asbl à côté du
respect, de l’ouverture et de la solidarité à l’intérieur mais
également à l’extérieur du Mouvement Lesbigays. Comme chaque
année, la BLGP soutient diverses revendications. Il me paraît
important d’en souligner quelques-unes :
• "Il est absolument nécessaire de lutter encore et toujours
contre les violences et les discriminations homophobes au
quotidien, dans les faits et par l’implication de tous et de
toutes"…. en sachant que, dans de nombreux cas, les formes de
discrimination peuvent s’additionner (gay et handicapé, femme
lesbienne musulmane, senior lesbigaytrans à faible revenu ou
malade, etc.).
• "Le combat pour les droits des lesbigay- trans doit continuer
en Europe et dans le monde. Notre pays doit y jouer un rôle de
pionnier au niveau international".
• "L’homophobie dans les écoles est un véritable fléau et doit
être reconnue comme telle. La combattre, c’est instaurer une
société riche de sa diversité, au bénéfice de tous".
Le texte
complet de la plateforme 2008 des revendications de la BLGP est
disponible sur le site
www.arcenciel-wallonie.be dans la rubrique infos.
Alliàge a
également choisi de célébrer la diversité en proposant, durant
les Semaines Arc-en-Ciel, un programme d’activités nombreuses et
variées : sportives, culturelles, littéraires, ludiques,
festives... avec, en apothéose, le samedi 17 mai, la Gay Pride
qui, par un heureux hasard, tombe, cette année, le même jour que
la Journée Mondiale de lutte contre l’Homophobie.
Les
couleurs d’Alliàge, une fois n’est pas coutume, seront menées
par le désormais très célèbre bus à impériale mais avec, cette
fois-ci, une animation musicale tout à fait originale et
particulière qui risque bien de ne pas passer inaperçue. De
plus, notre asbl a décidé d’innover en proposant le petit
déjeuner et le transport à Bruxelles gratuitement pour tous ceux
qui en ont manifesté le désir et qui se sont fait connaître
auprès des permanents.
Au vu de
ce qui est proposé dans cet agenda, je pense que les Semaines
Arc-en-Ciel seront, cette année encore, un grand moment de
rencontre et de convivialité; en tous cas, c’est ainsi
qu’Alliàge les envisage et les conçoit. Je vous souhaite donc,
d’ores et déjà, de vivre d’excellentes Semaines Arc-en-Ciel,
joyeuses et gay, et surtout de "célébrer la diversité" comme
elle se doit de l’être !
Jean-François, Président
Éditorial
Avril 2008
"Ce
n’est pas parce que les choses nous semblent inaccessibles, que
nous n’osons pas ; c’est parce que nous n’osons pas, qu’elles
nous semblent inaccessibles." (Sénèque)
Le 9 mars
dernier s’est déroulée l’Assemblée Générale annuelle ; au terme
de celle-ci, le Conseil d’Administration est passé de 5 à 10
membres dont 4 pour qui il s’agit d’une première. Lors de la
première réunion, comme il est d’usage, une nouvelle répartition
des tâches a eu lieu. Nous avons également évoqué les chantiers
et projets à porter en priorité, entre autres le réaménagement
du rez-de-chaussée et du premier étage de la maison Arc-en-Ciel,
la préparation des Semaines Arc-en-Ciel ainsi que la
redynamisation des permanences du vendredi.
Je tiens,
d’ores et déjà et au nom de tous, à remercier Michel Granados
pour le dévouement et le professionnalisme avec lesquels il a
assumé la présidence durant plus de trois ans. Quoiqu’il en
soit, Michel continuera à assumer, comme il l’a fait l’année
dernière, la trésorerie et nous en sommes ravis.
À la fin
du mois de mars, Michel Thomé a quitté ses fonctions au sein
d’Alliàge pour de nouvelles activités. C’est aussi ici
l’occasion de lui dire merci pour l’énergie, le dynamisme,
l’enthousiasme, la bonne humeur et le talent qu’il a mis au
service d’Alliàge pendant tant d’années et de lui souhaiter
beaucoup de succès pour l’avenir. Une mention toute particulière
doit être faite en ce qui concerne l’élaboration et la mise en
page de l’agenda dont il se charge depuis la création d’Alliàge
ainsi qu’en ce qui concerne la réalisation des affiches des thés
dansants à l’occasion desquelles, voilà des années, Michel se
fait un malin plaisir à nous rassasier d’images ringardes et
kitsch. Je suis persuadé que, malgré les occupations qui
l’attendent, Michel gardera un œil attentif, discret et curieux
sur l’association dont, faut-il le rappeler, il est un des
membres fondateurs.
Mardi 18,
la Maison Arc-en-Ciel a accueilli José Ignacio Pichardo Galán
pour une conférence sur la discrimination à l’école. Les
conclusions émanant des enquêtes qu’il a effectuées dans bon
nombre d’écoles madrilènes sont assez éclairantes : beaucoup
trop d’étudiants ou de membres du personnel enseignant et
éducatif souffrent encore d’une homophobie ambiante. Force est
également de constater que, pour la plupart des gays, selon
l’étude faite, l’école est perçue comme l’endroit le plus
inconfortable voire le plus dangereux… assez paradoxalement
d’ailleurs, s’agissant d’un milieu d’éducation et d’ouverture
ou, du moins, qui devrait l’être. Un de nos buts à poursuivre
est très certainement de continuer à lutter contre cet état des
choses.
Enfin, les
Semaines Arc-en-Ciel approchent à grands pas ; quelques
activités sont déjà annoncées dans cet agenda ; vous aurez bien
sûr le programme complet des festivités dans celui du mois
prochain. Les Semaines Arc-en-Ciel sont, indubitablement, un
moment important tant au niveau de notre visibilité qu’au niveau
de la défense de nos droits.
Jean-François, Président
Éditorial
Février 2008
Nous en
parlions déjà le mois passé : le 9 mars prochain, Alliàge
tiendra son Assemblée Générale Ordinaire : il s’agit d’une
réunion annuelle primordiale pour la vie de votre association.
C’est au cours de cette AGO qu’est exposée la gestion des
administrateurs pour l’année écoulée, et que sont décidées les
lignes maîtresses de la politique générale de l’asbl qui sera
mise en œuvre par le Conseil d’Administration pour l’année à
venir.
Qui
participe à l’Assemblée Générale ? En principe, les AG
d’Alliàge asbl sont publiques. Mais pour pouvoir participer aux
débats et surtout, pour pouvoir bénéficier du droit de vote, il
est indispensable d’être membre effectif. Si vous ne l’êtes pas
encore, et que vous souhaitez participer à la vie d’Alliàge en
faisant notamment valoir vos idées et opinions à cette Assemblée
Générale Ordinaire 2008, il est encore temps ! Il faut tout
d’abord être en ordre de cotisation (autrement dit, avoir le
statut de « membre adhérent »). Si vous remplissez cette
condition préalable, vous pouvez introduire une simple demande
par écrit adressée au Conseil d’Administration pour le 6 mars au
plus tard. Il est nécessaire ensuite d’être présent à
l’Assemblée Générale (sauf cas de force majeure) afin de vous
présenter brièvement et de soumettre valablement votre
candidature aux suffrages. Lors du vote à bulletins secrets,
deux cas de figure sont possibles en fonction de votre
ancienneté comme membre adhérent : soit vous cotisez depuis plus
d’un an, et il vous faut alors recueillir la majorité absolue
pour être élu ; soit votre adhésion est inférieure à un an, et
c’est alors les deux tiers des voix qu’il vous faut.
Vous
souhaitez vous investir plus encore ? Devenez administrateur
(-trice) et rejoignez le CA ! Pour cela, il est indispensable
d’être membre effectif et d’avoir introduit votre candidature en
adressant une lettre de motivation au Conseil d’Administration
pour le 6 mars au plus tard. Il faut ensuite impérativement être
présent lors de l’Assemblée Générale afin de vous présenter, et
il faut enfin recueillir la majorité absolue des voix exprimées
à bulletins secrets. Le mandat d’administrateur s’exerce pendant
deux ans, et est renouvelable ensuite.
Pour tout
renseignement complémentaire, n’hésitez pas à consulter nos
statuts (disponibles à la Maison Arc-en-Ciel mais aussi
ici), ou à nous contacter au
04/223.65.89 ou encore via
courrier@alliage.be.
Michel Thomé
Éditorial
Décembre 2007 :
Les chiffres du sida revus à la baisse ?
Pour Onusida (le Programme
commun des Nations unies sur le VIH/sida), 32,7 millions de
personnes vivaient avec le virus en 2006. Et non 39,5. Le
chiffre a été revu à la baisse, mais il ne s’agit que d’un
changement dans la méthode de calcul... Selon ce nouveau
procédé, considéré comme plus proche de la réalité, l’estimation
pour 2007 est d’environ 33,2 millions, toujours selon Onusida,
dans son rapport annuel. Cela dit, la maladie continue à tuer
plus de 5.700 personnes chaque jour, alors que le virus a
infecté 2,5 millions de personnes dans le monde cette année.
Environ 22,5 millions de personnes vivent en Afrique avec le
virus du sida, soit 68 % de la population mondiale affectée. Et
en Europe ? En 2006, 27.259 nouveaux cas d’infection ont été
déclarés par 28 pays de l’Union Européenne (plus l’Islande, la
Norvège et la Suisse). 54% de ces cas ont été déclarés par
seulement deux pays : la France et le Royaume-Uni. Les taux les
plus élevés des nouveaux cas déclarés sont observés en Estonie
et au Portugal, les plus faibles étant relevés en Slovaquie et
en Hongrie. La Belgique a pour sa part déclaré 995 nouveaux cas.
Pour l’ensemble de l’UE, le rapport homosexuel masculin est à la
base de 29% de ces contaminations (et de 42% pour les rapports
hétérosexuels). Il n’y a pas de quoi se réjouir cependant, car
la population gaye est la seule pour laquelle on n’observe pas
de diminution de nouveaux diagnostics. En cause : l’augmentation
des pratiques à risque, conscientes ou non. Rappelons-le : le
préservatif reste le seul moyen de protection efficace lors des
relations sexuelles. Alliàge en est bien conscient : nous tenons
en effet depuis plusieurs mois à disposition des visiteurs de la
Maison Arc-en-Ciel un distributeur de préservatifs gratuits,
grâce à l’appui de notre partenaire ExAequo asbl. Et l’apparence
festive de la démarche que nous entreprenons ce 1er décembre ne
doit pas faire oublier que cette dernière constitue également un
acte militant et responsable.
(sources : Unaids.org, LeSoir,
La Libre, AFP, Belga).
Michel Thomé
Éditorial
Novembre 2007 :
Pour un développement du tissu associatif LGBT en Wallonie
Avec la mise en place de
l’actuel gouvernement régional wallon en 2004, un événement est
passé presque inaperçu : l’attribution d’une compétence en
matière d’Égalité des Chances à un Ministre et la mise en œuvre
de cette compétence par l’Administration wallonne, avec des
moyens financiers clairement identifiés. Pourtant, une telle
initiative était demandée de longue date par les associations
LGBT.
La Ministre Christiane
Vienne, en charge de cette compétence, s’est très vite montrée
ouverte aux thématiques LGBT. Sous son impulsion, la politique
d’Égalité des Chances de la Région wallonne a notamment
identifié le secteur LGBT comme cible prioritaire. Nous l’avons
d’ailleurs invitée plusieurs fois à Alliàge et elle s’est
montrée à la fois impressionnée et intéressée par notre travail.
Nous voulions aller plus
loin. Il y a un an, nous avons rencontré l’équipe de la Ministre
avec d’autres associations actives en Wallonie. D’un débat
enrichissant est née l’idée d’une Fédération wallonne des
Associations LGBT, que la Ministre était prête à soutenir.
Alliàge s’est vue confier la réalisation de ce projet.
Un objectif : offrir un lieu
d’échanges entre toutes les associations de notre région. Et un
nom : Arc-en-Ciel Wallonie. Outre Alliàge, six
autres associations ont adhéré au projet : le
Chel,
LaLucarne.org,
Tandem, Activ’elles,
la Communauté du Christ
Libérateur et Tels Quels.
Nous sommes partis du constat
que les associations d’entraide et de loisir tournées vers le
public LGBT sont des outils indispensables pour un très grand
nombre de gens qui ont besoin de se retrouver dans un
environnement amical où ils peuvent tomber le masque, acquérir
plus de confiance en eux, restaurer leur estime de soi, obtenir
des informations sur leurs droits, ou tout simplement aller à la
rencontre des autres. Au-delà de l’activité quotidienne de nos
associations, il nous a paru important de créer un lieu où il
est possible d’échanger nos expériences et envisager des projets
communs.
Nous pensons que certaines
problématiques se posent de manière spécifique dans notre
région, car la Wallonie connaît beaucoup de petites villes, des
milieux ruraux, une grande diversité de mentalités régionales.
Développer des relations avec les communes et les autorités
provinciales pour les sensibiliser à des difficultés que nous
pouvons identifier concrètement. Pouvoir soutenir la création
d’associations LGBT partout en Wallonie lorsque de tels projets
existent mais que leurs auteurs manquent d’expérience. Voir avec
la Région wallonne, en particulier avec ses services de
l’égalité des chances, comment nous pouvons collaborer. Voici
quelques pistes d’actions qu’Arc-en-Ciel Wallonie se propose de
développer dans les prochains mois et les prochaines années, en
espérant apporter un plus à l’ensemble de nos associations et à
leur public.
Notre première réalisation se
voulait très emblématique, nous avons publié un guide de la
Wallonie pour les gays et les lesbiennes. Il est disponible à la
Maison Arc-en-Ciel et dans les autres associations liégeoises,
ainsi que dans les lieux commerciaux habituels. Toutes les
informations contenues dans le guide sont également reprises sur
un nouveau site web :
www.arcenciel-wallonie.be.
Déjà, le nouveau Ministre
Paul Magnette, qui a succédé à Christiane Vienne, montre la
volonté de poursuivre dans le même sens. Je suis persuadé que
nous pouvons développer Arc-en-Ciel Wallonie comme un lieu
d’impulsion d’un tissu associatif LGBT partout dans notre
région.
Thierry Delaval
Octobre 2007 : éditorial
Comme il y a cinq ans, lors
de l’inauguration officielle de la deuxième édition de l’Automne
Gay à l’Hôtel de Ville de Liège, c’est par une réception
protocolaire que cette troisième édition – marquant le 10e
anniversaire d’Alliàge – a commencé : nous avons en effet eu
l’honneur d’être reçus, le vendredi 21 septembre dernier, au
Palais provincial. Madame le Député en charge des Affaires
sociales Ann Chevalier, ainsi que Monsieur le Député provincial
Christophe Lacroix, par ailleurs membre d’Alliàge, nous ont
accueillis chaleureusement sous les ors du Palais, en compagnie
de Monsieur le Député provincial en charge des Affaires
culturelles Paul-Émile Mottard. Devant une assemblée d’une
petite centaine de personnes, composée de membres et
sympathisants d’Alliàge mais également de quelques mandataires
politiques locaux sensibilisés à notre cause, Thierry Delaval,
vice-président d’Alliàge et responsable de la cellule politique,
a prononcé un discours retraçant brièvement l’historique de
notre asbl. En guise de points de repères, il a situé
l’évolution d’Alliàge en 10 ans dans le contexte plus large des
revendications du mouvement gay et lesbien dans son ensemble. En
seconde partie, Thierry a évoqué quelques pistes pour l’avenir,
en incluant bien sûr différentes formes de partenariat possibles
entre la Province de Liège et Alliàge. Ce fut ensuite au tour
successivement d’Ann Chevalier et de Christophe Lacroix de
prendre la parole pour nous adresser leurs félicitations et
encouragements, en n’hésitant pas, l’une comme l’autre, à
s’impliquer de façon très personnelle dans leur allocution.
