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QUOI DE NEUF CHEZ ALLIÀGE ?


La Pride a envie de toi
C’est « TA » Pride

Rejoins-nous dans l’équipe des bénévoles. Le plus grand évènement gay et lesbien de Belgique est le résultat d’une organisation conjointe de toutes les associations LGBT de notre pays, rassemblées dans la BLGP asbl.  En 2010, la Gay Pride aura lieu le samedi 15 mai à Bruxelles.  Une équipe dynamique se charge de la préparation toute l’année et se réunit à Bruxelles une ou deux fois par mois à la Maison Arc-en-Ciel de Bruxelles, rue du Marché au Charbon 42. 
Tu peux, toi aussi, t’engager dans cette formidable organisation où tes compétences seront bienvenues, que ce soit dans la conception de la promotion, dans la recherche de sponsors, dans la communication, dans l’informatique, dans la comptabilité, dans la préparation pratique, dans les relations avec les associations francophones ou encore dans les contacts avec les autorités publiques.  

Si tu es intéressé, contacte Henri à Alliàge.
Tél. : 04 223 65 89 | Courriel : henri@alliage.be

 

Éditorial mars 2010

La gay Pride, la Gay Street, les Semaines Arc-en-Ciel et la liberté avec laquelle nous pouvons aujourd’hui vivre notre sexualité ne doivent pas nous faire oublier que les minorités sexuelles sont encore opprimées dans un grand nombre de pays.  En effet, environ 80 pays considèrent toujours l’homosexualité comme un acte répréhensible ; une dizaine de ceux-ci prévoient la peine de mort et bien peu possèdent des lois réprimant l’homophobie. Le documentaire « Quand les amours prennent des couleurs » présenté le 18 mars lors du « Bar à Images » en est un exemple particulièrement parlant et touchant. 

Il existe de nombreux lieux à travers le monde où les homosexuels peuvent vivre au grand jour.  Dans beaucoup d’autres, par contre, ils sont contraints de vivre dans la discrétion ou le mensonge sous peine de tomber sous le coup de la loi ou d’être victimes d’agressions résultant de préjugés homophobes. 

L’avènement des grandes religions, le christianisme et l’islam, a contribué à faire des comportements homosexuels un acte considéré comme déviant donc répréhensible. Depuis trente ans, toutefois, l’apparition et le développement de mouvements activistes gays et lesbiens ont profondément modifié le regard porté sur l’homosexualité.  Il reste que, pour bon nombre de cultures, l’homosexualité est toujours considérée comme une pathologie et nombreux sont les pays qui n’ont pas suivi l’Organisation Mondiale de la Santé lorsque cette dernière a déclassifié l’homosexualité comme maladie mentale. 

Je vous propose de faire un tour du monde et un état des lieux d’une planète pas si gaie que cela. 

Sévèrement réprimée à Cuba, au Nicaragua ou en Guyane, l’homosexualité n’est toutefois pas l’objet d’une discrimination légale dans la grande majorité des pays d’Amérique latine.  Seules quelques grandes villes comme Mexico City et Buenos Aires, de même que certaines villes brésiliennes, ont voté des lois interdisant la discrimination à l’égard des minorités sexuelles.  Ce qui n’empêche pas la police d’effectuer des descentes régulières dans les bars gais… 

L’Afrique est probablement le continent le plus complexe.  D’une part, certains pays appliquent la charia (le Soudan et la Mauritanie, entre autres); d’autre part, l’Afrique du Sud est depuis 1995 le premier pays au monde à avoir inscrit dans sa constitution la protection des minorités sexuelles.  Mais, d’une manière générale, la répression est de mise, surtout dans les états ayant hérité d’un système judiciaire d’inspiration anglo-saxonne ou ceux qui appliquent la loi islamique.  Les peines prisons sont d’ailleurs parfois très lourdes. 

En ce qui concerne l’Asie, il est très difficile d’obtenir des informations fiables, notamment sur la vaste Chine où, légalement, les homosexuels ne sont pas sujets à poursuite mais où l’on sait bien que toute forme de dissidence est rapidement mise au pas.  Le Japon, les Philippines et la Thaïlande sont relativement cléments.  L’Inde, quant à elle, reste piégée par des lois héritées de l’Empire britannique et les préjugés religieux et sociaux.  Il convient par ailleurs de distinguer la situation générale avec celle de grandes villes occidentalisées comme Bombay ou des lieux de villégiature comme Goa, où les gays ne sont pas importunés.  L’Australie et la Nouvelle Zélande, par contre, font figure d’exemple en Océanie. 

Aux Etats-Unis, quelques états américains condamnent les discriminations liées à l’orientation sexuelle, mais une dizaine d’autres –Caroline du Nord et du Sud, Floride, Alabama, Mississipi, Louisiane, Arizona, Idaho, Michigan et Minnesota-condamnent la sodomie quel que soit le sexe des deux partenaires, d’ailleurs.  De plus, cinq états condamnent encore la sodomie entre partenaires masculins : le Texas, l’Oklahoma, l’Arkansas, le Missouri et le Kansas.  Ainsi, la situation diffère beaucoup que l’on soit dans le Bible Belt ou dans les tolérantes mégalopoles de la côte Est et de la Californie.   

L’une des conditions posées aux anciennes démocraties populaires pour intégrer les institutions européennes comme le conseil de l’Europe était l’abolition de toutes les législations discriminatoires à l’encontre des minorités sexuelles.  Aussi, la situation de la quarantaine d’états européens est-elle, au moins au plan légal, sensiblement uniforme.  Champions de la tolérance, les pays scandinaves et les Pays-Bas ont été les premiers à voter des lois punissant l’homophobie et légalisant l’union homosexuelle.  Toutefois, des différences persistent, même au sein de l’Union Européenne, à propos de l’âge de consentement légal.  Il est bon de noter que le Liechtenstein restreint, encore aujourd’hui, la liberté d’expression des gays et des lesbiennes.  L’Albanie, la Bosnie et la Turquie exercent des violences policières et la Tchétchénie musulmane, elle, a rétabli la charia. 

Enfin, le Proche et Moyen –Orient reste certainement la région du globe la moins tolérante en matière d’homosexualité.  L’application stricte de la loi islamique, la charia, est à l’origine des répressions dont sont victimes les homosexuel(le)s.  Les condamnations vont de la flagellation à de lourdes peines de prison.  Parmi les cinq pays de la région qui appliquent scrupuleusement la charia en punissant de mort les relations homosexuelles, trois (l’Afghanistan, l’Iran et l’Arabie Saoudite) l’auraient, selon Amnistie Internationale, appliquée durant les dix dernières années.  (source : Fugues 25 ans, Yves Lafontaine)

 Jean-François Pondant, Président.

 


Éditorial février 2010

Nous en parlions déjà le mois passé : le 7 mars prochain, Alliàge tiendra son Assemblée Générale Ordinaire : il s’agit d’une réunion annuelle primordiale pour la vie de votre association. C’est au cours de cette AGO qu’est exposée la gestion des administrateurs pour l’année écoulée, et que sont décidées les lignes maîtresses de la politique générale de l’asbl qui sera mise en œuvre par le Conseil d’Administration pour l’année à venir.   

Qui participe à l’Assemblée Générale ? En principe, les AG d’Alliàge asbl sont publiques. Mais pour pouvoir participer aux débats et surtout, pour pouvoir bénéficier du droit de vote, il est indispensable d’être membre effectif. Si vous ne l’êtes pas encore, et que vous souhaitez participer à la vie d’Alliàge en faisant notamment valoir vos idées et opinions à cette Assemblée Générale Ordinaire 2010, il est encore temps ! Il faut d’abord être en ordre de cotisation (autrement dit, avoir le statut de "membre adhérent"). Si vous remplissez cette condition préalable, vous pouvez introduire une simple demande par écrit adressée au Conseil d’Administration pour le 5 février au plus tard. Il est  nécessaire ensuite d’être présent à l’Assemblée Générale (sauf en cas de force  majeure) afin de vous présenter brièvement et de soumettre valablement votre candidature aux suffrages. Lors du vote à bulletins secret, deux cas de figure sont possibles en fonction de votre ancienneté comme membre adhérent : soit vous cotisez depuis plus d’un an et il vous faut, alors, recueillir la majorité absolue pour être élu ; soit votre adhésion est inférieure à un an et c’est alors les deux tiers des voix qu’il vous faut.  

Vous souhaitez vous investir plus encore ? Devenez administrateur (-trice) et rejoignez le CA ! Pour cela, il est indispensable d’être membre effectif et d’avoir introduit votre candidature en adressant une lettre de motivation au Conseil d’Administration pour le 5 février au plus tard. Il faut ensuite impérativement être présent lors de l’Assemblée Générale afin de vous présenter et il faut, enfin, recueillir la majorité absolue des voix exprimées à bulletins secrets. Le mandat d’administrateur s’exerce pendant deux ans et est renouvelable ensuite.

Pour tout renseignement complémentaire, n’hésitez pas à consulter nos statuts (disponibles à la Maison Arc-en-Ciel mais aussi sur notre site www.alliage.be en suivant  présentation > missions > statuts) ou à nous contacter au 04/223.65.89 ou encore via courrier@alliage.be

 

Éditorial décembre 2009

Voyage à Biarritz

Comme prévu, c’est le 15 octobre 2009 que 10 valeureux représentants d’Alliàge ont posé le pied sur le tarmac de Pau où nous attendait le président de la LGP (association locale). La chaleur de l’accueil de nos hôtes rivalisant avec celle du soleil béarnais a permis d’immédiatement briser la glace.  

L’hospitalisation inattendue d’un des membres du "comité d’accueil" a quelque peu bousculé le programme établi pour nous mais aucun effort (location d’une voiture et multiplication des déplacements pour assurer nos déplacements sur place, prise en charge par la LGP d’un logement alternatif dans un centre de vacances, etc.) n’a été épargné pour  trouver une solution à chaque situation.  

Nous avons ainsi pu découvrir les richesses architecturales et historiques de la région telles que le château d’Henri IV à Pau, le front de mer et la maison de Louis XIV à Saint Jean de Luz, châteaux, rocher à la Vierge et autres endroits sympas à Biarritz, etc… Les sportifs n’ont pas été oubliés et, respectant la tradition liégeoise de la balade dominicale , nous sommes partis à l’assaut du sommet du pays basque (le col Saint Ignace de la Rhune) en petit train et, après avoir profité d’une vue exceptionnelle de toute la région, avons rejoint la vallée à pied.  

Nous avons aussi découvert la réalité basque, avec une population locale accueillante, fière de son identité basque (dite "du nord" pour le côté français et "du sud" pour le côté espagnol) et de sa culture dont les racines se perdent dans le brouillard de l’Histoire. Le tout dans un rapport tout méridional avec le temps et  à des années-lumière de tous les clichés que l’on perçoit de l’extérieur. Avec un sentiment général de bien-être.  

La LGP ne possédant pas de local permanent, son activité se caractérise surtout par des actions de prévention sida, des réactions face à des évènements dans l’actualité par exemple, des actes ou déclarations  homophobes, l’accueil et l’écoute des personnes prenant contact par le biais du site etc…, sans oublier l’organisation de la gay pride de Biarritz.

L’environnement sociétal étant ce qu’il est en France, la LGP s’est naturellement tournée vers  Gehitu, association basque du sud basée à San Sebastian, bénéficiant d’un cadre législatif nettement plus porteur.  Le leitmotiv de Gehitu est la visibilité. Donc, après quelques années passées à "apprivoiser" la société civile dans son ensemble, ils sont maintenant sur tous les fronts : participation à toutes les manifestations culturelles importantes, interventions dans toutes les écoles (dès le niveau de la maternelle grâce à deux clowns très populaires ), distributions de préservatifs dans de très nombreux établissements gays ou sympathisants, organisation de la gay pride, de conférences et de rencontres très largement relayées dans les médias.

Les Liégeois, dont deux ont été hébergés par le président de Gehitu, ont ainsi eu l’occasion de découvrir  San Sebastian de jour et Donostia (nom basque de la ville) by night, participant même à la tournée de distribution de préservatifs hebdomadaire.

Et, comme à la fin de chaque album d’Astérix, nous nous sommes retrouvés autour d’une table afin de partager un repas, suivi pour les plus courageux par une soirée Karaoké. A l’occasion de ce repas, nous avons échangé nos impressions respectives et l’unanimité s’est faite sur la nécessité de se revoir. C’est pourquoi rendez-vous a déjà été pris pour des retrouvailles en 2010 à Liège. En attendant, il nous reste les photos, les mails et téléphones pour prolonger  cette belle expérience.

Hugues Hospital

www.lgp-biarritz.org / www.gehitu.net

 

"Regards Croisé"

Si l’homosexualité est de mieux en mieux acceptée, elle reste encore aujourd’hui un tabou dans de nombreux pays. Beaucoup d’homosexuel-le-s doivent vivre cachés et sont contraints de mener une double vie dans une société qui les tolère à peine ; ils sont parfois victimes de harcèlement, de pression sociale mais aussi de brutalité.

L’homosexualité, dans certaines cultures et religions, est considérée comme un "acte contre nature" ; c’est l’une des raisons pour lesquelles les personnes étrangères ou d’origine étrangère n’osent pas vivre leur homosexualité ou la vivent mal et ne sont pas toujours informées de leur droits.