Madame Chevalier a ensuite accepté avec enthousiasme de
rejoindre notre Comité de Parrainage, accédant ainsi à la
demande qu’Alliàge lui avait faite par l’entremise de Thierry
Delaval quelques minutes plus tôt. Monsieur Lacroix, quant à
lui, a remis au nom de notre asbl et en sa qualité de Député
provincial en charge des Sports, de toutes nouvelles vareuses
(aux couleurs d’Alliàge) à Valérie et Laurent, représentants de
l’équipe de basket de Sporty Liège. La réception s’est clôturée
par un vin d’honneur.
Michel Thomé
Septembre 2007 : éditorial
10 ans, pour une “petite”
asbl, ça représente quand même une longévité dons nous pouvons
toutes et tous être fiers. Quand on voit le chemin parcouru
depuis 1997, aussi bien au niveau de l’asbl elle-même que du
regard que la société pose sur l’homosexualité, on est en droit
d’éprouver un sentiment de satisfaction qui donne vraiment envie
de fêter dignement notre anniversaire... J’ai déjà décrit, dans
les deux précédents numéros de l’Alliàgenda, les grandes lignes
de l’Automne Gay 2007. Comme vous allez recevoir sous peu le
programme complet sous forme de dépliant, inutile d’y revenir,
d’autant plus que le site web
www.automnegay.be est également accessible depuis peu. Je
m’attarderai donc un peu plus sur d’autres nouveautés, ou plutôt
sur certains “dépoussiérages”. L'Alliàgenda, par exemple : la
nouvelle mise en page se veut plus aérée, plus moderne, plus
sobre, tout en conservant une filiation avec l’ancienne formule.
N’hésitez pas à donner votre avis sur cette nouvelle mouture,
qui doit sans doute encore évoluer un peu avant de trouver ses
marques. Autre rafraîchissement, qui devenait presque urgent :
la refonte complète du logo. L’ancien a bien vécu, mais il
commençait à donner quelques signes d’usure... Comme
l’Alliàgenda est toujours en noir et blanc, une petite
explication s’impose peut-être pour expliquer la signification
du logo. J’ai voulu éviter l’emploi de symboles trop vus ou trop
évidents, pour privilégier un symbole qui me semble universel :
le coeur, ou plutôt deux coeurs enlacés, représentant le couple
amoureux. Trois couples de coeurs symbolisent ainsi les
lesbiennes, les gays et... les autres (sans jugement de valeur,
bien sûr). Mais le chiffre trois est également là pour rappeler
les trois missions d’Alliàge : la défense des droits,
l’information, l’accueil. Le mot “Alliàge” bénéficie d’une
petite fantaisie graphique : le “l” montant qui favorise
l’harmonie de l’ensemble. Le mot asbl fait son apparition,
tandis que le mot Liège disparaît. Enfin pas tout à fait,
puisqu’on peut toujours le deviner grâce à ce fameux accent
grave sur le 2e “a”. Bon anniversaire à vous toutes et tous...
Michel Thomé
Août 2007 : éditorial
Comme nous vous l’annoncions
le mois dernier, la préparation de la troisième édition de
l’Automne Gay bat son plein... L’ouverture de cette édition 2007
aura lieu le 21 septembre, où nous aurons l’honneur d’être reçus
officiellement au Palais provincial à l’occasion du dixième
anniversaire de notre asbl, par Madame le Député provincial Ann
Chevalier et Monsieur le Député provincial Christophe Lacroix.
Les semaines suivantes seront ponctuées de divers événements
comme l’exposition des photographies de l’artiste gantois Fabian
Van Der Meersche et une soirée littéraire spéciale bandes
dessinées avec Christophe Simon (qui a repris la série “Alix”)
et le français Fabrice Neaud, auteur du “Journal”, primé en 1997
à Angoulême ; un débat consacré à l’homophobie en milieu
scolaire et une soirée de témoignages relatifs au coming-out
sont également au programme, ainsi que des activités plus
habituelles, comme notre incontournable thé dansant, mais aussi
une balade, afin de se remémorer la toute première activité
d’Alliàge qui consistait en un rallye/balade dans le Condroz.
Nous vous proposerons également une pièce de théâtre en
coproduction avec notre partenaire de longue date le Moderne
(“le projet Laramie”), ainsi que le 5e (déjà !) “bar
à images”, fruit de notre nouvelle collaboration avec
LaLucarne.org auquel vous êtes sans doute déjà habitués. Les
membres et anciens membres de l’asbl ne seront pas oubliés
puisqu’une soirée leur sera consacrée avec la projection d’un
diaporama retraçant les 10 ans d’Alliàge, autour d’un énorme
gâteau d’anniversaire... Cet Automne Gay se terminera le 7
novembre par un autre 10e anniversaire : celui de
notre ciné-club Imago. Dans les tout prochains jours, le
programme complet sera disponible sur le site
www.automnegay.be, ouvert
spécialement à cette occasion. Et n’oubliez pas, le mois
prochain, l’Alliàgenda fait peau neuve...
Michel Thomé
Juillet 2007 : éditorial
À peine les “Semaines
Arc-en-Ciel 2007” sont-elles terminées qu’un nouvel événement se
profile déjà : la 3e édition de l’Automne Gay.
La précédente édition - en 2002 - avait marqué un nouveau départ
pour notre asbl avec la promesse, par la Ville de Liège, de
trouver une solution quant à nos problèmes de locaux. Promesse
tenue, est-il besoin de le rappeler ? Cinq ans après, nous voici
donc arrivés au 10e anniversaire d’Alliàge ! Nous
saisirons cette occasion pour renouveler notamment notre logo,
notre agenda, nos imprimés et notre site internet (qui vient par
ailleurs d’accueillir, le mois dernier, son 100 000e
visiteur), mais pour fêter dignement cet anniversaire, un vaste
programme d’activités est d’ores et déjà en chantier, dont nous
vous dévoilerons les grands axes dans les toutes prochaines
semaines. Même si, à l’heure d’écrire ces lignes, le projet
n’est pas encore très abouti quant à la forme, nous envisageons
en tout cas retracer l’historique d’Alliàge depuis la genèse...
Nous lançons donc un appel à toutes celles et tous ceux parmi
vous qui seraient en possession de photographies, vidéos,
documents divers (anciens agendas par exemple), ou à celles et
ceux qui auraient un témoignage ou une anecdote à raconter et à
partager, qui pourraient illustrer cet historique. Nous
disposons déjà d’un fonds relativement riche, mais tout apport
complémentaire sera le bienvenu. Les documents seront bien sûrs
rendus à leurs propriétaires respectifs si ceux-ci en font la
demande. N’hésitez donc pas à contacter Valérie ou moi-même par
mail ou par téléphone (04/223.65.89) ou encore de vive voix. Au
moment de vous souhaiter de très agréables vacances, je vous
rappelle que toutes les activités d’Alliàge sont maintenues en
juillet et en août, à l’exception des Gazelles en juillet, et
d’Imago, qui reprendra en septembre.
Michel Thomé
Juin 2007 : éditorial
1299 pages... C’est le total cumulé des programmes électoraux
des 4 “grands” partis démocratiques francophones (cdH,
ECOLO,
MR,
PS) en vue des
Élections législatives du 10 juin prochain. Je me suis lancé
dans la consultation de ces briques afin de tenter de déterminer
la place réservée aux gays, lesbiennes, bisexuels, transgenres,
et à leurs revendications. Ordre alphabétique oblige, commençons
par le
cdH : s’il ne
mentionne à aucun moment les mots gay, lesbienne,
homosexuel, homophobie..., le
programme du parti Humaniste répond favorablement, comme les
3 autres partis d’ailleurs, à une vieille revendication du
mouvement associatif gay et lesbien : l’individualisation des
droits sociaux “afin non seulement de ne pas empiéter sur les
choix de vie, mais aussi, au contraire, de favoriser les
solidarités intrafamiliales en ne sanctionnant plus le fait de
vivre à deux ou en collectivité”. Le parti de Joëlle Milquet
se prononce également en faveur de la suppression des inégalités
entre couples mariés et cohabitants légaux en matière de
sécurité sociale. D’un autre côté, sans surprise, l’ex-PSC
réclame l’interdiction pure et simple de la gestation pour
autrui (les “mères porteuses”). En revanche, le programme du cdH
accorde une part significative à la lutte contre le sida, en
proposant notamment la promotion active de l’utilisation du
préservatif, en particulier chez les jeunes, par le biais des
programmes en cours d’éducation à la vie relationnelle,
affective et sexuelle.
ECOLO pour sa part consacre
des pans complets de son
programme aux droits des gays et lesbiennes : le parti vert,
qui s’inquiète du “conservatisme persistant faces aux
avancées législatives réelles” se prononce notamment en
faveur d’animations scolaires relatives à l’orientation sexuelle
“de façon à véhiculer une image plus sereine de
l’homosexualité et à permettre aux jeunes en questionnement de
dédramatiser leur situation”. Les écologistes souhaitent
aussi “développer des campagnes d’information grand public en
dehors de l’école, pour soutenir le développement d’un climat
social plus tolérant”, ainsi qu’une “campagne destinée
aux parents des jeunes homosexuels”. Autre proposition :
l’élargissement du congé parental à l’épouse de la maman, afin
de mettre fin à cette discrimination résiduelle entre les
couples hétéro- et homosexuels. Enfin, le programme d’ECOLO veut
que l’on autorise aux homosexuels qui le souhaitent de donner
leur sang. Pour le
MR, mes recherches
dans leur
programme sur les mots gay, lesbienne, homo-
(et dérivés), -sexuel (et dérivés), transgenre,
“gestation pour autrui”, “mère porteuse”, adoption,
sida, séropo- (et dérivés), parent (et
dérivés) etc. n’ont donné aucun résultat significatif... Le
PS enfin, à l’instar
d’ECOLO, consacre de larges parts de son
programme aux revendications LGBT : dans un cadre global de
lutte contre toutes les discriminations, les socialistes
insistent sur le rôle primordial de l’État en cette matière,
tout en développant une attention particulière aux “lesbigays”.
Relevons notamment la volonté d’augmenter les moyens et l’action
du Centre pour l’Égalité des Chances et la promotion concrète de
la diversité dans l’emploi. En outre, le parti d’Elio Di Rupo
estime que “chaque personne doit avoir la possibilité de
vivre son orientation sexuelle de manière épanouie, en toute
liberté et sans discrimination de quelque nature qu’elle soit”.
Il souhaite ainsi poursuivre la politique d’identification des
agressions à caractère homophobe afin d’obtenir des statistiques
précises pour mieux lutter contre ce phénomène, développer, sur
base de ces constats, des politiques de prévention adéquates. Le
PS veut également “continuer la formation à la diversité des
magistrats, de la police fédérale, des inspecteurs du travail et
des partenaires sociaux, et étendre la formation à la diversité
pratiquée dans les forces armées et la fonction publique aux
autres administrations”. Il souhaite encore “prévoir et
organiser le statut de parenté sociale, veiller à la bonne
application de la loi ouvrant l’adoption aux couples de même
sexe et sensibiliser les organismes d’adoption, afin d’éviter
les refus sur la seule base de l’homoparentalité”. Dans le
même cadre, notons sa volonté de “conclure des accords
bilatéraux avec les pays d’origine acceptant qu’un enfant issu
de cet État soit adopté par des couples homosexuels en
Belgique”. Plus largement, le Parti Socialiste souhaite
“soutenir une proposition de résolution au Conseil des droits de
l’Homme des Nations Unies pour une dépénalisation universelle de
l’homosexualité et développer des projets dans les pays où
l’homosexualité est pénalisée, réprimée et/ou stigmatisée”,
en accordant une attention spécifique aux nouveaux États membres
de l’Union européenne, et enfin mettre en place un statut de
protection pour les demandeurs d’asile homosexuels.
Michel Thomé
26
avril 2007
Remaniements dans le
conseil d'administration d'Alliàge :
| Président
:
|
Michel
Granados |
| Vice-président :
|
Thierry Delaval |
| Vice-président :
|
Alexandre Wanet |
| Secrétaire :
|
David
Tong |
| Trésorier :
|
Michel
Granados |
| Administrateur :
|
Francis Lamberg |
Mai 2007 : éditorial
Le mois de
mai est sans aucun doute le plus riche en événements pour les
lesbiennes et les gays belges. C’est en effet celui où a
traditionnellement lieu la Belgian Lesbian and Gay Pride
à Bruxelles. Mais c’est également, depuis quelques années, celui
où l’on célèbre la Journée Mondiale de Lutte contre
l’Homophobie, à date fixe (le 17, pour être précis). Comme
chaque année, Alliàge témoigne d’un dynamisme hors pair pour
donner à ce mois de mai toutes les couleurs de l’Arc-en-Ciel :
outre notre participation au défilé du 12 mai, sur notre
traditionnel autobus à impériale, nous avons mis les petits
plats dans les grands pour proposer une série d’activités
culturelles et récréatives, réunies sous la bannière des
“Semaines Arc-en-Ciel 2007”. Vous trouverez le détail de
ces activités dans nos pages “Agenda”.
Également dans cette édition, pour votre information, nous vous
reproduisons le texte intégral de la réaction que nous avons
formulée par voie de presse aux déclarations incendiaires de
Monseigneur Léonard, il y a quelques semaines déjà :
Alliàge asbl dénonce les propos homophobes de Mgr Léonard
L’association liégeoise de gays et lesbiennes Alliàge
s’indigne vivement des propos tenus par Mgr Léonard dans
l’interview accordée à l’hebdomadaire « télé moustique » du 4
avril dernier, et abondamment relayés par d’autres medias.
Traditionnellement, l'approche de Pâques est un moment
privilégié d'expression du clergé. Mais au lieu de la trêve
attendue, force est de constater que, impulsé par Rome, on
assiste cette année aux prémices d'une nouvelle croisade visant
à restaurer l'ordre ancien, et balayer la doctrine sociale de
l'église issue de Vatican II. Qui mieux, à l'intérieur de
l'Eglise belge, que Mgr Léonard pouvait incarner cette tendance
? Ce champion local de l'actuel Saint-Père, ce prosélyte des
mouvements catholiques les plus conservateurs, se sent
aujourd'hui pousser des ailes. Il n'a pas tort si l'on en juge
par les réactions timorées de Malines, pourtant défiée dans ses
prises de positions habituellement plus nuancées. Place donc au
nouveau héraut qui se rêve déjà Archevêque et Prince de
l'Eglise. Il annonce son programme. Quelques significatives
notes du moins, qui ne feront ni vibrer les grandes orgues ni
scintiller aucun vitrail flamboyant en cette semaine pascale :
retour à l'obscurantisme, paroles - travesties - de Freud à
l'appui.