Dans cette optique, nous avons réalisé une brochure et un documentaire afin de sensibiliser, d'informer et de former les professionnels à la double discrimination des personnes homosexuelles étrangères ou d'origine étrangère. Cette brochure est le résultat d’un travail collectif entre l’asbl Alliàge, l’asbl Merhaba (organisation créée par et pour des homosexuels, lesbiennes et bisexuel-le-s, originaires du Maghreb, du Moyen-Orient et de la Turquie) et le CRIPEL (Centre Régional d’Intégration des Personnes Étrangères ou d’origine étrangère de l’arrondissement de Liège), et est avant tout un outil d’information.
Elle permettra au lecteur de se familiariser avec la thématique abordée dans celle-ci et apportera les informations nécessaires aux professionnels afin qu’ils puissent mieux répondre aux attentes de leur public et leur apporter l’aide dont ils ont besoin.

Dans le documentaire, nous partons à la rencontre des différents témoignages de personnes qui ont vécu des problèmes liés à leur orientation sexuelle. Celui-ci présente également l’interview de professionnels qui, par leur travail ou leur militantisme, rencontrent ces mêmes personnes et les aident dans leur parcours.

Comme annoncé précédemment dans l’agenda de septembre, ces outils de sensibilisation ont été présentés le 29 septembre à Liège et le 30 à Bruxelles.

 

Éditorial novembre 2009

L’optimisme n’est pas à la mode en ce moment, l’actualité est morose, les nuages se grisent, le soleil se couche plus tôt et se lève plus tard, les températures plongent plus vite que le cours de la Bourse et les mouchoirs ressortent déjà pour soulager nos nez larmoyants…

L’automne est bien là et vous avez le moral dans les chaussettes. !

Enrhumés, anxieux, empâtés, vous avez la terrible impression d’être entrés dans un tunnel dont vous ne verrez le bout qu’au printemps prochain.

Cette routine n’est pas nouvelle ; chaque année, elle pointe son nez à la même époque. Et si demain, vous décidiez de prendre le taureau par les cornes et de vraiment changer d’air ; plongez-vous dans ce nouvel Alliàgenda, il vous donnera de nombreuses pistes pour booster votre quotidien… loin du ciel gris, de la pollution, du stress… et de l’ennui...

En effet à la Maison Arc-en-Ciel, nous voulons croire aux sourires, à la bonne humeur, à la joie de vivre, non pas par insouciance ou irréalisme mais par volonté ; nous croyons aux bonnes ondes, aux fous rires et aux plaisirs...

Vous pouvez nous trouver fous ou naïfs, mais la fine équipe qui vous a concocté cette deuxième permanence délassement "plaisir, sucettes et gourmandises" n’est composée que d’indécrottables positifs ; le genre de personnes qui parviennent à trouver un avantage à chaque inconvénient et pour qui le verre est toujours à moitié plein.

Il en est de même pour l’ensemble des membres du conseil d’administration, ainsi que de la multitude des bénévoles dévoués, sans qui rien ne serait possible et que je tiens à saluer chaleureusement au passage.

Nous pouvons d’ailleurs constater, au fil des mois, que chaque activité est devenue un lien incontournable de camaraderie et de rencontre. Qu’elle soit festive, ludique ou champêtre.

Bonne lecture… et n’oubliez pas de vous couvrir lorsque vous sortez car le rhume, c’est un peu comme l’amour, ça commence au coin d’une rue et, parfois, on peut finir au lit…

Richard, Vice-président

 

Éditorial octobre 2009

L’été est fini, mais nous ne rentrons pas en hibernation pour autant ! Le mois d’octobre reste riche en activités.
Tout d’abord, la Nuit des Coteaux de la Citadelle, le samedi 3. Comme d’habitude, Alliàge s’associe à l’évènement, avec un bonus cette année, en plus des hot-dogs traditionnels : la présence, au sein de la MAC, d’un "fotomaton" très original (Faites-vous tirer le portrait, car certaines photos seront exposées lors de la prochaine Biennale de la photographie, en février 2010).

Pour les amateurs du septième art, les séances "Imago" sont de retour le 8.

Autre activité traditionnelle : le thé dansant, le dimanche 11. Sur le sujet, une réunion des bénévoles a eu lieu il y a quelques mois. Suite à cela, le CA a voté une série de mesures afin d’améliorer, pour les clients, comme pour les bénévoles, l’organisation du Tea Dance. Exemples : la tombola et les tickets boissons des bénévoles, l’espace "commande" devant le bar, le stand "Snacks-Cocktails",… Le même WE aura lieu, à la Zone, le festival "Drag Attack", auquel Alliàge s’est associé, notamment au niveau du thé dansant (surprise).

Troisième activité phare du mois, le voyage à Biarritz, organisé par la cellule Loisirs. Le but est de rencontrer une association LGP locale, très active, et dont les membres se feront un plaisir de faire découvrir leur superbe région. Les participants au voyage seront logés chez l’habitant, que demander de plus !

Pour ceux qui restent, Gilles et Richard, après le succès de leur permanence "Tapas & Sangria", remettent le couvert avec une permanence "Sucettes et Gourmandises… ", le 16.

Au cours du mois, le repas, bar à images et l’après-midi jeux sont bien sûr au programme.

Pour finir, n’oubliez pas que les administrateurs sont à votre service et à votre écoute. Lors de chaque activité, vous les reconnaîtrez grâce à leurs badges. N’hésitez pas à les aborder. De même avec les membres des cellules Accueil et Loisirs, où votre participation est toujours la bienvenue.

Nicolas et Jean-Marc

 

Éditorial septembre 2009

Au tout début du mois d’août a eu lieu une fusillade dans le local d’une association de gay et de lesbienne de Tel-Aviv, faisant deux morts et quinze blessés.

Pourtant, la télévision française a diffusé récemment un reportage exceptionnel sur la ville de Tel-Aviv. Il en ressortait notamment qu’elle a la réputation d’être un havre de tolérance sexuelle. La multitude de bars et de clubs gays en fait même une destination de choix pour les homosexuels du monde entier. Dans le centre, des dizaines de drapeaux arc-en-ciel s’affichent fièrement aux fenêtres. En juillet, cinq couples homosexuels ont échangé symboliquement leurs consentements au cours d’une grande fête à laquelle assistait Ron Huldaï, le maire de la ville.

Par contre, il serait faux de penser que les gays israéliens aient la vie facile et affichent leur homosexualité. Tout le sud d’Israël, en dehors de Eilat, est assez homophobe. A Jérusalem, par exemple, l’organisation de la Gay Pride provoque régulièrement des remous. Le nombre de lieux gays en Israël est très faible par rapport à la Belgique ou à la France. Il est impossible pour un jeune de vivre son homosexualité normalement car, dès 18 ans, il doit faire son service militaire. Très souvent, d’ailleurs, c’est à ce moment qu’une crise arrive. Ces jeunes sont alors bien obligés de trouver un soutien moral. C’est la raison pour laquelle la ville de Tel-Aviv a mis à disposition des locaux pour que ceux-ci puissent se retrouver et rencontrer des conseillers. C’est dans un des ces rares centres de soutien que le drame a eu lieu.

Nir Katz, 26 ans, et Liz Tarboushi, 17 ans, ont été tués. L’homme masqué qui a fait irruption dans le sous-sol de l’association a également blessé quinze personnes, dont deux grièvement. Juste après le drame, un défilé silencieux a rassemblé des centaines de personnes brandissant des pancartes dénonçant l’homophobie. La classe politique israélienne a unanimement condamné l’attaque. Dès le lendemain matin, le premier ministre Benyamin Nétanyahou, à l’instar du maire de la ville, des membres du gouvernement et des grands rabbins du pays, a tenu à marquer sa solidarité avec les familles des victimes. Il a notamment déclaré : Je veux dire aux citoyens d’Israël que nous sommes un pays démocratique et tolérant et que nous devons respecter chaque personne telle qu’elle est. Même le parti ultra-orthodoxe Shass, d’habitude très critique envers les homosexuels, s’est affirmé sans ambiguïté choqué et révolté par cette attaque criminelle qui a visé la communauté gay de Tel-Aviv. Si l’enquête confirme la motivation homophobe de cette attaque, il s’agirait de l’agression la plus grave jamais commise en Israël contre des homosexuels.

En juin 2005, un Juif orthodoxe avait poignardé trois participants de la Gay Pride. Il avait été par la suite condamné à 12 ans de prison.

Jean-François Pondant, Président

 

Éditorial août 2009

Si vous aviez un rêve, une idée, une envie…quelle dimension prendrait-il?

Alliàge possède tous les artifices possibles pour devenir une vraie locomotive dans la région. En effet combien de personnes fréquentent les tea-dances et ne connaissent pas notre maison, notre fonctionnement, notre équipe? Bref notre association!! Soyons un peu fous en ce début d’été et imaginons un "projet", même totalement loufoque ou utopiste pour relancer nos permanences.

Si vous croisez quelque part, le vendredi, dans la rue Hors-Château, une bande d’amis, suivez-les…. Ils vous guideront toujours à la Maison Arc-en-Ciel. Poussez la porte, vous serez bluffés par la nouveauté qu’ils vous offrent sur un plateau. Veinards! Tous les habitués disent la MAC…incontournable et immortelle.. !

On peut deviner qu’il s’y est joué quelques scènes, qu’on y a écrit de belles pages.

Dès 19hrs, les amis arrivent car c’est véritablement une incroyable ruche de copains, d’amis et d’habitués de toutes générations qui tentent autour du bar de lécher le miel sur l’épine…Oup’s.. ! De s’informer des derniers potins… Une famille immense.. !

Cette fois-ci, une nouvelle inspiration à l’aube des vacances : une soirée sangria et tapas.

Filles et garçons de tous sexes se retrouvent pour une folle soirée, durant laquelle baisers, éclats de rire, cris de joie sont légions dans ce temple de la convivialité.

Où il n’est pas toujours aisé, pour un petit nouveau de percer le "cercle de famille". Mais un sourire ou un beau jeans moulant suffit à une définitive intégration…

L’équipe de la MAC est extraordinaire, indispensable gardienne de l’esprit de la maison.

Merci à toutes celles et tous ceux qui, par leur travail, leur soutien et leur présence font que nos activités sont de telles réussites!

A bientôt pour de nouveaux moments de complicité.

Richard

 

Éditorial juin 2009

"L’école démocratique" de mars 2009, publié par l’Appel Pour une école Démocratique, a particulièrement retenu mon attention ; son dossier a comme intitulé "Combattre l’homophobie – pour une école ouverte à la diversité". Il devrait être d’ailleurs très bientôt disponible sur Internet. De plus, l’Aped organise le 17 octobre 2009 une journée d’étude qui aura pour titre "Six heures pour l’École démocratique" ; un atelier "sexisme et homophobie" y est prévu.

Aujourd’hui encore, les LGBT, élèves comme membres du personnel, souffrent dans le système scolaire. Toutes les enquêtes qualitatives faites nous font part de cette réalité ; entre autres, celles ayant trait au taux de suicides des jeunes LGBT. L’école, assez honteusement, reste le premier lieu d’insécurité pour ces jeunes qui sont victimes de comportements homophobes de la part de leurs pairs mais aussi de l’institution elle-même ou de ses représentants.

Pour tous les jeunes, nous le savons, l’adolescence est un passage difficile ; un jeune homo se verra confronter, lui, à des problèmes supplémentaires : absence de modèles, pressions à la conformité hétéro… En fin de compte, ce n’est pas l’homosexualité qui pose problème mais bien son acceptation sociale.

L’homosexualité, il est vrai, est de plus en plus souvent évoquée dans les classes … mais de quelle manière ? Elle est encore trop régulièrement envisagée comme un problème et non dans une optique de compréhension positive et surtout de soutien aux jeunes homos.

Dans ce but, un guide pédagogique a été publié en 2009 par le Ministère de la Communauté française. Il devait constituer une véritable avancée politique ; il n’a malheureusement pas eu les effets espérés. Tout d’abord deux graves lacunes ont été soulevées au niveau de la conception de l’outil : un manque d’enquête préalable et une absence de méthode d’évaluation à long terme. De plus, la diffusion et la promotion des 3000 exemplaires imprimés n’a guère été efficace… Enfin, rien n’a été prévu pour gérer les évaluations proposées en fin de guide.

Reste à espérer que cette initiative n’a pas été un total coup dans l’eau mais que certaines écoles ou certains enseignants ont quand même été tentés d’utiliser cet outil qui avait comme qualité initiale de reposer sur de fort bonnes intentions ! 

Jean-François Pondant, président

 

Éditorial mai 2009

Comme je vous l’annonçais déjà dans l’agenda précédent, du 2 au 16 mai, auront lieu les Semaines Arc-en-Ciel. Cette année encore, Alliàge, en association avec Arc-en-ciel Wallonie, Sporty Liège, le Chel, LaLucarne.org mais aussi Imago et plusieurs librairies de Liège et Huy, propose un certain nombre d’activités culturelles, sportives, festives et ludiques. Vous trouverez bien sûr le programme détaillé de toutes celles-ci dans les pages de votre Alliàgenda. Ces deux semaines sont, il est bon de le souligner, une des occasions privilégiées de rappeler notre existence, notre ouverture, nos spécificités, nos particularités, nos combats … D’ailleurs, elles se clôtureront, comme il se doit, par la Gay Pride à Bruxelles, le samedi 16 mai, veille du la journée mondiale de la lutte contre l’homophobie. Cette année encore, Alliàge et Arc-en-ciel Wallonie offrent la possibilité de s’y rendre gratuitement en car (les modalités pratiques sont reprises à la page 9). Le fameux bus à impériale, bien entendu, nous attendra à Bruxelles ainsi qu’une animation, une fois de plus, très originale… je vous laisse le bonheur de la découvrir ce jour-là.
Parallèlement à toutes ces activités, il me paraît important de m’arrêter un moment sur la plateforme des revendications LGBTI. En effet, il est bon de se souvenir que rien n’est jamais totalement et définitivement acquis.
Le slogan général de cette plateforme, cette année, est "All you need is change".