Ses
opinions sur les sujets éthiques ou moraux tels que
l’euthanasie, qu’il juge inutile, ou l’avortement, qu’il estime
antidémocratique, franchissent la limite du tolérable lorsqu’il
se prononce sur les homosexuels, qu'il qualifie d'anormaux. Il
aura beau s'en défendre, c'est une condamnation sans appel.
Alors
que la Belgique est un pays phare en matière de lutte contre la
discrimination envers les lesbiennes et les gays (ouverture du
mariage et de l’adoption, journée de lutte contre l’homophobie,
dispositifs juridiques anti-discrimination…), une telle
inadéquation avec l’évolution de la société, un tel
conservatisme radical ne peuvent que creuser davantage le fossé
qui sépare l’Eglise catholique du quotidien des belges : Mgr
Léonard ignore-t-il que l’homophobie tue ? Que le suicide est la
deuxième cause de mortalité chez les jeunes, et que le risque du
passage à l’acte est très nettement supérieur (de 6 à 13 fois,
selon les études) chez les lesbiennes et les gays ? Sous couvert
de respect, à défaut d'amour bien compris, cet Evêque là se
condamne à répandre le désarroi. Son désarroi ?
Quant à
l'usage du préservatif, assimilé selon lui à une partie de
roulette russe, on tombe dans l'inqualifiable quand on sait que
la santé et la vie de milliers de personnes sont en jeu. Mgr
Léonard a-t-il conscience que discréditer l’usage du préservatif
et prôner l’abstinence constitue un discours irresponsable,
voire criminel ? Que l’évêque de Namur l’accepte ou pas, un
préservatif correctement utilisé reste le moyen le plus fiable
pour lutter contre la propagation du sida/HIV
Michel Thomé
Avril 2007 : éditorial
Alliàge franchit un nouveau cap ! Depuis le 1er mars dernier, le
personnel salarié de l’asbl a… doublé : l’équipe s’est en effet
enrichie de la présence de Valérie et de Joëlle, respectivement
aux postes d’animatrice culturelle et de coordinatrice
administrative, chacune à temps partiel. La répartition des
tâches de tout le personnel subit ainsi une évolution, en
s’accordant à la fois aux ambitions d’Alliàge et à sa mutation
naturelle vers une structure de plus en plus institutionnelle.
Depuis l’arrivée de nos deux collaboratrices, les projets
récurrents les plus importants d’Alliàge, comme la (les)
semaine(s) Arc-en-Ciel ou l’Automne Gay 2007 à venir,
ont rapidement trouvé une impulsion nouvelle : de nouveaux
contacts ont été pris, de nouveaux partenariats ont été menés,
de nouvelles idées ont vu le jour, tout en maintenant une
continuité avec les programmes des éditions précédentes : ainsi,
la Semaine Arc-en-Ciel, (prélude national à la Gay
Pride), que nous avons rebaptisée l’an passé, presque en
hâte, “Quinzaine Arc-en-Ciel” pour coller à notre
ambitieux programme débordant largement du cadre prescrit par
nos amis de la BLGP asbl, se trouve cette année affublée
d’un nouveau nom que nous espérons plus souple et plus fidèle à
l’idée originelle : “Les semaines Arc-en-Ciel”. Une
partie du programme est d’ores-et-déjà annoncée dans les pages
qui suivent, mais il ne tient pas (encore) compte des
partenariats menés avec nos complices habituels comme le CHEL,
LaLucarne.org ou Sporty Liège, ni des nouvelles
collaborations, comme celles liées avec quatre libraires
liégeois qui ont accepté de reprendre l’idée développée avec
notre partenaire “historique” La Dérive à Huy, ni celui
de la FGTB, qui poursuit son travail de sensibilisation
des milieux professionnels à la diversité de genre et/ou
d’orientation sexuelle. Nous ne manquerons pas de compléter ces
informations par les canaux habituels (les permanences, la
newsletter, le site web, l’Allliàgenda…).
Michel Thomé
11 mars 2007
Alliàge asbl a un nouveau
conseil d'administration :
| Président
a.i. :
|
Michel
Granados |
| Vice-président :
|
Thierry Delaval |
| Vice-président :
|
Alexandre Wanet |
| Secrétaire :
|
David
Tong |
| Trésorier :
|
Michel
Granados |
| Administrateurs :
|
Alain
Collette |
| |
Josiane Fassotte |
| |
Gilbert Königs |
| |
Francis Lamberg |
| |
Pierre
Philippart de Foy |
1er mars 2007
Valérie Tosolini et
Joëlle Roosens
rejoignent Michel Thomé et Jean-Pierre Frisée dans l'équipe de
salariés de l'association.
Mars 2007
: éditorial
Le mois de mars est traditionnellement celui des
Assemblées Générales des associations. Alliàge n'échappe
pas à la règle. Les 57 membres effectifs que compte l'asbl
auront ainsi l'occasion, ce dimanche 11 mars, de faire le bilan
en donnant leur avis sur la gestion de l'association par les
administrateurs sortants, et de décider des lignes maîtresses de
la politique à mettre en œuvre pour les mois à venir…
Et si nous saisissions cette occasion pour faire découvrir à
celles et ceux parmi vous qui n'êtes pas membres effectifs
quelques aspects concrets de notre organisation, en dévoilant
avec un peu d'avance quelques chiffres parmi les plus
significatifs* ? Saviez-vous par exemple que pour les trois
années écoulées, Alliàge a compté une moyenne annuelle de 235
membres adhérents ? La majorité de ces membres vient de la Ville
de Liège (48%), puis successivement de la Province (46%), du
reste de la Belgique (5%) et même de l'étranger (1%) ! Quant aux
activités, les plus connues sont nos huit "tea dances"
annuels, notre ciné-club Imago (14 films, dont une
avant-première nationale en 2006) et la Quinzaine Arc-en-ciel
(expos, théâtre, littérature, débats, cinéma…) en prélude à la
Gay Pride du mois de mai. Depuis quelques années, Alliàge
participe activement à de nombreuses activités comme la
nocturne des Coteaux, Retrouvailles ou Gay Street
Avroy, ou organise des événements comme, le 10 novembre, le
colloque "Adoption, une loi et après ?" ou "prenez la
liberté de mettre un préservatif", le 1er décembre.
Notre médiathèque a pour sa part été accessible 94 jours en
2006, et s'est enrichie de 44 livres et 43 revues. Elle a
également reçu 5 auteurs lors de 3 animations littéraires. Notre
"café associatif" ouvert à toutes et tous a accueilli 62
permanences conviviales, dont 11 avec repas, et 11 réservées aux
filles (le groupe "les Gazelles"). Citons également les quelques
11 balades, le voyage en France… Mais aussi la visite de Liège
par deux associations étrangères.
Alliàge ne serait rien sans l'investissement personnel de ses
nombreux bénévoles : nous avons pu compter sur plus de 70
volontaires actifs dans l’accueil des nouveaux venus, la cellule
de réflexion et d'action politiques, l’équipe animation, ou qui
simplement prêtent main forte lors des thés dansants. Toutes et
tous ont contribué cette année encore à développer un programme
copieux d'activités variées. Enfin, notre action a pu s'appuyer
sur d'autres associations (une quinzaine cette année ont
travaillé en réseau avec nous), sur les commerçants (23 nous ont
soutenu d'une manière ou d'une autre en 2006) et sur le monde
institutionnel (Alliàge est en effet soutenu par la Ville de
Liège, la Province de Liège, la Communauté française et la
Région wallonne). Citons enfin notre site internet bourré
d'informations, et ses 161.544 pages visitées cette année…
Alors, si vous êtes tentés par l'aventure "Alliàge", n'hésitez
pas à vous investir ! Tout renseignement complémentaire
peut-être obtenu sur notre site www.alliage.be ou au
04/223.65.89.
*Chiffres donnés à titre indicatif. Seuls
ceux évoqués lors de l’AG font foi.
Michel Thomé
L'anti-discrimination en question
(édito février 2007)
Un
jeune gantois a récemment décidé de porter plainte contre le
Premier ministre Guy
Verhofstadt et contre
Christian Dupont,
Ministre de l’Intégration sociale. Il les estime en effet
responsables du retard pris dans l’introduction des arrêtés
royaux relatifs à la Loi anti-discrimination de février 2003, en
l’absence desquels il est notamment impossible de récolter des
preuves matérielles de discrimination. Interpellé par les
Parlementaires à ce sujet,
M. Verhofstadt a annoncé qu’un accord était intervenu au sein du
Gouvernement, et qu’un nouveau projet de loi modifiant la loi de
2003 était sans doute “la” solution. En réalité, ce projet n’est
pas tout à fait neuf, même si son dépôt est quant à lui tout
récent. Et pour être exact, il s’agit non pas d’un seul mais
bien de 3 projets de loi, visant à réformer en profondeur
l’arsenal belge “anti-discrimination”. En effet, même si notre
pays dispose d’une législation importante en cette matière, une
réforme est nécessaire et urgente. Nécessaire depuis l’arrêt de
la Cour d’arbitrage du 6
octobre 2004, qui a annulé partiellement la loi du 25 février
2003 suite à un recours déposé par le VB, mais aussi parce que
la Commission
Européenne estime que certaines de ses dispositions ne sont
pas correctement transposées en droit belge. Et elle est urgente
pour répondre à l’insécurité juridique actuelle causée par
l’arrêt de la Cour d’Arbitrage, et parce que la date limite de
transposition des directives européennes est très proche, voire
dépassée. Les objectifs de cette réforme sont d’aboutir à une
meilleure coordination entre les dispositifs de lutte existant
en droit fédéral, à une meilleure clarté dans la répartition des
compétences, et à améliorer l’effectivité des dispositifs, en
les rendant plus clairs et plus “pédagogiques”, tout en veillant
à la conservation de l’acquis. Les 3 lois, quasi identiques,
mais portant pour la première sur le volet “racisme”, pour la
deuxième sur le volet “genre”, et pour la troisième enfin sur
les autres discriminations, n’ont pas été fondues en un seul
texte pour une simple question de lisibilité : les obligations
découlant de la bonne exécution des directives communautaires ou
du droit international se construisent parfois de manière
différente. En conclusion, l’effet le plus sensible de cette
vaste réforme sera sans nul doute l’absence de... discrimination
entre les discriminations.
Michel Thomé
Prenez la
liberté de mettre un préservatif...
(édito décembre 2006)
Un quart de siècle a passé
depuis que les premiers cas de sida ont été identifiés. En
vingt-cinq ans, cette maladie a fondamentalement changé la face
du monde en tuant plus de 25 millions de personnes et en
bouleversant complètement le développement de certains pays. En
2006, on estime que près de quarante millions de personnes
vivent avec le VIH (virus de l’immunodéficience humaine)… Ce qui
était à l’origine considéré comme un “cancer gay” s’est révélé,
dès 1983, transmissible également par voie hétérosexuelle, mais
aussi par voie sanguine (drogues injectables, transfusion…), et
de la mère à l’enfant pendant la grossesse et à la naissance. En
1988, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) choisit la date
du 1er décembre comme Journée mondiale de lutte contre le sida.
L’Assemblée générale des Nations Unies exprime sa vive
préoccupation devant cette pandémie en décidant immédiatement
d’instaurer dans la durée cette journée du 1er décembre. Lors de
l’édition 1995, l’ONU décide de créer un programme spécifique
destiné à coordonner l’action des différentes agences
spécialisées dans la lutte contre le sida : ONUSIDA. Chaque
année, cet organisme publie un rapport comportant notamment la
situation de tous les pays du monde, sous la forme d’estimations
clés et d’échantillons d’indicateurs décrivant la situation de
la pandémie du VIH, ainsi que des ripostes locales mises en
place. Depuis 1988, qui fait office d’année de référence, le
nombre moyen de nouvelles infections au VIH diagnostiquées en
Belgique est de +/- 3 par jour. En 2005, l’estimation du nombre
de personnes vivant dans notre pays avec le VIH est de 19.000
(Source : Institut de Santé Publique Louis Pasteur). On pourrait
croire que les nombreuses campagnes de prévention orchestrées
dans notre pays ont eu l’impact nécessaire pour réduire d’année
en année le nombre de cas diagnostiqués, mais il n’en est rien,
et c’est même tout le contraire qui se passe : contre toute
attente, l’année “record” du nombre de nouvelles infections est
2005, avec 1066 nouveaux diagnostics. Si l’on compare avec 2004,
on compte 6,6% de cas en plus. C’est d’autant plus préoccupant
si l’on sait que l’année du précédent record était… 2003. Qu’on
l’admette ou pas, le sida nous concerne tous, sans distinction
d’âge, de sexe, de statut social, d’origine ethnique ou
d’orientation sexuelle. Même s’il se soigne mieux, il ne se
guérit toujours pas, et le préservatif reste le seul moyen de
protection efficace lors des relations sexuelles : il reste en
effet une technique vitale de prévention. Malheureusement, de
nombreux hommes, hétérosexuels comme homo- ou bisexuels
entretiennent des attitudes négatives face à la capote, estimant
notamment que son utilisation limiterait le plaisir et/ou
entraverait l’intimité sexuelle entre partenaires réguliers.
Cependant, une promotion soutenue et déterminée du préservatif
peut concourir à dépasser ces types de résistances. La
distribution massive (et gratuite) de préservatifs a ainsi
permis, dans certains pays, de réduire de façon significative
l’incidence de la pandémie. Contrairement aux craintes souvent
exprimées ou aux stéréotypes courants, des recherches poussées
n’ont pas trouvé de corrélation entre une éducation sexuelle
incluant la promotion du préservatif et une augmentation de
l’activité sexuelle. Le préservatif masculin est donc devenu
l’objet de ce
que l’on peut appeler le “marketing social” : la prévention doit
être rendue visible. C’est dans cet esprit que certaines
manifestations ont vu le jour ces dernières années, sous la
forme de pose de préservatifs géants. Ainsi, le 1er décembre
1993, une capote de 30 mètres est déroulée sur l’obélisque de la
Place de la Concorde à Paris à l’initiative de l’association Act
Up qui, à la même occasion rebaptise symboliquement la place
“Place des morts du Sida”. Douze ans plus tard, le secrétaire à
la Santé du Gouvernement argentin prend une initiative similaire
sur l’obélisque de Buenos Aires par la nécessité de “ne pas
baisser la garde” devant la menace du sida qui touche plus de
120.000 personnes en Argentine. Cette année, Alliàge a décidé,
en collaboration avec l’asbl “D’une certaine gaieté”, Sid’Action
- Pays de Liège et le Centre de Référence Sida - CHU de Liège,
de monter un projet semblable sur le symbole des libertés des
liégeois : le Perron.
Michel Thomé (Sources : ONUSIDA)

Dessin précurseur et
visionnaire reproduit avec l’aimable autorisation de son auteur,
Edmond “POGO” Thonnard
L'adoption : une
loi, et après ?
(édito novembre 2006)
L’ouverture de
l’adoption aux couples de même sexe est une incontestable
réussite à la fois sur le plan du militantisme, du symbole et de
l’évolution des mœurs, personne ne peut le nier. Mais si cette
avancée constitue une réponse à beaucoup de demandes, elle
soulève également beaucoup de questions tant il est difficile de
mesurer, à l’heure où les premières demandes vont arriver,
toutes les implications que son application concrète suppose...