Changer les mentalités : "Combattre les discriminations n’est pas seulement une question de lois, mais aussi de volonté politique de faire évoluer les mentalités et d’instaurer une société ouverte à la diversité, y compris au niveau des Régions et des Communautés, en partenariat avec les associations."

Changer l’école : "L’école se doit de porter un message d’ouverture et d’émancipation, celui d’une société plus ouverte et plus tolérante à l’égard des différences."

Changer les politiques de santé et de bien-être : La vigilance face au sida et aux IST, la qualité de la prévention, du dépistage et de la prise en charge doivent être renforcées et améliorées. Les critères de sélection des donneurs de sang doivent être changés. Une attention particulière aux besoins et souhaits spécifiques des séniors LGBTI doit être accordée. La psychiatrisation des personnes transgenres et intersexes doit être refusée. Enfin, le droit à la liberté de disposer de son corps doit être donné aux personnes intersexes.

Poursuivre la modernisation du droit : "Malgré les avancées légales, le droit reste empreint de nombreux préconçus biologiques. Le législateur doit poser un regard neuf sur le droit de la famille, de l’état civil et de la filiation."

Changer le monde : "Le combat pour les droits des LGBTI continue sur toute la planète. Notre pays doit jouer un rôle de pionnier au niveau international." Changer l’Europe : "Le combat juridique et social pour la diversité et contre les discriminations est celui de tou(te)s les Européen(ne)s."

Ces revendications sont reprises en détail sur le site de Arc-en-Ciel Wallonie (http://arcenciel-wallonie.be/web/). Bonnes semaines Arc-en-Ciel à toutes et à tous !!!

Jean-François Pondant, président

 

Éditorial avril 2009

Le 15 mars dernier s’est déroulée l’Assemblée Générale annuelle ; le Conseil d’Administration, suite à celle-ci, accueille quatre nouveaux membres qui ont décidé de s’investir encore plus activement dans notre association et pour qui il s’agit d’une première. Une nouvelle répartition des tâches a eu lieu dès notre premier CA. Certains projets et dossiers y ont déjà été abordés. Entre autres, la préparation des semaines Arc-en-Ciel y a largement été évoquée. Elles approchent à grands pas puisqu’elles auront effectivement lieu du 2 mai au 17 mai. Henri, notre nouveau permanent, travaille d’arrache-pied à la finalisation des nombreuses activités prévues. Même si certaines de celles-ci sont déjà annoncées dans cet Alliàgenda, je vous en reparlerai plus longuement dans celui du mois prochain.

Thierry Delaval et Michel Granados ont décidé de ne pas se représenter comme membre du Conseil d’Administration. Je profite de cet éditorial pour les remercier du fond du cœur. Ils ont assumé les charges qui ont été les leurs durant un certain nombre (pour ne pas dire un nombre certain) d’années avec un dévouement, un sérieux, un professionnalisme, un dynamisme et un enthousiasme remarquables. Thierry reste impliqué dans le milieu associatif car il a en charge, comme vous le savez très certainement, la présidence de la Fédération Arc-en-Ciel Wallonie avec qui nous collaborons étroitement, ne serait-ce que par le fait que la Fédération a également ses bureaux à la maison Arc-en-Ciel. Quoiqu’il en soit, je suis entièrement persuadé que Michel et Thierry garderont un œil plus qu’attentif sur notre association.

Je terminerai en soulignant le succès toujours plus grand de nos Tea dances. Je ne vous cache pas qu’ils sont un apport financier non négligeable pour notre association. Toutefois, ils sont aussi de plus en plus difficiles à organiser vu le nombre toujours plus grand de bénévoles nécessaires à leur bonne marche. Merci donc à tous ceux qui répondent chaque fois présent et ce parfois depuis des années. Quoiqu’il en soit, n’hésitez pas à vous faire connaître si vous désirez, vous aussi, vous impliquer activement et rejoindre notre équipe de bénévoles en vous manifestant auprès d’un des permanents de la Maison Arc-en-Ciel par mail, par téléphone ou même par courrier.

Jean-François, Président

 

Éditorial mars 2009

Les dernières attitudes et prises de position de Benoît XVI et du Vatican ont causé, à raison, pas mal de remous. Ne parlons pas des paroles outrageantes et insultantes proférées par Monseigneur Williamson. Comment est-il tolérable, en effet, que soit niée publiquement l’existence des chambres à gaz ? L’impression est nette : le Vatican rétrograde et un catholicisme musclé est en train de s’imposer. Je ne citerai que quelques exemples.

Le décorum et le cérémonial aujourd’hui en vigueur à Rome traduisent cette tendance de manière très visible. Depuis quatre ans, les pressions du Vatican sur les responsables politiques en matière d’éthique ou de droit familial sont de plus en plus marquées. En nommant le très aligné Monseigneur Alas nouvel archevêque au Salvador, Benoît XVI poursuit le grand combat de sa vie de cardinal en tentant de purger l’église de la théologie de la Libération, un courant progressiste très répandu en Amérique latine. Quant au dialogue entre les religions initié principalement par Jean XXIII et Jean-Paul II, il est à l’arrêt depuis quelques années.

La communauté homosexuelle, elle, a été particulièrement secouée au lendemain du 22 décembre dernier. En effet, Benoît XVI a profité de son traditionnel discours de fin d’année pour rappeler qu’il n’était pas du recours des hommes de se choisir une orientation ou un genre sexuels et qu’il n’y avait que Dieu pour dicter l’état des choses relevant de la loi naturelle. Il a, de plus, répété clairement sa volonté de "protéger l’homme contre la destruction de lui-même", en n’hésitant pas à mettre sur le même pied l’homosexualité et le réchauffement climatique. De tels propos, c’est relativement rassurant, ont heurté une grande partie de l’opinion internationale tant, même s’ils sont très certainement quelque peu à nuancer, ils sont difficilement acceptables.