Si l’on compare à notre précédent combat (je parle bien sûr de
l’ouverture du mariage), les contours de cette loi et ses
modalités d’application sont en effet beaucoup plus complexes à
cerner. Soucieux d’anticiper les questions qui ne manqueront pas
de se poser, mais aussi de développer la prise de conscience
d’une réalité de la société, Alliàge a décidé de susciter la
réflexion en organisant, en collaboration avec le Conseil
d’Arrondissement de l’Aide à la Jeunesse, un événement abordant
cette problématique sous tous les angles en confrontant les
points de vue, les idées et les interrogations des nombreux
acteurs intervenant à un moment ou un autre dans la procédure
d’adoption (voir détails en pages intérieures). La formule que
nous avons choisi de développer est triplement originale : en
premier lieu, nous avons décidé de ne pas proposer de partie
académique ou d’exposé magistral, mais plutôt une forme
dynamique de confrontation constructive et spontanée entre les
intervenants et le public, et sans doute aussi des intervenants
entre eux puisque nous avons scindé le large panel sollicité en
cinq groupes pour qui les interrogations et les priorités ne
sont pas forcément les mêmes. Deuxième originalité : notre
Maison Arc-en-Ciel elle-même interviendra dans le schéma de la
journée, puisque nous avons décidé d’utiliser sa configuration
particulière pour créer une dynamique supplémentaire : les cinq
groupes seront en effet disséminés dans cinq pièces différentes,
et l’itinéraire à suivre pour passer d’une pièce à l’autre sera
doublé d’une exposition composée d’une dizaine de panneaux
didactiques abordant le thème du jour sous différents aspects.
Enfin, pour que la réflexion puisse perdurer, chaque participant
se verra remettre un dossier complet sous formes de brochures et
imprimés divers, mais aussi de documents reprenant les priorités
de nos intervenants relatives à l’adoption par les couples de
même sexe. Ce dossier sera complété ultérieurement par une note
d’évaluation, et fera l’objet d’une publication en ligne sur
notre site web.
Michel Thomé
Les filles à
l’honneur !
(édito octobre 2006)
Depuis
maintenant 20 ans, les lesbiennes néerlandophones ont “leur”
journée, qu’elles appellent lesbiennedag. Pour fêter
dignement cette 20e édition, elles ont décidé d’en faire un
événement national, et donc d’y impliquer les associations du
sud du pays via notre fédération, la FAGL. Cette ouverture
mérite d’être saluée. Pour marquer cet anniversaire, le
programme est devenu bien plus ambitieux que les années
précédentes, puisqu’il ne s’agit plus seulement d’une journée,
mais bien d’une semaine… et davantage ! À l’instar de ce qui se
fait pour la Belgian Lesbian and Gay Pride annuelle, précédée de
la Semaine Arc-en-ciel, le L-Day (ouverture et neutralité
obligent, le nom a été anglicisé) qui sera célébré le 4 novembre
à Gand est précédé d’une L-week organisée à Anvers, Gand,
Louvain, Bruxelles, Mont-St-Guibert et… Liège. Et comme chacun
sait qu’à Liège, on ne fait jamais rien comme tout le monde (je
pense bien sûr à la semaine Arc-en-Ciel qui devient chez nous
une Quinzaine Arc-en-Ciel), les trois associations locales
Alliàge, LaLucarne.org et surtout le CHEL ont concocté un
programme précédant la fameuse L-Week. Les quatre activités en
question sont signalées dans les pages qui suivent par un petit
logo « Absolutely lesbian ! » Le programme des autres activités
(conférences, soirées, journées pluridisciplinaires…) prévues en
dehors de Liège sont disponibles sur le site www.lesbiennedag.be
mais aussi à la Maison Arc-en-Ciel, sous la forme d’affiches et
de dépliants.
Michel Thomé
L'arc-en-ciel
sortira-t-il des urnes ?
(édito septembre 2006)
Alliàge s’est donné pour mission
la promotion et la défense des droits des gays et des
lesbiennes, ainsi que la lutte contre toute discrimination à
leur égard (extrait des statuts).
Dans ce cadre, notre action n’est
pas seulement de soutenir le vote des lois sur le mariage ou
l’adoption, mais aussi de travailler à un meilleur accueil des
lesbiennes et des gays au quotidien. Dans ce but, nous avons
développé ces dernières années de nombreux contacts avec la
Ville de Liège. Un des faits les plus marquants est sans
conteste la mise à notre disposition de la Maison Arc-en-Ciel
par le Conseil communal liégeois unanime. Notre Comité de
parrainage, créé en 2002, réunit d’ailleurs majoritairement des
élus locaux, Bourgmestre, Échevins ou Conseillers communaux et
témoigne d’un début de relations structurelles de notre
association avec les autorités communales. En témoignent
également quelques premières initiatives partenariales. Le
Bourgmestre de Liège a désigné un agent de liaison entre la
police et Alliàge. L’Échevin de l’État civil a été très attentif
à nos préoccupations concernant l’accueil des mariages gays à
l’Hôtel de Ville. Nous nous inscrivons également dans plusieurs
partenariats avec l’Échevinat du Tourisme, pour Retrouvailles
ou encore les Nocturnes des Coteaux de la Citadelle. De
plus, des relations amicales se sont tissées avec les membres du
Comité de parrainage qui n’hésitent pas à nous soutenir
lorsqu’on fait appel à eux. Enfin, les assidus des terrasses de
la Place du Marché n’auront pas manqué d’apercevoir, tous les
ans au moment de la Gay Pride, un drapeau arc-en-ciel flotter au
fronton de l’Hôtel de Ville.
Avec la Province, nos relations sont
moins abouties. Nous n’avons guère eu que quelques expériences
sporadiques, principalement dans le domaine social et de la
santé. Notre approche de certains Députés Permanents ne s’est
pas révélée très satisfaisante jusqu’à présent. C’est
particulièrement dommage dans le domaine de la culture et des
loisirs où notre association est pourtant bien présente.
Cette question est également
importante dans le mesure où Alliàge n’a pas vocation à limiter
son action à la seule ville de Liège, puisque nos membres
proviennent de tout l’arrondissement liégeois, voire de toute la
province. Manque de sensibilité ou d’intérêt de ce niveau de
pouvoir ? Manque de préparation ou de conviction de notre part ?
Il nous faudra revenir sur cette question après les élections.
Que souhaitons-nous ? Le 22
mai dernier, Alliàge et le CHEL avaient organisé une
conférence-débat sur le thème l’homo dans la cité à laquelle ont
participé des représentants des quatre partis démocratiques
ainsi que de la société civile.

Plusieurs problèmes ont été soulevés, en particulier la persistance de
l’homophobie, l’attitude de la police vis-à-vis des gays et des
lesbiennes ainsi que la situation des jeunes homos dans les
écoles. La présence d’un représentant de la police fut très
appréciée. Il nous a informés des évolutions à ce niveau,
notamment grâce à des formations pour les agents données par le
Centre pour l’Égalité des Chances et la Lutte contre le
Racisme. Du côté de l’enseignement, un Directeur d’école a
reconnu la difficulté de faire face au malaise des jeunes homos,
soulignant cependant que de plus en plus de professeurs se
montrent sensibilisés. Mais les écoles restent encore trop
démunies. Appel fut lancé à nos associations pour disposer de
relais et de personnes ressources. Plusieurs intervenants du
public ont soutenu la proposition d’un parti d’intégrer
explicitement la lutte contre l’homophobie dans le cadre de la
lutte contre toutes les formes de discrimination. Pour ce faire
il a été proposé qu’une compétence échevinale en matière
d’égalité soit clairement identifiée au sein du Collège. Cette
approche, déjà mise en œuvre à Bruxelles et dans de nombreuses
communes de Flandre, n’a pas été partagée par tous les
politiques présents. Du côté du public par contre elle a été
saluée, d’autant que nos associations soutiennent la plateforme
de revendications de la BLGP dont il ne me paraît pas inutile de
rappeler ici le premier point : “Toute ville, commune ou
province doit désigner un-e responsable (échevin-e ou député-e
permanent-e) compétent-e en matière d’éga-lité des chances en
faveur des lesbigays. Toute ville, commune ou province doit
développer une politique d’égalité des chances en faveur des
lesbigays en vue de prévenir la discrimination, tant de la part
des administrés que du personnel administratif, de soutenir le
tissu associatif lesbigay, d’augmenter la visibilité des
lesbigays dans la société et de briser les conceptions
dominantes de la sexualité et de l’identité de genre. Il faut
enfin prendre en compte les situations vécues par les lesbigays
dans toutes les compétences des villes et communes. Nous pensons
tout particulièrement à l’organisation de l’enseignement, la
politique de police, l’accueil et les soins aux personnes âgées,
l’état-civil.
En tant que responsable de la
Cellule politique d’Alliàge, j’ai adressé une note au
Bourgmestre de Liège reprenant cette revendication et l’incitant
à promouvoir et renforcer le partenariat entre la Ville et les
associations actives dans les domaines de la lutte contre le
racisme, la xénophobie et l’homophobie, en ce compris le soutien
à ces dernières et l’élaboration de politiques d’information et
de sensibilisation de la population. Le bourgmestre de Liège
avait d’ailleurs pris part au débat national organisé par la
BLGP le matin de la Gay Pride du 27 mai à Bruxelles, aux côtés
de bourgmestres ou de représentants d’autres villes de Belgique.

Il put confronter la situation liégeoise à celles de Bruxelles,
Jette, Turnhout, Malines et Namur. Le Bourgmestre de Turnhout a
ravi le public en présentant la Note d’orientation relative à
une politique communale lesbigay que son Conseil communal a
adopté récemment (le Bourgmestre de Turnhout me l’a très
gentiment fait parvenir et je la tiens à la disposition de toute
personne intéressée). Mais l’expérience liégeoise a été
également fort bien accueillie. Si notre Bourgmestre ne s’est
pas montré convaincu de l’utilité d’un plan d’action ou encore
d’une compétence distincte en matière d’égalité, lui préférant
une politique de résolution de problèmes et de partenariat
permanent avec les associations, il s’est engagé, du moins au
nom de son parti, à promouvoir vis-à-vis des gays et lesbiennes
une politique communale en matière d’égalité, à développer des
politiques plus actives ciblées sur certains publics tels que
les jeunes et les séniors, à renforcer la formation et la
sensibilisation du personnel communal ainsi que l’information à
la population et à approfondir le partenariat avec Alliàge. Un
bon début, me semble-t-il, qu’il conviendra de poursuivre avec
le nouveau Conseil communal de Liège, quel qu’il soit. Il pourra
peut-être d’ailleurs inspirer d’autres communes de notre région
et trouver un écho du côté de la Province. La FAGL, dont Alliàge
est membre, adressera par ailleurs en septembre un courrier aux
formations politiques de toutes les communes de Wallonie et de
Bruxelles pour attirer leur attention sur la situation des gays,
lesbiennes, bi et transgenres partout dans l’espace francophone
et leur demander des engagements précis dans le cadre des
élections.
Alors, un arc-en-ciel au sortir des
urnes ? Vous aurez compris le clin d’œil, mais c’est à notre
symbole auquel je fais allusion et non à un quelconque pronostic
sur les futures coalitions.
Thierry Delaval,
Responsable de la Cellule politique
Septembre 2006 :
éditorial
C'est la rentrée...
Après un été à la météo un peu particulière qui a donné
l'impression de passer directement de juillet à novembre,
Alliàge reprend son rythme de croisière...
Comme chaque année à pareille
époque, nous participerons à Retrouvailles, saisissant
ainsi une occasion privilégiée pour faire connaître notre asbl
et ses missions auprès du grand public, mais aussi pour que tous
les membres et sympathisants qui le souhaitent se rencontrent
dans un cadre autre que celui des permanences, afin de prendre
ensemble le traditionnel verre de l’amitié. Il va sans dire que
toute bonne volonté sera la bienvenue pour nous aider à faire
découvrir notre association aux nombreux visiteurs de “la
planète du temps libre”. Dans le même souci de visibilité, nous
participerons également à la deuxième édition de Gay Street
Avroy qui, malgré son caractère presque exclusivement festif
et divertissant, constitue pour nous une autre occasion de
rendre notre action visible, mais également de soutenir une
initiative plus audacieuse qu’il n’y paraît au premier abord.
Autre rendez-vous que certain(-e)s
parmi vous considèrent comme "le" rendez-vous de l'année : le
traditionnel rallye touristique préparé de longue date
par Gilbert et son équipe. Quant au dernier trimestre 2006, il
sera lui aussi riche en activités. En octobre, nous prendrons
bien sûr part, comme l'année passée, à la nocturne des
Coteaux de la Citadelle. En novembre, une activité spéciale
d'information consacrée à l'adoption devrait prendre place dans
notre Maison Arc-en-ciel, grâce notamment à la collaboration du
Conseil d'Arrondissement de l'Aide à la Jeunesse. Il
s'agira concrètement d'une sorte de parcours pédagogique qui
permettra aux participants d'aborder les aspects juridiques,
sociaux, psychologiques, et même historiques de la récente loi
ouvrant l'adoption aux couples de même sexe. Ce projet étant
toujours en phase de préparation, nous ne manquerons pas de vous
en dire plus dans le prochain Alliàgenda. En décembre, c'est une
autre activité exceptionnelle que nous préparons pour la
Journée Mondiale de lutte contre le Sida, en collaboration
cette fois avec l'asbl d'une certaine gaieté. Ici encore,
nous vous tiendrons au courant dans nos prochaines éditions et
via nos canaux d'information habituels, comme le panneau
d'affichage ou la liste de diffusion notamment.
Michel Thomé
Août 2006 :
éditorial
SIDA ET IST : PARLONS PROTECTION
La Plate-forme Prévention Sida, qui regroupe les acteurs
concernés par la lutte contre cette maladie en Belgique
francophone, vient de lancer une nouvelle campagne de
sensibilisation particulièrement tournée vers les jeunes. Son
slogan est Face au sida, ne comptez pas sur la chance.
Protégez-vous. Vous trouverez toutes les infos sur le site
www.preventionsida.org.
Les derniers chiffres sont à nouveau décourageants. En 2005,
plus de 1000 nouvelles infections ont été détectées en Belgique,
un peu plus encore qu’en 2004. Depuis 1997, le nombre de
nouveaux porteurs du virus s’accroît chaque année, dans notre
pays comme ailleurs en Europe. Tout se passe comme si le sida
devenait une banalité. Si l’on peut se réjouir que les thérapies
permettent aux malades de survivre, on dirait que l’on oublie
les souffrances qui accompagnent ces traitements très lourds.