La position du Vatican quant à l’homosexualité n’a guère évolué. Nous ne pouvons qu’être inquiets de cette rigidité d’esprit. Pour rappel, dès 2005, année de sa prise de fonction, l’ancien cardinal Ratzinger diffusait une circulaire défendant l’accès à la prêtrise aux séminaristes homosexuels. Comme s’il y avait une certaine obsession à propos de l’homosexualité… 

Une semaine avant ce bien peu glorieux discours, devant l’assemblée générale des Nations unies, 66 pays ont lancé un appel pour la dépénalisation universelle de l’homosexualité considérée comme un crime dans 77 états… et passible de la peine de mort dans 7 états (Arabie Saoudite, Emirats arabes, Iran, Mauritanie, Nigéria, Soudan et Yémen). Une soixantaine de pays, en majorité issus de la péninsule arabique et de l’Afrique, ont condamné cet appel. La chine, la Russie et les Etats-Unis n’ont pas signé le texte ; pas plus, d’ailleurs, que le Vatican qui craint que, avec ce texte, l’ONU n’aille plus loin : mariage gay, adoption ou procréation médicalement assistée…

Ainsi, nous ne pouvons que nous interroger sur la portée des paroles de Benoît XVI et des prises de position du Vatican. N’est-ce pas, d’une certaine manière, tendre la main aux homophobes qui vont pouvoir ainsi justifier leur haine ? Comment un gay croyant et pratiquant va-t-il pouvoir s’intégrer sereinement au sein de l’Église ou, tout simplement, vivre sa foi ? Qu’en est-il des homosexuels qui ne s’acceptent pas, qui ont encore peur de parler, qui vivent loin des grandes villes ou, même, qui évoluent dans des milieux clairement homophobes ? Nous sommes aisément en mesure d’imaginer la détresse et le sentiment d’insécurité de tous ceux-là. Je ne peux toutefois terminer sans rappeler que les paroles du pape ainsi que certaines prises de position du Vatican ne reflètent pas, fort heureusement d’ailleurs, le point de vue de très nombreux chrétiens.

Jean-François, président

 

Éditorial février 2009

Nous en parlions déjà le mois passé : le 15 mars prochain, Alliàge tiendra son Assemblée Générale Ordinaire : il s’agit d’une réunion annuelle primordiale pour la vie de votre association. C’est au cours de cette AGO qu’est exposée la gestion des administrateurs pour l’année écoulée, et que sont décidées les lignes maîtresses de la politique générale de l’asbl qui sera mise en œuvre par le Conseil d’Administration pour l’année à venir.

Qui participe à l’Assemblée Générale ? En principe, les AG d’Alliàge asbl sont publiques. Mais pour pouvoir participer aux débats et surtout, pour pouvoir bénéficier du droit de vote, il est indispensable d’être membre effectif. Si vous ne l’êtes pas encore, et que vous souhaitez participer à la vie d’Alliàge en faisant notamment valoir vos idées et opinions à cette Assemblée Générale Ordinaire 2009, il est encore temps ! Il faut d’abord être en ordre de cotisation (autrement dit, avoir le statut de "membre adhérent"). Si vous remplissez cette condition préalable, vous pouvez introduire une simple demande par écrit adressée au Conseil d’Administration pour le 20 février au plus tard. Il est nécessaire ensuite d’être présent à l’Assemblée Générale (sauf en cas de force majeure) afin de vous présenter brièvement et de soumettre valablement votre candidature aux suffrages. Lors du vote à bulletins secret, deux cas de figure sont possibles en fonctions de votre ancienneté comme membre adhérent : soit vous cotisez depuis plus d’un an, et il vous faut alors recueillir la majorité absolue pour être élu ; soit votre adhésion est inférieur à un an, et c’est alors les deux tiers des voix qu’il vous faut.

Vous souhaitez vous investir plus encore ? Devenez administrateur (-trice) et rejoignez le CA ! Pour cela, il est indispensable d’être membre effectif et d’avoir introduit votre candidature en adressant une lettre de motivation au Conseil d’Administration pour le 20 février au plus tard. Il faut ensuite impérativement être présent lors de l’Assemblée Générale afin de vous présenter, et il faut enfin recueillir la majorité absolue des voix exprimées à bulletins secrets. Le mandat d’administrateur s’exerce pendant deux ans, et est renouvelable ensuite.

Pour tout renseignement complémentaire, n’hésitez pas à consulter nos statuts (disponibles à la Maison Arc-en-Ciel mais aussi sur notre site www.alliage.be en suivant présentation > missions > statuts), ou à nous contacter au 04/223.65.89 ou encore via courrier@alliage.be

 

Éditorial décembre 2008

Nous sommes revenus du voyage en Alsace du 8 et 9 novembre avec probablement toutes et tous une certitude : nous profitons chaque jour des bienfaits de la liberté. Mais en avons-nous vraiment conscience ? Nous n’avons, pour la plupart d’entre nous, pas connu cette période délicate et difficile. Elle fut vécue par nos parents et grands-parents. Certains la traversèrent dans de terribles souffrances et d’autres avec une certaine insouciance.

Le devoir de mémoire n’est-il pas de prendre le parti des personnes ayant souffert d’une situation qu’ils n’ont pas souhaitée ? Ne devons-nous pas rendre hommage à ces gens qui ont fait le sacrifice de leur vie pour notre liberté?

Pourquoi ne serions-nous pas un peu chaque jour les gardiens de cette mémoire ? Nous sommes encore témoins d’amalgames et d’actes risquant les dérives. Pourquoi laissons-nous faire cela ? C’est aussi le silence qui tue. Osons dire : non plus jamais ça !

Nous garderons en mémoire la barbarie vécue par les déportés et leurs conditions de survie, car il s’agit bien de survie, totalement dépendantes des humeurs de leurs bourreaux. La pluralité de notre groupe nous a permis des échanges interculturels riches et ouverts. Quelle ne fut pas notre stupeur d’apprendre que des groupes néo-nazis viennent rendre hommage au système concentrationnaire nazi. Nous avons pu constater, par le comportement peu civique de quelques personnes visitant ce camp, que pour certains la reconnaissance de l’horreur n’est pas acquise ; que, oui, le devoir de mémoire doit se perpétuer et que les actes indescriptibles ne doivent pas tomber dans l’oubli.

Nous n’avions pour notre part aucun doute sur l’horreur qui s’était déroulée durant cette période. Entre savoir et voir, il y avait encore un pas à franchir. L’émotion qui nous a envahie devant le four crématoire et les cellules de 12 mètres carré où s’entassaient 20 détenus privés d’alimentation et sans aucun sanitaire nous a laissé sans voix, …il n’y avait rien à dire.

Quand j’ai préparé le voyage, on m’avait dit qu’il fallait que la soirée soit malgré tout festive pour ne pas que l’émotion envahisse trop le groupe. Quel meilleur endroit que le bar et son vin alsacien pour se détendre. Vinrent ensuite les blagues et un bon souper. La diversité du groupe permit à chacun de s’exprimer et d’être entendu. Nos visites plus touristiques du dimanche nous ont montré un visage bien plus heureux de cette superbe région. J’en ai même entendu un dire qu’il se verrait bien souverain dans le château du Haut Koenigsbourg. Quel courage car il y fait froid ! Mais je vous rassure, il est revenu avec nous.

Cécile Franckart

 

Éditorial novembre 2008

La première permanence Ex Aequo s’est tenue le 18 octobre dernier. Je vous avais brièvement parlé de cette nouvelle collaboration dans l’Alliàgenda précédent.