Car aujourd’hui encore, il faut le répéter, on ne guérit pas du
sida. Les statistiques montrent également que les relations
homo- ou bisexuelles non protégées restent dans la population
belge une des plus sérieuses voies de contamination. Elle touche
principalement les hommes. Une enquête réalisée récemment à la
demande de Ex Æquo révèle
qu’un gay sur dix est séropositif. Le Conseil d’Administration
d’Alliàge veut saisir cette occasion, durant cette période de
vacances que l’on sait plus propice à la prise de risques, pour
vous sensibiliser une fois encore. Pas question pour nous de
faire la morale. Mais il est tellement facile, par l’usage du
préservatif, d’éviter cette terrible infection que la
recrudescence du sida ne peut nous laisser sans réaction. Les
études démontrent aussi que les autres infections sexuellement
transmissibles (IST) sont en augmentation, avec une montée
sérieuse des cas de syphilis. Là également, le préservatif est
le seul mode de prévention efficace dans la plupart des
situations. Alors, ne gâchez pas vos vacances avec les
gonorrhées ou le chlamydia, l’herpès, l’hépatite B ou C ou
encore les condylomes, et plus encore, ne gâchez pas votre vie
avec le sida. En nous protégeant, nous protégeons aussi les
autres. Toutes ces infections ont des temps d’incubations durant
lesquels aucun symptôme n’est visible même si la contagion a
déjà eu lieu. Et dans ce cas le porteur de l’infection peut fort
bien la transmettre à d’autres sans même le savoir. Par
ailleurs, la mode du barebacking semble de plus en plus
répandue. Ce terme désigne le fait d’avoir volontairement des
relations sexuelles non protégées pour une personne
séropositive. Si le partenaire est séronégatif,c’est jouer à la
roulette russe avec sa vie. Mais même si le partenaire est
séropositif, des risques existent pour l’un et l’autre. Il y a
en effet au moins 2 virus du sida. On peut donc se voir
contaminer une nouvelle fois par l’autre souche. De plus, si le
VIH d’un des partenaires s’est montré résistant au traitement
que l’autre partenaire suit, une nouvelle contamination risque
bien de provoquer chez ce dernier les mêmes résistances et
rendre inefficace son propre traitement. Face à cette situation,
il faut cesser de regarder le préservatif comme un obstacle à
une relation sexuelle réussie. Alliàge est un lieu où nous
pouvons en parler entre nous, échanger nos expériences et nos
savoir faire. N’hésitez pas à venir en discuter avec nous. Un
autre site fourmille d’informations, de conseils pointus et de
témoignages : www.safeboy.net.
Alors, passez de bonnes vacances avec préservatifs et lubrifiant
dans vos poches, prêts à l’action.
Pour le Conseil d’Administration,
Thierry DELAVAL
Juin 2006 :
éditorial
À l’occasion
de la Journée Mondiale de Lutte contre l’Homophobie, la
Ministre de l’Égalité des Chances du Gouvernement wallon
Christiane Vienne a choisi la Maison Arc-en-Ciel de Liège pour y
donner une conférence de presse (voir ci-dessous). La Ministre
s’est notamment exprimée par rapport à la problématique du
refus, de la part de la Croix-Rouge, de tout don de sang par les
homosexuels masculins. On se souviendra qu’en 1998 déjà, Alliàge
avait interpellé le Ministre de la Santé de l’époque Marcel
Colla (SP) ainsi que la Croix-Rouge de Belgique pour dénoncer ce
que nous considérions déjà à l’époque comme une discrimination
inacceptable. Deux Présidents de parti étaient intervenus dans
le débat, quelques parlementaires s’étaient émus de notre
indignation et l’avaient relayée, la presse en avait donné un
large écho... Huit ans plus tard, et malgré d’autres importantes
vagues revendicatives (notamment en 2002 et 2004), la situation
n’a pas changé. Tout récemment, la commission ENPH (Ecolo Nous
Prend Homo) a organisé une action symbolique devant le cabinet
du Ministre fédéral de la Santé Rudy Demotte (PS). La réponse de
son chef de cabinet, Renaud Witmeur, mérite que l’on s’y attarde
: “[...] La Belgique ne manque pas de sang. Aucun pays
européen ne tolère actuellement les dons provenant d’homosexuels
masculins. Il est inacceptable que l’on parle de discrimination”
(source : www.lesoir.be).
Cependant, d’après la Croix-Rouge elle-même, “on constate que
le nombre de donneurs diminue régulièrement d’année en année”
et “il n’y a pas d’excédents qui permettraient [à la
Belgique] de vendre du sang à l’étranger” (source :
www.transfusion.be). Si
la Belgique ne manque pas de sang, on ne peut donc pas affirmer
que sa situation, en matière de stocks, soit confortable. Quant
à l’argument relatif à la situation en Europe, M. Witmeur est
mal informé : le Portugal a en effet levé cette interdiction en
mars dernier. En Italie, le Président de la région de Vénétie,
M. Giancarlo Galan (Forza Italia) est le premier à avoir répondu
positivement à l’appel de l’ex-Ministre de la Santé Francesco
Storace (Alleanza nazionale) qui a ordonné aux hôpitaux de
mettre fin à leur “attitude inacceptable, privée de
fondement, diffamatoire et discriminatoire”. D’autres pays
pourraient emboîter le pas : en Suède notamment, le premier
Ministre Göran Persson (Social-Démocrate) s’est prononcé en
faveur de l’autorisation du don de sang par les gays. En France,
Jack Lang (PS) ou Jean-Luc Romero (UMP), notamment, ont
interpellé le Ministre de la Santé Xavier Bertrand (UMP) pour
que l’interdiction soit levée. En Andorre, deux plaintes ont été
déposées contre l’Établissement du sang français, dont le
petit État dépend en matière de transfusion. Partout, la
revendication est la même : il faut faire la différence entre
les comportements à risque et l’orientation sexuelle. Alors que
le concept de conduite à risque entraîne une exclusion
temporaire parfaitement justifiée, le concept de population à
risques entraîne une exclusion définitive inutilement
discriminatoire, quoi qu’en dise M. Witmeur. La Ministre
Christiane Vienne l’a bien compris en qualifiant cette
discrimination d’acte homophobe, et en promettant de relancer le
débat.
(Michel Thomé)
17 mai 2006 : Madame Christiane Vienne, Ministre de l’Egalité
des Chances du Gouvernement wallon, en visite à la Maison
Arc-en-Ciel de Liège
Réunion de travail avec les associations de Gays et de
Lesbiennes de Liège
La Ministre Vienne a choisi le 17 mai, Journée Internationale de
la lutte contre l’Homophobie, pour rencontrer les responsables
des associations liégeoises actives dans le domaine de la
défense des gays et des lesbiennes. Elle était accompagnée par
Marie-Claire Lambert, Députée fédérale et Chef de groupe PS au
Conseil Communal, dont nous connaissons la constance du soutien
à notre égard. Les associations liégeoises présentes étaient
Alliàge, le CHEL et La Lucarne. Michel Thomé (Alliàge), Annelore
(CHEL) et Francis Lamberg (La Lucarne) ont présenté à la
Ministre et aux collaborateurs de son cabinet qui
l’accompagnaient, le travail des trois associations. Christiane
Vienne a manifesté un franc soutien à nos associations. Dans le
cadre de ses compétences elle a souhaité à la fois étudier les
moyens de renforcer l’aide qu’elle nous accorde déjà et
solliciter notre expérience en matière d’animation de la vie
associative homosexuelle. En effet, si les progrès sont
indéniables dans la société belge, il existe encore trop de
préjugés et de stéréotypes. La Ministre a souligné notamment les
difficultés rencontrées dans le milieu du travail, dans l’accès
au logement ou encore en milieu rural. Elle déplore en outre les
doubles discriminations. Par exemple le cumul d’un faible revenu
et de l’homosexualité entraîne une difficulté accrue lorsqu’il
s’agit de louer un appartement.

Volonté de soutenir les associations gayes et lesbiennes
partout en Wallonie
Elle souhaite donc étendre à l’ensemble de la Wallonie, autant
en milieu urbain que rural, l’expérience positive des
associations liégeoises. En particulier, l’ouverture de
l’autorité communale, comme l’a rappelé Marie-Claire Lambert,
est un élément essentiel du partenariat indispensable à une
action sociale efficace. La Ministre estime qu’ensemble, la
Région wallonne et les associations doivent pouvoir mener des
actions dans les domaines de l’information et de la
démystification. Elle juge que les pouvoirs publics doivent être
en mesure d’imposer la non-discrimination voulue par la loi.
Pour ce faire, le travail législatif ne peut suffire. Il doit se
poursuivre sur le terrain, en partenariat avec tous les acteurs
concernés. Pour Alliàge, Thierry Delaval a souligné que la
désignation d’un(-e) Ministre pour l’Égalité des chances était
une première dans le Gouvernement wallon, correspondant à une
revendication de longue date du mouvement homosexuel belge et a
espéré que le Gouvernement de la Communauté française en fasse
de même rapidement, tout comme cette compétence devrait être
clairement attribuée à un Échevin dans chaque commune et un
Député permanent dans chaque province. Les intentions de la
Ministre ne peuvent que nous réjouir a-t-il ajouté, et si notre
expérience peut servir à l’avenir pour étendre à d’autres
communes de Wallonie le secteur associatif homosexuel, nous
serons tout à fait disponibles pour coopérer à cet objectif. La
Ministre a ensuite fait la visite de la Maison Arc-en-Ciel et a
écouté nos objectifs en matière d’aménagements.
Don de sang : l’attitude de la Croix Rouge est
inacceptable
En conférence de presse, la correspondante du mensuel Têtu a
soulevé la question du refus par la Croix-Rouge du don de sang
par les personnes homosexuelles. Plusieurs intervenants ont
expliqué à quel point cette mesure était ressentie comme une
véritable discrimination par les homosexuels. Il y a une
confusion irrationnelle entre mode de vie et comportement à
risque. La Ministre Vienne a jugé cette interdiction
inacceptable. Cette attitude ne peut selon elle que stigmatiser
une population et il est important de ne pas rester sur des a
priori qui figent les choses. Elle s’est dite disposée à
interpeller le Ministre fédéral de la Santé et a promis de
suivre ce dossier de près.
Thierry DELAVAL
Responsable de la Cellule politique
>>
http://vienne.wallonie.be
Mai 2006 :
éditorial
L’agenda de ce mois est d’une densité
exceptionnelle, à l’image de notre actualité : comme chaque
année à pareille période, Alliàge propose en effet une série
d’activités culturelles et récréatives réunies sous la
bannière “Quinzaine Arc-en-Ciel liégeoise”, en collaboration
avec le CHEL et LaLucarne.org. Cet ensemble de
manifestations constitue le prélude à la Belgian Lesbian and
Gay Pride. Fidèle à sa tradition, Alliàge participera au
défilé dans les rues de Bruxelles sur un autobus à
impériale. Nous invitons tous nos membres, sympathisants,
leurs amis et familles à nous rejoindre pour faire la fête.
Car il s’agira bien de fêter dignement cette nouvelle
avancée majeure dans les revendications du mouvement
associatif gay et lesbien qu’est l’ouverture de l’adoption
aux couples de même sexe : le 20 avril dernier, l’assemblée
plénière du Sénat a en effet approuvé par 34 voix pour, 33
contre et 2 abstentions le projet de loi venant de la
Chambre en rejetant un par un les 39 amendements déposés.
L’amendement le plus controversé était sans doute l’un de
ceux qu’avait déposés la liégeoise Christine Defraigne, chef
du groupe MR : il visait à restreindre la faculté d'adopter
aux seuls cas où il existe un lien biologique entre l'enfant
et un des deux partenaires de même sexe. Il faut savoir que
l’acceptation d’un seul amendement aurait renvoyé le texte à
la Chambre pour un nouveau vote, ce qui aurait eu pour
conséquence de prolonger encore un parcours législatif déjà
bien long, avec un risque non négligeable d’enlisement. Le
vote a été très serré : les onze sénateurs PS, les douze
sp.a-Spirit, les deux Ecolo et la sénatrice indépendante
Amina Derbaki Sbaï (ex-FDF) ont voté pour tandis que les
neuf MR présents, les trois cdH, les neuf CD&V, les huit
Vlaams Belang, l’unique Front National ainsi que les
sénateurs indépendants Hugo Coveliers (ex-VLD), Francis
Detraux (ex-FN) et Luc Paque (ex-cdH) ont voté contre. Les
libéraux flamands du VLD étaient partagés : huit ont voté
pour, et deux se sont abstenus (Annemie Van de Casteele et
Patrick Vankrunkelsven). Les sénateurs Marc Wilmots (MR) et
Pierre Chevalier (VLD) étaient pour leur part excusés. Le
vote de ce jeudi 20 avril est définitif, mais il faudra
encore attendre la sanction royale et la publication au
Moniteur belge pour que la Loi soit effectivement
applicable. Alliàge s’est naturellement réjoui de ce vote et
l’a fait savoir par voie de communiqué de presse (voir
ci-dessous).
(Michel Thomé)
21 avril 2006 :
Communiqué de presse
Ouverture de l'adoption aux personnes de même sexe : une avancée
sociale et un message de tolérance au reste du monde
Alliàge, association de défense et
d’entraide des gays et des lesbiennes en région liégeoise,
se félicite du vote intervenu hier au Sénat en faveur de la
proposition de loi autorisant l’adoption par les personnes
de même sexe. Celui-ci clôture la procédure législative et
ouvre la porte à la promulgation définitive de la loi.
Après l’adoption du projet à la Chambre
le 1er décembre dernier, l’évocation par le Sénat était
apparue comme une ultime manœuvre pour tenter de faire
échouer le projet. Alliàge se réjouit d’autant plus qu’une
majorité de membres du Sénat se soit mobilisée pour déjouer
ce scénario.
Avec l’ensemble des associations
homosexuelles du pays, nous sommes heureux de voir enfin
l’aboutissement d’un combat de près de 15 ans. La loi
adoptée hier ne fait en effet que compléter la loi ouvrant
le mariage aux couples de même sexe de 2003 qui n’avait pu
être adoptée qu’en excluant l’adoption.
Plus qu’un projet éthique, il s’agit d'une avancée sociale
importante.
Désormais, il
deviendra possible pour les enfants vivant dans des familles
homoparentales de bénéficier de la sécurité qu’offre la
protection entière de deux parents, comme c’est le cas des
autres enfants. La procédure d’adoption permettra aussi
d’instituer la coparentalité lorsqu’un enfant naît, par
exemple, d’une insémination artificielle au sein d’un couple
de femmes.
Alliàge se réjouit également que le
législateur ait renoncé à exclure l’adoption d’enfants
autres que ceux ayant un lien biologique avec l’un des deux
parents. Restreindre l’adoption aux enfants nés par exemple
d’une relation précédente dans le seul cas des couples
homosexuels n’aurait conduit qu’à déplacer la discrimination
introduite par la loi sur le mariage de 2003.Si l’adoption
d’enfants belges ou étrangers se heurtera encore a de
nombreux obstacles, elle reste cependant dans certaines
situations la seule perspective à terme pour les couples
homosexuels d’un jour accueillir des enfants en situation de
détresse. Symboliquement, notre pays lance aussi au reste du
monde un message de tolérance et d’ouverture dont nous
pouvons être fiers.
(Thierry Dalaval -
Responsable de la Cellule Politique )
Avril 2006 :
Éditorial
Adoption internationale :
résistances au Sénat
La procédure d’adoption de la
loi ouvrant l’adoption aux personnes de même sexe se poursuit.
Après le vote à la Chambre le 1er décembre 2005, le Sénat a usé
de son droit d’évocation. Le délai initial de 60 jours pour
l’examen au Sénat a été prolongé de 30 jours supplémentaires.
Une nouvelle étape a été franchie le 7 mars. La Commission de la
Justice a en effet adopté le texte de la Chambre par 9 voix
contre 8, repoussant ainsi des amendements qui auraient affaibli
le texte, voire l’auraient purement rejeté.
Reste au Sénat à se prononcer
en assemblée plénière. Ce vote devrait intervenir le 20 avril.
Il faut savoir que si le projet de loi adopté par la Chambre est
voté tel quel par le Sénat, le texte est définitivement adopté
et soumis à la sanction royale. Par contre, s’il est modifié
d’une quel- conque manière, la Chambre doit voter à nouveau. Au
minimum, cela entraînerait un nouveau retard, ce qui n’est pas
sans risque à l’approche d’une période électorale.
Il apparaît clairement que
certains mouvements politiques tentent de jouer cette course
contre la montre pour empêcher le texte d’être voté sous cette
législature et obliger de reprendre tout à zéro. Passons sur
cette initiative assez ridicule de deux sénateurs MR (Jean-Marie
Cheffert, particulièrement acharné contre le projet, et Jihane
Annane) de soumettre le sujet à un référendum national,
politiquement contraignant. La Commission de la Justice l’a
rejetée.
Plus sérieuse est la volonté
d’un ensemble de sénateurs de déposer un amendement en séance
plénière qui exclu- rait du projet de loi l’accès à l’adoption
internationale. Même si l’intention évidente est d’obliger la
Chambre à réexaminer le texte et d’offrir une nouvelle
opportunité d’évocation au Sénat pour bloquer l’adoption de la
loi, les arguments méritent d’être examinés. On retiendra en
gros que, selon eux, il ne faut pas laisser croire aux
homosexuels qu’ ils pourront adopter des enfants d’origine
étrangère car la plupart des pays “donateurs” s’y opposent. Mais
aussi, cette disposition nuirait à la confiance des ces pays
vis-à-vis de la Belgique et aurait des répercussions négatives
sur les adoptions par les hétérosexuels.
Ces arguments sont
dérisoires. D’une part nous savons bien qu’il ne faut
effectivement pas se faire beaucoup d’illusions sur la
possibilité pour des couples homosexuels d’adopter des enfants
étrangers, du moins pour l’instant. La loi ne changera pas du
jour au lendemain les garanties exigées par les pays d’origine
des enfants. Mais il est important qu’au niveau belge notre
législation soit ouverte à des évolutions futures, ou que les
organismes d’adoption puissent progressivement se tourner vers
d’autres pays plus ouverts. De plus, l’argument de la réaction
d’autres États pour bloquer une avancée dans notre pays est un
comble. Comment justifier de laisser subsister une
discrimination en Droit belge sous prétexte que cela serait fort
apprécié en Chine, en Bolivie ou au Mali ? Ces sénateurs ont une
étrange conception de la souveraineté nationale qu’ils sont
pourtant censés incarner.
Quant à une possible réaction
de rétorsion elle est purement fantaisiste dans la mesure où un
État ne recourt à l’adoption de ses ressortissants que dans des
situations de nécessité absolue, privilégiant d’abord, et c’est
heureux, toute autre solution à l’intérieur de son propre pays.
Dès lors qu’ils auront les garanties suffisantes, l’adoption par
des couples hétérosexuels ne sera pas remise en question. Dans
les faits, certains pays s’opposent déjà aux adoptants isolés
pour cette raison, sans que cela ne freine l’adoption par des
couples hétérosexuels.
(Thierry Dalaval -
Responsable de la Cellule Politique )
22 mars 2006
Alliàge asbl a un nouveau
conseil d'administration :
| Président :
|
Michel
Granados |
| Vice-présidente :
|
Catherine "Katy" Frère |
| Vice-président :
|
Pierre Philippart de Foy |
| Secrétaire :
|
David
Tong |
| Trésorier :
|
Alain
Collette |
| Administrateurs :
|
Thierry Delaval |
| |
Josiane Fassotte |
| |
Francis Lamberg |
| |
Gilbert Königs |
| |
Alexandre Wanet |
Mars 2006 :
Éditorial
Au nom de la philosophie
naturelle
Il y a quelques jours, le 22
février, les maires de Paris, Londres, Berlin et Moscou se sont
réunis en sommet. Le maire de Moscou, Youri M. Loujkov,
interrogé sur son attitude vis-à-vis de la prochaine gay pride
qui doit se tenir dans cette ville, moyennant son autorisation,
a répondu à la presse avoir une attitude négative face à
l'homosexualité selon (sa) philosophie naturelle (Têtu.com
du 23 févier). Après la Pologne (voir l'édito du mois dernier),
la Russie affiche clairement son homophobie et ce devant les
maires ouvertement homosexuels de Paris (Bertrand Delanoë) et
Berlin (Klaus Wowereit). Bien évidemment, ces deux derniers ont
pris leur distance expliquant que l'homosexualité n’est pas
contre nature.
Que deux des plus grandes
villes d’Europe aient des maires vivant ouvertement leur
homosexualité, ce qui ne les a pas empêchés d’être élus, montre
l'évolution positive des pays occidentaux. Mais l’attitude du
maire de Moscou est probablement encore très répandue, y compris
parmi les personnalités politiques de notre pays. À l’approche
des élections communales et provinciales, il me paraît important
de répéter qu'Alliàge n'admettra pas de telles prises de
position sans réagir. Le pouvoir communal est celui le plus
proche des gens. Il est donc essentiel pour le bien être des
gays et des lesbiennes que les communes s'engagent à les
accueillir comme tous les autres citoyens. Dans le cadre de
l’animation de leur ville, certaines administrations communales
françaises, ont élaboré avec les associations LGBT et les
commerçants (entre autres) des chartes gay friendly.
Cette initiative paraît intéressante. Par ailleurs, ce sont me
semble-t-il, les écoles ainsi que les services d’état civil et
de police qui sont les plus concernés. Alliàge reviendra sur ces
questions dans les mois à venir. Je vous signale dès à présent
que le thème de la prochaine gay pride, le 27 mai, sera consacré
à cette problématique. Cette année, nous défilerons en effet
sous le slogan DiverCity.
Pour répondre au maire de
Moscou, j’emprunterai le raisonnement du Docteur Yves Ferroul
(Médecins et sexualités, Ed. Ellipses, 2002). Les jambes
sont faites pour marcher, dit-il, mais est-il contre
nature, et donc répréhensible moralement, de les utiliser pour
nager ? Il poursuit en expliquant que l'expression contre
nature a constamment changé de sens durant les siècles. Pour
le philosophe grec Sénèque, l'homosexualité était contre nature
parce qu'elle était un comportement trop raffiné comme de
prendre un bain chaud plutôt qu'un bain froid. Saint-Augustin
estime qu'il est contre nature de dégrader le corps d'un
homme au niveau de celui de la femme. Heureusement, les
féministes ont mis fin à cette vision de la supériorité de
l'homme sur la femme. Au Ve siècle, Salvien de Marseille tient
un raisonnement proche. Ce qui est contre nature, c’est le
comportement hyper viril de l'homosexuel qui ne se contente
pas de dominer une femme et cherche à dominer un autre homme.
Enfin, depuis le XIXe siècle, c'est plutôt la condamnation d’une
activité sexuelle non reproductive qui est dénoncée par cette
expression. Toutes ces définitions apparaissent au- jourd'hui
vides de sens. Au contraire, selon Y. Ferroul, l'humanité
s'enrichit de toutes les expériences et dans ce cadre
l'homosexualité n'est qu'une simple variante comportementale
dans laquelle cette prétendue philosophie naturelle n'a rien à
voir.
(Thierry Dalaval)
Février 2006 :
Éditorial
Le Parlement européen réuni à
Strasbourg a voté, mercredi 18 janvier, une résolution
importante contre les discriminations homophobes. Il a ainsi
clarifié sa position tout en interpellant la Commission. Cette
dernière n’a en effet rien fait pour sanctionner deux “nouveaux”
États membres qui ont récemment adopté des législations
particulièrement hostiles aux lesbiennes et aux gays : la
Pologne, qui a interdit les Gay Prides 2005 à Varsovie et Poznan
(Lech Kaczyński, le Président polonais, se déclare ouvertement
“partisan de la tolérance mais opposé à la propagation de
l’orientation gay”), et la Lettonie qui a promulgué le 21
décembre dernier un amendement à sa Constitution précisant que
“le mariage ne peut être que l'union d'un homme et d'une
femme”. Le texte adopté par les eurodéputés condamne ces
répressions homophobes. Il réaffirme aussi que “les
partenaires de même sexe doivent jouir du même respect, de la
même dignité et de la même protection que le reste de la
société”. Il condamne fermement toute discrimination sur la
base de l'orientation sexuelle et réclame à la Commission
européenne de “garantir la liberté de mouvement des citoyens
et de leurs familles ainsi que de leurs partenaires ayant
contracté une union civile”, même dans les pays où une telle
union n'existe pas. Enfin, il demande de reconnaître les
homosexuels comme victimes du régime nazi, et appelle à
l’organisation d’un séminaire sur “l’échange de bonnes
pratiques” le 17 mai prochain, date de la Journée mondiale
contre l'homophobie. Cette résolution historique a recueilli
l’approbation de 468 eurodéputés et l’opposition de 149 d’entre
eux, issus principalement des droites italienne et polonaise. 41
se sont abstenus. Côté belge, 1 seul a voté contre : le Vlaams
Belang Philip Claeys. 3 étaient ab- sents et les 20 autres ont
voté pour. La résolution a été transmise à la Commission, aux
Gouvernements des États membres et aux pays adhérents et
candidats.
(Michel Thomé)
8 Novembre 2005 :
Lettre aux Députés
Monsieur le Député,
Madame la Députée,
En tant que responsable de la Cellule politique d'Alliàge,
l'association liégeoise gaye et lesbienne la plus importante de
Wallonie, j'ai l'honneur de vous faire parvenir en pièce jointe
une brève contribution au débat sur l'ouverture de l'adoption
aux couples de même sexe.
Alliàge et ses 230 membres sont en effet très attentifs aux
travaux parlementaires sur cette proposition de loi et aux échos
dont la presse a rendu compte. Il nous a semblé que certaines
dimensions de la question, en
particulier la dimension sociale, étaient fort peu présentes.
Aussi, plutôt que de reprendre une fois encore les arguments des
défenseurs de ce projet, que par ailleurs nous partageons, il
nous a paru utile de vous faire part de notre réflexion sur
cette dimension, dans l'espoir qu'elle contribuera à compléter
votre propre perception des enjeux importants de cette évolution
législative pour des milliers de citoyens belges.
Vous remerciant d'avance pour votre attention, nous restons à
votre disposition et vous prions de croire, Monsieur le Député,
Madame la Députée, à l'assurance de notre parfaite
considération.
Pour Alliàge a.s.b.l.
Thierry DELAVAL
Responsable de la Cellule politique
Adoption par les
couples de même sexe : question éthique ou progrès social ?
Au moment de la reprise des travaux de la Chambre sur le projet
de loi ouvrant l’adoption aux couples de même sexe, il est utile
de rappeler le contexte global dans lequel ce projet s’inscrit.
Davantage qu’une question éthique – peut-on valablement
assimiler sous cette appellation fourre-tout des sujets aussi
divers que la biotechnologie des cellules souches et l’homoparentalité
– il convient d’aborder ce projet sous l’angle du progrès
social.
Lorsqu’en janvier 2003 la Belgique a ouvert le mariage aux
personnes de même sexe, elle a posé un acte pionnier dans les
vastes champs de l’histoire politique de l’émancipation sociale
et des libertés individuelles. On sait que pour l’essentiel, le
mouvement d’émancipation sociale qui a parcouru le 20ème siècle
a visé à corriger la conception restrictive de l’ordre social
issue du 19ème siècle, dont les institutions du mariage et de la
famille constituent des dimensions centrales. L’émancipation de
la femme, l’égalité des droits, le droit du divorce, la
dépénalisation de l’avortement, sont autant d’évolutions qui ont
permis d’assouplir un modèle trop rigide. Ces avancées légales
n’ont pas été reçues unanimement à l’époque de leur
instauration. De plus, certaines ont dû être accompagnées ou
corrigées, par exemple par l’instauration de la pension
alimentaire. Mais aujourd’hui, force est de reconnaître qu’elles
étaient de nécessaires adaptations de nos vieux modèles et que,
s’il s’en trouvent transformés, cela même les a pérennisés.
Le mariage entre personnes de même genre (expression préférable
à celle de la loi, le sexe n’étant qu’une des dimensions du
genre – masculin ou féminin), maintenant installé dans notre
droit civil, s’inscrit dans ces évolutions nécessaires. On peut
aujourd’hui faire le constat qu’il n’a pas ébranlé l’ordre
social. Au contraire, il a permis l’intégration d’un plus grand
nombre d’individus dans la société belge, remarquablement
ouverte au progrès social, à la défense des libertés
individuelles et à la multiculturalité.
Si celui-ci n’a pas fait vaciller l’institution du mariage, il
est tout aussi irrationnel de craindre que l’homoparentalité
puisse ébranler l’institution familiale. De la même façon, elle
va au contraire l’enrichir, signe d’une société belge
remarquablement plurielle et combien vivante. N’est-il pas déjà
perceptible sur la scène internationale que la Belgique s’est
hissée parmi les pays les plus novateurs en matière de modèle de
société et n’a plus guère à envier la réputation des Pays-Bas ou
des pays scandinaves ?
Plusieurs évènements récents ont montré que la société belge est
prête à cette nouvelle évolution au cœur de nos libertés
fondamentales. On se rappellera les conclusions favorables en la
matière des États généraux des Familles organisés de novembre
2003 à avril 2004 par l’ancienne Secrétaire d’État à la Famille
Isabelle Simonis. La récente prise de position de la Ligue des
Familles en faveur de l’homoparentalité est tout aussi
remarquable. Mais à ceux qui doutent de la légitimité de cercles
qui pourraient leur paraître trop restreints, il convient
également de souligner deux appuis de masse.
Le premier est incontestablement la Gay Pride du 7 mai 2005. On
oublie parfois que la Gay Pride, organisée chaque année à
Bruxelles est d’abord un événement social et politique. Elle est
l’initiative conjointe de tout le mouvement associatif gay et
lesbien du pays et est avant tout l’occasion d’adresser un
message aux responsables politiques et à la société civile. En
mai dernier, 25.000 personnes ont ainsi soutenu la revendication
centrale de la Gay Pride, qui était précisément l’ouverture de
l’adoption aux couples de même sexe. C’est dix fois plus que les
deux contre-manifestations qui ont eu lieu à Bruxelles les 10 et
17 septembre.
Le second montre un soutien plus large encore. Le sondage paru
dans La Libre du 30 juin 2005 sur diverses questions éthiques
d’actualité faisait apparaître une grande maturité de l’opinion
publique vis-à-vis de ces questions. En particulier concernant «
l’adoption par les gays », selon les termes utilisés dans ce
journal, le sondage révèle que 46 % des belges interrogés y
sont favorables. Ce n’est certes pas une majorité, comme le
souligne le commentaire du journaliste, mais on ne peut qu’être
frappé par la très haute acceptation de cette proposition dans
notre population. Quelles propositions législatives pourraient
dans notre pays se prévaloir d’un si bon résultat ?
Thierry DELAVAL
Sociologue,
Membre du Conseil d’Administration de l’association liégeoise
gaye et lesbienne ALLIAGE.