Ex Aequo s’investit depuis des années dans la lutte et la prévention des nouvelles infections au VIH/sida et des infections sexuellement transmissibles (IST) auprès des hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes.

Depuis sa création, Ex Aequo est particulièrement soucieuse d’associer la prévention du sida à la réflexion autour de la question identitaire et des vulnérabilités sociales des personnes homosexuelles. L’association s’adresse à la fois au public des hommes qui se définissent comme homosexuels, aux personnes bisexuelles et aux hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes indépendamment de leur manière de se définir. Les jeunes, et en particulier les jeunes qui se posent des questions sur leur identité sexuelle, constituent aussi un public auquel Ex Aequo prête une attention particulière. Vous avez tous déjà vu les affiches, toujours très belles et très marquantes, de leurs différentes campagnes, entre autres la dernière qui concerne plus particulièrement les risques liés à la fellation. Ex aequo a également édité une certain nombre de publications très intéressantes, didactiques et particulièrement attractives.

Ex aequo a souhaité organisé des permanences à la Maison Arc-en-Ciel chaque troisième samedi du mois de 18h à minuit afin d’avoir davantage de proximité avec notre ville et ses environs. L’ objectif étant de créer un contexte favorable à la prévention, d’améliorer les connaissances sur le VIH/sida et les IST et de rendre accessible le matériel de prévention. De plus, leur équipe assurera l'accueil à la Maison Arc-en-Ciel et vous informera sur les activités et les missions des associations holebis. Un accueil à l’attention des personnes transexuelles, transgenres et intersexes sera organisé. Il est également prévu de mettre en place des projections cinématographiques thématiques (moyens et courts-métrages, clips, films d'animation). Vous serez bien sûr tenus au courant.

Je suis très heureux que cette initiative ait pu voir le jour et lui souhaite beaucoup de succès… qui plus est, à l’approche du 1er décembre, journée mondiale de lutte contre le Sida. Une fois encore, Alliàge, avec d’Une Certaine Gaieté et Sid’action s’investit dans cet événement.

Cette année, des élèves d’écoles secondaires liégeoises devraient recouvrir les "bittes" situées sur les trottoirs de différents quartiers de la Cité Ardente d’un préservatif. Cette action symbolique a pour but de rappeler que cet acte, pourtant simple mais encore beaucoup trop perçu comme une contrainte, permet de sauver des vies. Dans un monde où le sida a déjà tué plus de 25 millions de personnes, il est plus qu’indispensable de mobiliser un maximum les énergies et de multiplier les actions de sensibilisation et d’information auprès du plus large public possible. La priorité absolue reste la nécessité de la prévention ; une prévention qui doit sans cesse être renouvelée…

Jean-François, Président

 

Éditorial octobre 2008

Septembre est traditionnellement le mois de la rentrée. Exceptionnellement, cette année, pour Alliàge, elle n’aura été que partielle. En effet, un certain nombre d’activités ont eu lieu en septembre ainsi qu’un Tea Dance qui a remporté, une fois n’est pas coutume, un très vif succès mais aucune n’a pu se dérouler au sein de la Maison Arc-en-Ciel pour cause de travaux. Ça y est ! Après six semaines de chantier, la Maison Arc-en-Ciel est à nouveau ouverte et surtout fière d’arborer ses nouvelles couleurs. Nous n’attendons plus que le mobilier et le nouveau décor, beaucoup plus chaleureux, sera ainsi finalisé. A peu de choses près, la réouverture de la Maison Arc-en-Ciel coïncide avec les désormais fameux "Coteaux de la Citadelle". Comme chaque année, la Maison Arc-en-Ciel sera grande ouverte pour cette manifestation qui draine dans le quartier un public toujours plus nombreux et qui illumine, le temps d’une soirée, la colline et les rues voisines. C’est pour nous l’opportunité d’accueillir des personnes, parfois, il est vrai, un peu décontenancées lorsqu’elles réalisent vraiment où elles sont, qui ne connaissent pas l’existence d’Alliàge et encore moins de la Maison Arc-en-Ciel. Cette année encore, une exposition de peintures ornera les murs du rez-de-chaussée. Une vente de hot-dogs sera également organisée. Je souhaite aussi vivement que ce “relooking” de la Maison Arc-en-Ciel soit l’occasion de lui donner un souffle supplémentaire. Je suis d’ailleurs très heureux que la collaboration avec LaLucarne.org asbl se poursuive avec, entre autres, les bars à images et, petite nouveauté, les bars à images – Ciné-jeunes qui, eux, seront organisés avec le CHEL. Enfin, une autre belle et intéressante collaboration est en train de se mettre en place avec Ex Aequo ; Je vous en reparlerai très bientôt. Nous avons l’immense chance de bénéficier d’une maison spacieuse, il est donc important qu’elle vive le plus et le mieux possible !

Jean-François, Président

 

Éditorial Juillet 2008

Les J. O. et les gays

 Matthew Mitcham, seul
 sportif gay déclaré des J. O

L’événement de l’été, c’était les Jeux Olympiques de Pékin. Les belles performances des athlètes présents ne feront pas oublier les polémiques liées au choix de la Chine, qui n’est pas vraiment le pays des droits de l’homme. La Chine n’est pas non plus championne de la tolérance vis-à-vis des gays et des lesbiennes ! Mais cela n’explique pas pourquoi sur les 10.500 sportifs et sportives qui ont participé aux jeux, seuls 1 homme et 9 femmes sont ouvertement gays. Les J. O. démontrent de ce point de vue la triste réalité mondiale de l’homophobie régnante dans le monde sportif. Félicitons dès lors les quelques athlètes qui ont le courage d’afficher leur orientation sexuelle, comme les footballeuses Victoria Svensson (Suède), Linda Bresonik (Allemagne) ou Natasha Kai (USA) ; la cycliste Judith Arndt (Allemagne), la joueuse de tennis Rennae Stubbs (Australie) ; les joueuses de softball Lauren Lappin et Vicky Galindo (USA), et même le couple lesbien dans l’équipe norvégienne de handball, Gro Hammerseng et Katja Nyberg. Du côté des hommes, seul le plongeur australien Matthew Mitcham, médaillé d’or au plongeon de 10 mètres, est ouvertement gay. Comme il n’y a aucune raison qu’il y ait moins de gays et de lesbiennes parmi les sportifs qu’ailleurs, on peut estimer qu’entre 500 et 1.000 d’entre eux le sont. Les athlètes constituent souvent des modèles, des personnes de référence auxquelles s’identifier. C’est pourquoi ceux qui assument leur homosexualité participent à la lutte contre l’homophobie de façon plus efficace que de nombreuses campagnes de sensibilisation. À part les quelques courageux mentionnés ici, on ne peut pas dire que les J. O. de Pékin aient été à la hauteur de nos espérances. Mais bon sang, que certains d’entre eux étaient sexy ! Quoi qu’il en soit, vivement les Gays Games 2010 à Cologne!