Novembre 2005 :
Éditorial
Le Conseil d’État a donc
finalement rendu son avis à propos de l’adoption par les couples
de même sexe. Comme on pouvait plus ou moins s’y attendre, il
s’agit d’un avis d’ordre purement technique et juridique : on
peut aisément imaginer que le Conseil d’État n’a pas souhaité
prêter le flanc à une polémique comme celle qu’il avait
provoquée suite à l’examen de la proposition de loi ouvrant le
mariage, où d’aucuns avaient estimé qu’il débordait quelque peu
de son rôle en étayant ses positions par des arguments relevant
davantage de la morale que de l’aspect juridique. Cet avis
n’étant en définitive ni tout à fait positif ni complètement
négatif, le parcours législatif peut reprendre son cours : c’est
donc le 9 novembre que la Commission Justice devra se prononcer,
avant que la Chambre ne le fasse à son tour en séance plénière.
Dans l’intervalle, il est encore possible (mais pas obligatoire)
que la proposition de loi soit évoquée au Sénat avant un nouvel
examen à la Chambre, ce qui allongerait le processus de deux
bons mois encore...
Ces surséances à répétition
obligent les “pour” et les “contre” à rivaliser d’initiatives en
tous sens de façon à faire balancer les indécis parmi les 150
Députés qui devront se prononcer. À l’heure où j’écris ces
lignes, on compte 52 Députés qui voteront “non” : il s’agit du
Vlaams Belang (18/18), du FN (1/1), du cdH (5/7), du MR (18/25)
et du CD&V (10/21). Ceux qui voteront “oui” sont pour l’instant
au nombre de 36 : Ecolo (4/4), le PS (10/25), sp.a-spirit
(12/23), le VLD (8/25), et le MR (2/25). Il reste donc pas moins
de 62 indécis qui seront inévitablement très courtisés...
(Michel Thomé)
Octobre
2005 : Éditorial
Alors que la “grande
manifestation européenne” du 17 septembre dernier n’a finalement
rassemblé que 400 à 500 personnes (1500 selon les
organisateurs), infligeant ainsi un échec cuisant au collectif
soi-disant apolitique, mais clairement identifié comme très
proche de l’extrême-droite (voir édito précédent), l’état
d’avancement des propositions de loi relatives à l’adoption par
les couples de même sexe est, il faut bien le dire, à l’arrêt :
le Conseil d’État, sollicité le 19 juillet dernier par le
Président de la Chambre des Représentants Herman de Croo, n’a
toujours pas rendu son avis. Les opposants profitent de cette
accalmie pour multiplier les appels à signature, par le biais
notamment de deux pétitions. Il va de soi que si les “anti-”
gardent toute leur force de mobilisation, il doit en être de
même pour les “pro-”. J’évoquais ici-même le mois dernier la
pétition lancée à l’initiative de la Maison Arc-en-Ciel de
Bruxelles, de la FAGL et de Tels Quels. Cette pétition restera
disponible en ligne jusqu’au jour du vote au Parlement. Pour
celles et ceux qui ne disposent pas de connexion à Internet, il
est à présent possible de signer un document “papier”. Il est
disponible à la Maison Arc-en- Ciel lors de toute activité
annoncée à l’agenda.
Parallèlement, une
proposition de loi relative à la trans- sexualité discutée en
commission à la Chambre il y a plu- sieurs mois, devrait
prochainement faire l'objet de débats parlementaires. Cette
proposition, bien que très attendue, inquiète le collectif
“Trans-Action” qui a mis en avant les conséquences dommageables
que pourrait avoir cette loi si elle était votée telle quelle :
elle impose un âge minimal de 18 ans pour la transition (comment
alors vivre son adolescence dans un corps quasiment étranger ?)
; elle détermine qui va avoir droit aux soins et par qui ils
seront donnés avec toutes les discriminations que cela risque
d'engendrer ; elle est d'une manière générale nettement moins
bien conçue que les lois équivalentes aux Pays-Bas, au
Royaume-Uni ou en Espagne. Le collectif demande donc instamment
aux autorités belges de prendre en compte les observations et
les amendements émis par signataires d'une pétition que vous
pouvez également signer en ligne à l'adresse
http://petitiononline.com/betslaw/
(Michel Thomé)
Septembre 2005 :
Éditorial
Une plateforme revendicative
relative à la proposition de loi ouvrant l’adoption aux couples
de même sexe a été rédigée en commun, sous forme de lettre
ouverte adressée au Parlement, par la Maison Arc-en-Ciel
de Bruxelles,La FAGL et Tels Quels asbl.
Alliàge, en tant que membre de la FAGL, s’inscrit également
dans cette initiative. Nous vous invitons dès lors à soutenir
cette action en signant la plateforme. Elle est accessible sur
le site de la MAC de
Bruxelles. Il n’existe mal heureusement pas de solution
alternative à Internet. Voici le texte intégral de cette
plateforme:
L'adoption par les couples
gays et lesbiens ou le droit pour leurs enfants d'avoir deux
parents.
À l'heure où la Chambre va
entamer la discussion sur la proposition de loi ouvrant le droit
à l'adoption aux couples gays et lesbiens,
Nous, signataires de cette
lettre ouverte,
● rappelons que cette
proposition de loi n'ouvre pas le droit à la parentalité
aux gays et aux lesbiennes, puisque cette parentalité existe
déjà dans les faits et que beaucoup d'enfants sont élevés par
des gays et des lesbiennes, mais qu'elle renforce les droits
de ces enfants ;
● observons qu'il existe des
enfants de gays et de lesbiennes de tous les âges qui ont fait
l'objet de nombreuses études et qui ne montrent aucun
signe particulier dû à leur parenté ;
● dénonçons les
discriminations dont sont victimes les enfants élevés par ces
couples auxquels la loi refuse le droit d'être reconnus par
leurs deux parents, ce qui les discrimine dans leur
quotidien où un seul de leurs parents est habilité à décider de
leur devenir, mais aussi dans tous les droits liés à la
filiation (droit d'héritage, droits alimentaires…) ;
● entendons les craintes que
ces enfants vivent dans un climat potentiellement homophobe,
mais rappelons que la meilleure façon de les entourer est de
lutter contre l'homophobie, notamment à l'école, est de
reconnaître publiquement que l'orientation sexuelle n'a pas
d'incidences sur les qualités éducatives des parents, tout en
rappelant les droits et devoirs que les couples gays et les-
biens ont par rapport à leurs enfants ;
● soulignons que
l'adoption est loin d'être une façon facile et automatique
d'exercer un soi-disant droit à l'enfant mais une démarche
réfléchie, longue et légalement en- cadrée, visant à fonder une
famille et à offrir à l'enfant le meilleur cadre de vie possible
;
● remarquons que les
propositions de loi qui veulent régler la situation juridique de
ces enfants sans passer par l'adoption, sont inutilement
compliquées, alors que la proposition de loi ouvrant l'adoption
aux couples de même sexe est celle qui garantit le mieux une
égalité entre les enfants élevés dans ces familles et ceux
élevés dans d’autres cadres familiaux ;
● demandons dès lors au
Parlement de voter sans tarder cette loi et de mettre fin aux
discriminations qui frappent aujourd'hui les enfants élevés par
des gays ou des lesbiennes.
Maison Arc-en-Ciel de
Bruxelles - Chille Deman, Président
FAGL - Dominique Delrez, Président
Tels Quels - Guy Moins, Président
Parallèlement à cette
démarche, nos amis flamands de la HolebiFederatie ont eux
aussi écrit une lettre ouverte, dont voici la traduction :
Adoption par les couples
de même sexe : un débat plein d'opinions erronées
Le débat au sujet de
l'ouverture de l’adoption aux couples de même sexe fait rage.
Mais cela ne va pas sans confusion. On affirme parfois que le
combat pour l'adoption est une lutte purement symbolique pour
des droits égaux. Cela n'est pas exact. La parentalité des
lesbiennes et des gays est une réalité sociale : en
Belgique, des centaines d'enfants grandissent dans une famille
homo- parentale. Il s'agit le plus souvent d'enfants nés dans
une famille lesbienne, après insémination artificielle avec
donneur de sperme anonyme. Dans de telles familles, la deuxième
mère n'a pratiquement pas de devoirs et de droits face à
l'enfant. Elle n'a par exemple aucun droit de décision quant à
l'enseignement à suivre par l'enfant, ou sur les questions
médicales... En fait, la mère n'est pas responsable de l'enfant.
Elle ne doit pas non plus payer d'argent pour l'entretien de
l'enfant, pas de pension alimentaire. Entre la mère et l'enfant
aucun droit successoral automatique n'existe. Si les deux femmes
se séparent, parfois la mère non biologique n’aura plus
l’occasion de voir l’enfant ; elle n’ob- tiendra que très
difficilement un droit de visite. Quand l’enfant est bébé, la
compagne ou l’épouse de la mère n'a pas de droit au congé
parental. Mais, assez cyniquement, on tient compte de sa
présence lorsque la crèche calcule les revenus des parents pour
évaluer la contribution à payer pour l'enfant... Alors, là, oui,
on se souvient que cet enfant a deux mamans! Et - encore plus
cynique – c’est seulement après le décès de la mère juridique
que la deuxième mère peut obtenir une re- connaissance
juridique, si elle a été indiquée en tant que tuteur
testamentaire. Pour toutes ces raisons, donner à la deuxième
mère la possibilité d’adopter l’enfant par le moyen de la
co-adoption est ici la meilleure solution. L'enfant obtient deux
parents à part entière et la deuxième mère obtient les devoirs
et les droits à part entière vis-à-vis de l'enfant. Une autre
interprétation erronée de la problématique que l’on rencontre
souvent est celle qui consiste à dire que deux hommes souhaitant
un enfant n’auront qu’à se précipiter vers un organisme
d’adoption ou s’adresser à une mère porteuse pour "obtenir" un
enfant. L'adoption est toujours soumise à une procédure
sévère. Il y a une phase de préparation, une enquête sociale
approfondie a lieu, puis le Juge de la Jeunesse se prononce.
L'adoption n’est donc en aucune manière inspirée uniquement par
la réalisation rapide d’un souhait d’avoir des enfants, mais
bien une mesure de protection de l'intérêt de l'enfant.
L'adoption par un parent seul est d'ailleurs possible en
Belgique, un homme gay peut donc adopter un enfant. Si le but
est d’élever un enfant à deux, il est toutefois possible que les
deux hommes s’impliquent dans la procédure, et de leur donner à
tous deux des devoirs et des droits à part entière vis-à-vis de
l'enfant. Il n'est pas exact non plus qu’aucun pays étranger ne
veut céder d’enfants à l’adoption par des couples de même sexe.
Chaque pays est libre. Le traité d'adoption de La Haye admet les
accords bilatéraux et prévoit que les pays d'origine peuvent
évaluer au cas par cas. De moins en moins de pays font montre de
réticences. En Europe, la Suède, les Pays-Bas, l'Allemagne, la
Grande-Bretagne, l'Islande, le Danemark (et bientôt l'Espagne)
reconnais- sent la co-adoption ou l’adoption par les couples de
même sexe. On entend souvent dire aussi qu’il y a très peu de
recherches sur l’homoparentalité. C’est une autre opinion non
fondée. Des études et thèses de doctorat récentes, entre autres
de Nadaud, Bos, Vanfraussen, de Kanter et Brewaeys montrent
qu’un enfant peut grandir très harmonieusement dans une famille
homoparentale. Mais ici on voit les opposants à l’adoption
installer un cercle vicieux : interdire aux couples de même sexe
d’avoir l’occasion d’élever ensemble des enfants, c’est empêcher
que l’on puisse montrer que cette éducation se passe bien. Une
dernière opinion erronée est que la fa- mille homoparentale
serait isolée et ne bénéficierait d’aucun soutien social. Une
en- quête du “Morgen” a récemment encore montré que 37% des
Belges trouvent que les gays et lesbiennes DOIVENT pouvoir
adopter, tandis que 32% seulement sont contre. Une majorité des
Belges est favorable à l’adoption par les couples homosexuels.
Les États Généraux des Familles et le Centre pour l'Égalité des
Chances et la Lutte contre le Racisme sont pour l'ouverture de
l'adoption. Le parlement flamand a déposé une proposition pour
l’adoption par des couples homo- sexuels. Même les services
d'adoption flamands reconnus sont pour ! Pour un enfant, il est
important de grandir dans un entourage où il bénéficie de
l'amour, de la chaleur, des soins et de l'attention aux- quels
il a droit. Le législateur ne doit pas fermer les yeux sur une
réalité sociale, et doit prendre ses responsabilités.
Aussi, les enfants de
parents homosexuels ont droit à avoir un lien juridique à part
entière avec les deux adultes qui les éduquent. L'ouverture de
l'adoption est pour cela le moyen le plus approprié.
(Michel Thomé -
Sources :
www.rainbowhouse.be,
www.holebifederatie.be)
Août 2005 : Éditorial
ADOPTION : L'EXTRÊME
DROITE AUX BARRICADES !
La proposition de loi ouvrant l’adoption aux couples de même
sexe semblait, il y a quelques semaines encore, suivre un
parcours parlementaire étonnamment calme... On tenait
pratiquement pour acquis son vote en séance plénière de la
Chambre avant les vacances parlementaires. C’était sans compter
sur les revirements multiples du CD&V mais surtout du MR et plus
singulièrement de son Président Didier Reynders, qui n’a
manifesté aucun scrupule à changer trois fois de position en
moins de deux mois. Il s’agit d’un important débat de société,
personne ne prétendra le contraire. On ne peut cependant que
regretter que ce soit sur- tout avec des arguments tendancieux
(le désir “égoïste” des gays et lesbiennes, le “droit de
l’enfant et pas le droit à l’enfant”, le “principe de pré-
caution” etc.) ou des boîteuses solutions alternatives (la
tutelle, la parentalité sociale etc.) que les opposants se
manifestent. Celles et ceux parmi vous qui ont participé à notre
débat du 2 mai der- nier, ou qui consultent notre abondante
revue de presse, ou encore qui, plus simplement, suivent
l’actualité savent que la véritable raison de la réticence des
opposants à cette proposition est la re- mise en cause de leur
conception traditionnelle de la famille. C’est ainsi que le 17
septembre prochain aura lieu à Bruxelles une manifestation
intitulée “la famille, c’est vraiment important”, à
l’initiative du Collectif “Papa, Maman et moi”. En
essayant d’en savoir un peu plus sur ce collectif, j’ai été
surpris de constater que son siège social est le même que celui
de l’association catholique intégriste “Belgique et
Chrétienté”, mais également du magazine d’extrême droite
“Polémique-info”. Plus troublant encore : à la tête de ces
trois organismes, on trouve une figure d’extrême droite bien
connue : Alain Escada, ancien porte-parole du Front Nouveau de
Belgique (le “Front National bis” de Marguerite Bastien), actif
dans toute la mouvance nationaliste et intégriste, de la
Fraternité Saint Pie X au mouvement NATION. À l’instar du Nonce
Apostolique en Belgique, plusieurs personnalités politiques ont
d’ores-et-déjà manifesté leur intention de répondre
favorablement à l’appel lancé par M. Escada en se rendant à
cette manifestation, ou en reprenant son discours à leur compte.
Si cet engagement est pris de bonne foi, il y a là à tout le
moins matière à préoccupation. Si en revanche c’est en toute
connaissance de cause, ça me semble plus inquiétant encore...
(Michel Thomé)
Juin 2005 :
Éditorial
La Belgique est devenue, le
19 mai dernier, le deuxième pays au monde à instaurer une
journée nationale de lutte contre l’homophobie. La date retenue
sera la même chaque année : le 17 mai. Cette date n’a pas été
choisie au hasard : c’est en effet le 17 mai 1990 que
l’Organisation Mondiale de la Santé supprimait l’homosexualité
de la liste des maladies mentales. Le premier objectif de cette
journée est de susciter des actions de for- mes très diverses :
débats, expositions, animations, campagnes de sensibilisation
etc. Ces initiatives pourront êtres portées par le milieu
associatif gay et lesbien, mais aussi par des organisations de
défense des droits humains, de plus en plus interpellées par ce
problème qu’est l’homophobie. Le second but de cette Journée est
de coordonner et rendre visibles les actions. Si elles ont lieu
le même jour, elles seront d’autant plus visibles et efficaces.
Et comme ce jour deviendra un rendez-vous annuel, les médias et
l’opinion publique seront d’autant plus attentifs aux questions
soulevées, ainsi qu’aux progrès ou reculs constatés. Troisième
objectif : faire adopter cette journée au niveau mondial. Le
Gouvernement s’est ainsi engagé à œuvrer auprès des instances
internationales dont notamment l’Organisation des Nations Unies,
le Haut Commissariat aux Droits de l’Homme et la Commission
européenne, afin qu’elles inscrivent cette journée dans leur
agenda officiel pour donner plus de visibilité aux initiatives
futures et renforcer les expériences engagées en la matière. La
lutte contre l’homophobie n’est pas seulement l’affaire des
lesbiennes et des gays, mais elle relève pleinement de
l’autorité publique et de la volonté de l’ensemble de la
société.
(Michel Thomé -
Sources : Chambre des Représentants - Résolution relative à
l’instauration du 17 mai comme journée nationale de lutte contre
l’homophobie | Louis-Georges Tin - Sept questions a propos de la
journée mondiale de lutte contre l’homophobie)
23 mai 2005
Décès de notre administrateur
et ami Gérard Dehan
Mai 2005 :
Éditorial
L'élection du Cardinal Joseph
Ratzinger comme nouveau Pape peut difficilement être perçue
comme un signe encourageant quant au regard de l’Église sur les
lesbiennes et les gays. Nous avons donc jugé opportun de réagir
par voie de presse. Le communiqué reproduit ci-dessous a été
publié dans son intégralité dans “La Libre” du 21 avril dernier,
et par extraits dans “Le jour Liège” et “La Meuse” du même jour.
Il nous a également valu quelques interventions dans les
journaux parlés de la RTBF des 20 et 21 avril.
(Michel Thomé)
L’Église Catholique se
choisit un Pape hostile aux homosexuels. Dans sa dernière
homélie avant le Conclave, Monseigneur Ratzinger avait dénoncé
“la dictature du relativisme”, soulignant qu’ “une
foi adulte n’est pas une foi qui suit le mouvement des tendances
ou les dernières nouveautés”. Comment ne pas voir dans cette
prise de position une nouvelle affirmation de son hostilité
vis-à-vis des évolutions sociales notamment en ce qui concerne
le mariage entre personnes de même sexe ? Joseph Ratzinger, qui
a dirigé jusqu’à ce jour la Congrégation pour la Doctrine de la
Foi, héritière de la Sainte Inquisition, était à ce titre
l’auteur de la lettre aux Évêques publiée le 31 juillet 2003
intitulée “Considérations à propos des projets de re-
connaissance juridique des unions entre personnes homosexuelles”.
Cette lettre avait, on s’en sou- vient, créé un grand émoi dans
le monde et singulièrement en Belgique, intervenant
immédiatement après l’ouverture du mariage aux personnes de même
sexe dans notre pays. Le Vatican y adressait des injonctions aux
élus politiques, faisant fi de la séparation de l’Église et de
l’État, et allant jusqu’à inciter les mandataires à la
désobéissance civile. Ce qui était - et demeure - à la fois
incompréhensible et inacceptable dans ce texte, c'est son
caractère vindicatif à l'encontre des homosexuels, qui confine à
l'homophobie. Pour le Cardinal devenu Pape, mariage et
procréation ne font qu'un, prenant le contre-pied de la
Constitution pastorale Gaudium et Spes du Concile Vatican
II qui établit pourtant "Le mariage cependant n'est pas
institué en vue de la seule procréation". Malgré cela, ce que
la Congrégation pour la Doctrine de la Foi prétendait en effet
rappeler, c'est que "dans le dessein du Créateur, la
complémentarité des sexes et la fécondité appartiennent à la
nature même de l'institution du mariage". De cette assertion
première découle une série de règles comportementales que l'on
connaît bien : chasteté en dehors du mariage, sexualité
conditionnée à la reproduction, interdiction de toute forme
efficace de contraception, interdit de l'avortement, anathème
sur les techniques de procréation médicalement assistée... La
lutte contre la reconnaissance des unions homosexuelles, et des
familles homoparentales dans la foulée, relève pour la
Congrégation, de la défense du bien commun. Tout acte législatif
en la matière est qualifié tour à tour de contraire, nuisible,
nocif, dangereux... pour le bien commun. Les relations
homosexuelles sont des "dépravations graves", des
"anomalies", des "actes intrinsèquement désordonnés",
des "comportements déviants"... car ils ne "procèdent
pas d'une complémentarité affective et sexuelle véritable".
La "dimension conjugale" en est absente car l'aide
mutuelle des sexes dans le mariage est indissociable de la
transmission de la vie. De plus, des contre-vérités flagrantes
parsèment ces réflexions, notamment en matière d'éducation des
enfants par des couples homosexuels, qualifiée d'acte de
violence et de pratique gravement immorale. Dernier argument
majeur mis en avant, celui du prosélytisme : accepter le mariage
gay revient assurément à promouvoir l'homosexualité et à
déstabiliser le tissu social. Cet argument avait d'ailleurs déjà
été invoqué en 1992 par la même Congrégation pour s'opposer aux
propositions de loi sur la non-discrimination des personnes
homosexuelles. Tant de redondances, tant de superlatifs, tant
d'acharnement ont fait de ce texte un pamphlet haineux. Alliàge
avait partagé l'émoi des mouvements catholiques progressistes,
qui déjà s'alarmaient de la possibilité de voir le Cardinal
Ratzinger succéder à Jean-Paul II. Depuis, cette position a été
réaffirmée par le Vatican en octobre 2004 et février 2005, et
dans le dernier livre de Jean-Paul II. Il n'y a plus guère de
gens, du moins dans nos pays développés et à haut niveau
d'instruction, pour suivre ces préceptes qui laissent si peu de
place aux notions de désir, de liberté et de tolérance. La
"loi morale et naturelle sur la vérité du mariage" n'est plus
guère une référence monolithique à prendre ou à laisser, y
compris pour les catholiques. Elle est à ce point en décalage
par rapport au réel que dans la plupart des pays occidentaux, et
spécifiquement en Belgique, le droit civil dissocie aujourd'hui
le droit matrimonial et le droit relatif à la filiation. Cette
évolution profonde est à elle seule la réfutation de ce que
l'appropriation du mariage par les personnes homosexuelles ne
relève pas d'une mode quelconque, d'une tendance ou d'une
nouveauté un peu futile, comme le laisse entendre le Cardinal
Ratzinger. Mais si la grande majorité des citoyens ne se
satisfait pas du modèle matrimonial défendu par l'Église
catholique de Jean-Paul II et de Benoît XVI, il ne faudra pas
s'émouvoir de ce que les personnes homosexuelles partagent
largement ce sentiment. Alliàge appelle le monde catholique à la
vigilance afin que leur Église ne s'éloigne pas plus encore des
réalités sociales.
(Thierry Delaval)
Avril 2005
: Éditorial
Comme l’année dernière, Liège
se démarque nettement pour la semaine arc-en-ciel, cette série
de manifestations annonçant la Belgian Lesbian and Gay Pride ;
toutes les associations du nord et du sud du pays sont invitées
à mettre sur pied au moins une activité dont le but principal
est la visibilité. Nous avons décidé, cette année encore, de
mettre les petits plats dans les grands. Nos complices du CHEL
et de Sportyliège, mais également quelques commerçants amis ont
décidé de se joindre à nous pour vous proposer une série
d’activités très diverses : c’est par une soirée dansante (l’une
des fameuses “Unity Dance”) que nous inaugurerons en fanfare
cette longue semaine, samedi 23. Trois jours plus tard, notre
maison arc-en-ciel accueillera l’exposition de Vincent Scalco et
de Christian Libens, pour une durée de deux semaines. Sporty
Liège proposera comme à son habitude une séance de natation le
mercredi, et notre nouveau secrétaire David animera une soirée
littéraire sur le thème du militantisme, le jeudi. Comme l’an
passé, le second samedi sera une journée bien chargée avec un
circuit “découverte” concocté par notre ami Laurent, suivi d’un
apéro à la “petite Provence” et enfin un karaoke au “Relax”. Le
2 mai, nous organiserons un débat sur le thème “la famille homo
existe, je l’ai rencontrée”, mais on vous en reparlera plus en
détail bientôt. Et le lendemain, c’est un nouveau partenaire, le
salon “nulle part ailleurs”, qui accueillera l’expo de Valérie
Tosolini et de Julien Ligot. Et pour être complet, pendant toute
la durée de cette “semaine-quinzaine”, la librairie “La Dérive”
(à Huy) proposera une sélection d'ouvrages lesbiens et gays.
Nous espérons vivement vous voir nombreuses et nombreux à toutes
ces activités, et que vous y trouverez toutes et tous votre
bonheur !
(Michel Thomé)
Mars 2005 :
Éditorial
Vous le savez, la défense et
la promotion des droits des lesbiennes et des gays constitue une
des priorités d’Alliàge asbl. C’est dans ce cadre général que
nous avons participé, l’année dernière, aux États Généraux des
Familles (EGF). Les conclusions de ces ateliers étaient, on s’en
souviendra, extrêmement favorables par rapport à nos
revendications : un très large consensus s’était dégagé par
rapport à l’adoption par des parents de même sexe. Le point de
vue généralement accepté était que ce n’étaient pas les parents
qui avaient droit à un enfant, mais les enfants qui ont droit à
une éducation saine et équilibrée au sein d’une solide
institution familiale. Que cette famille soit composée de
parents d’un même sexe ou non ne revêtait aucune importance.
Cependant, alors que le Gouvernement s’était engagé, par la voix
du Premier Ministre, à trouver des solutions pour le droit de
co-parenté et l’adoption par des couples de même sexe, la
nouvelle Secrétaire d’État aux Familles, la FDF Gisèle Mandaila
a récemment déclaré dans la presse sa volonté de se recentrer
sur “la famille traditionnelle”... “Il est essentiel de
remettre à l'avant-plan les problèmes de la famille classique,
traditionnel- le, et de voir comment on peut articuler les
autres modèles familiaux autour de la famille classique.
Celle-ci reste quand même le modèle de base de notre société.
Pour le Belge moyen, la famille, c'est papa, maman, les
enfants.” On voudrait balayer d’un revers de la main un an
de travail, de négociations et de concertations qu’on ne s’y
prendrait pas autrement. C’est dans ce contexte assez
défavorable que nous avons décidé de participer aux EGF 2005 :
notre voix doit être entendue, notre devoir de vigilance doit
s’exercer. Parallèlement, nous suivrons de très près
l’avancement des travaux parlementaires relatifs à cette même
matière.
(Michel Thomé)
27 février 2005
Alliàge asbl a un nouveau
conseil d'administration :
| Président :
|
Michel
Granados |
| Vice-présidente :
|
Catherine "Katy" Frère |
| Vice-président :
|
Pierre Philippart de Foy |
| Secrétaire :
|
David
Tong |
| Trésorier :
|
Alain
Collette |
| Administrateurs :
|
Pascal
Cavelier |
| |
Gérard
Dehan |
| |
Thierry Delaval |
Février 2005 :
Éditorial
Il y a un an environ,
notre partenaire le Centre pour l'Égalité des Chances et la
Lutte contre le Racisme (CECLR)
a, dans le cadre de sa mission de lutte contre toutes les
discriminations, reçu les premières plaintes individuelles
relatives à l'exclusion des gays du don de sang. Cette
problématique avait déjà été soulevée par Alliàge en 1998 : une
conférence de presse avait été organisée, et nos revendications
avaient été relayées par plusieurs parlementaires qui avaient
interpellé le Ministre de la Santé de l’époque, ainsi que les
hauts responsables de la
Croix-Rouge
belge. Sept ans plus tard, la question reste malheureusement
d’actualité. Dans ce contexte, le CECLR a mis sur pied un groupe
de travail mettant autour de la table des représentants du
Cabinet du Ministre de la Santé Publique et du Service du sang
de la Croix-Rouge. La FAGL et
la Holebifederatie
ont été associées au groupe de réflexion. La question a été
abordée dans le cadre d'une réflexion menée d'une part, sur la
lutte conte les discriminations et d'autre part, sur la
protection de l'intérêt collectif en termes de santé publique.
Le groupe de travail a clairement défini que ce n'est pas la
catégorie de personnes (les hommes qui ont des relations
sexuelles avec un autre homme) qui est en cause mais bien les
comportements sexuels (rapports non protégés). Dès lors, le
groupe de travail a opté, dans un premier temps, pour la
réalisation d'une brochure informative, diffusée dans les
centres de transfusions mais aussi au sein du milieu homosexuel,
qui expliquera les motivations de la Croix-Rouge dans ses choix.
C'est ce projet de brochure que le CECLR vous propose de
pré-tester le 5 février. Il est important de signaler que cette
brochure reste une première étape et que la discussion sur
l'assouplissement des refus n'est pas fermée.
(Michel Thomé)
1 octobre 2004
Jean-Pierre Frisée
devient le 2e salarié de l'association
7 mai 2004
Alliàge asbl inaugure ses
propres locaux : la Maison arc-en-ciel de Liège.

Les nouvelles coordonnées de
l'asbl deviennent :
Alliàge asbl
7, Hors-Château
4000 Liège
Tél et fax : 04/223.65.89
15 mars 2004
Alliàge asbl a un nouveau
conseil d'administration :
| Président :
|
Michel
Granados |
| Vice-présidente :
|
Cécile Franckart |
| Vice-président :
|
Pierre Philippart de Foy |
| Secrétaire :
|
Roland Pirard |
| Trésorier :
|
Alain
Collette |
| Administrateurs :
|
Pascal
Cavelier |
| |
Gérard
Dehan |
| |
Thierry Delaval |
1 décembre 2003
Michel Thomé devient le
premier permanent salarié pour Alliàge et remet donc son mandat
présidentiel au Conseil d'Administration. Celui-ci désigne en
son sein Michel Granados au poste de Président.
17 septembre 2003
M. Michel Firket,
Échevin de l'Environnement, du Tourisme et du Cadre de Vie à
Liège, rejoint le comité de soutien d'Alliàge asbl
18 mai 2003
M. Alain Leens, Conseiller
Communal et membre du groupe ECOLO au Conseil Communal de Liège,
rejoint le comité de soutien d'Alliàge asbl
11 mars 2003
Alliàge asbl a un nouveau
conseil d'administration :
| Président :
|
Michel Thomé |
| Vice-présidente :
|
Cécile Franckart |
| Vice-président :
|
Michel Granados |
| Secrétaire :
|
Roland Pirard |
| Trésorier :
|
Michel Granados |
| Administrateurs :
|
Pierre Philippart de Foy |
| |
Jean Louis
Verbruggen |