Thierry Delaval

 

Éditorial Juillet 2008

Comme vous le découvrirez dans cet agenda, le schéma des permanences hebdomadaires a été quelque peu modifié. En effet, les cellules activités et accueil s’étaient réunies il y a quelques mois afin de réfléchir sur une nouvelle manière d’envisager les diverses permanences du vendredi et du samedi, pour les Gazelles. Sur base de leur rapport et de l’avis des différents responsables des cellules et/ou activités, voici comment, concrètement, elles s’organiseront : le 1er vendredi du mois aura lieu le repas mensuel ; le 2e, la permanence des Gazelles réservée aux filles et le 3e vendredi sera une permanence conviviale. Il n’y aura donc pas de permanence les 4e et 5e (si 5e il y a) vendredi du mois. Toutefois, une activité à la Maison Arc-en-Ciel pourra être organisée le dimanche suivant le 4e vendredi du mois (permanence papote, jeux...).

En ce qui concerne les accueils, ils continueront à se dérouler chaque fois qu’il y a permanence, de 19 à 21 heures.

Quant aux Bars à Images organisés par LaLucarne.org, il est apparu, en un an d’existence, que l’activité ne se prêtait pas vraiment à l’accueil des nouveaux arrivants et ne s’accordait pas tout à fait avec les permanences. Par contre, chaque soirée ayant remporté un vif succès, il a été décidé de continuer le Bar à Images l’année prochaine. C’est pourquoi, dorénavant, ils devraient avoir lieu un jeudi par mois et ce à partir du mois de septembre.

Enfin, vous serez peut-être surpris de constater qu’aucune activité ne sera prévue au sein de la Maison Arc-en-Ciel durant le mois d’août. Effectivement, de grands travaux de peinture vont être réalisés au rez-de-chaussée et au premier étage pendant cette période. Le CA et moi-même nous réjouissons d’ailleurs déjà que vous puissiez les découvrir en septembre.

Il me reste à vous souhaiter, à toutes et tous, deux excellents mois d’été !

Jean-François, Président

 

Éditorial Juin 2008

Paragraphe 175 !

"Un acte sexuel contre nature entre des personnes de sexe masculin ou entre des êtres humains et des animaux est punissable d’emprisonnement ; la perte des droits civils peut-être imposée."

Certains diront : ces temps ne sont plus ! Pas si sûr. "Le ventre est encore fécond d’où est sortie la bête immonde" a dit Bertold Brecht. Les idées défendues par l’extrême droite restent toujours les mêmes, sous couvert du racisme qu’elle ne renie pas. Elle est présente sur tous les fronts : loi anti-avortement, rôle fondamental de la famille (homme, femme, enfant)... sans parler de la minimisation de la femme au sein de la société.

A l’occasion de la préparation des jeux olympiques, plusieurs établissements gay de Pékin et de Shanghai ont été la cible de rafles et d’arrestations. Aux États-unis, dans 40 des 50 états, un enseignant peut être licencié parce qu’il est gay. En Lituanie, le déploiement d’un drapeau arc-en-ciel a été refusé. Chaque jour nous sommes témoins de paroles ou d’attitudes homophobes; mettre la tête dans le sable est naturellement plus confortable, mais, à ce moment-là, ne nous plaignons pas de ne pas être connus ou reconnus. Pouvons-nous être certains qu’il n’y aura "plus jamais ça"?

Il nous reste, à nous aussi, un devoir de mémoire. Entre 1933 et 1945, 100.000 hommes ont été déportés pour cause d’homosexualité, soixante pourcents n’en sont pas revenus. Ils ont été, pour la plupart, victimes de tortures, de castrations,... les cobayes idéaux! Les lesbiennes qui "ne mettaient pas en péril la pureté du sang allemand" étaient classées, elles, dans le groupe des associaux, porteurs du triangle noir. Shirmeck, camp de concentration où 210 homosexuels français furent déportés. Struthof-Natzweiler, camp connu pour son laboratoire où se pratiquaient des expériences sur les êtres humains et, tout particulièrement, sur les homosexuels, "une cible de choix".

Début novembre, nous vous proposerons de nous accompagner en Alsace, afin de visiter ces lieux de mémoire, en hommage au génocide de nos compagnons disparus à cause du paragraphe 175.

Cécile Franckart

 

Éditorial Mai 2008

"CELEBRATE DIVERSITY" (Célébrons la diversité) est le slogan que la BLGP a décidé de mettre en avant pour la Gay Pride de cette année. Il rappelle une des priorités de l’asbl à côté du respect, de l’ouverture et de la solidarité à l’intérieur mais également à l’extérieur du Mouvement Lesbigays. Comme chaque année, la BLGP soutient diverses revendications. Il me paraît important d’en souligner quelques-unes :

      • "Il est absolument nécessaire de lutter encore et toujours contre les violences et les discriminations homophobes au quotidien, dans les faits et par l’implication de tous et de toutes"…. en sachant que, dans de nombreux cas, les formes de discrimination peuvent s’additionner (gay et handicapé, femme lesbienne musulmane, senior lesbigaytrans à faible revenu ou malade, etc.).

      • "Le combat pour les droits des lesbigay- trans doit continuer en Europe et dans le monde. Notre pays doit y jouer un rôle de pionnier au niveau international".

      • "L’homophobie dans les écoles est un véritable fléau et doit être reconnue comme telle. La combattre, c’est instaurer une société riche de sa diversité, au bénéfice de tous".

Le texte complet de la plateforme 2008 des revendications de la BLGP est disponible sur le site www.arcenciel-wallonie.be dans la rubrique infos.

Alliàge a également choisi de célébrer la diversité en proposant, durant les Semaines Arc-en-Ciel, un programme d’activités nombreuses et variées : sportives, culturelles, littéraires, ludiques, festives... avec, en apothéose, le samedi 17 mai, la Gay Pride qui, par un heureux hasard, tombe, cette année, le même jour que la Journée Mondiale de lutte contre l’Homophobie.

Les couleurs d’Alliàge, une fois n’est pas coutume, seront menées par le désormais très célèbre bus à impériale mais avec, cette fois-ci, une animation musicale tout à fait originale et particulière qui risque bien de ne pas passer inaperçue. De plus, notre asbl a décidé d’innover en proposant le petit déjeuner et le transport à Bruxelles gratuitement pour tous ceux qui en ont manifesté le désir et qui se sont fait connaître auprès des permanents.

Au vu de ce qui est proposé dans cet agenda, je pense que les Semaines Arc-en-Ciel seront, cette année encore, un grand moment de rencontre et de convivialité; en tous cas, c’est ainsi qu’Alliàge les envisage et les conçoit. Je vous souhaite donc, d’ores et déjà, de vivre d’excellentes Semaines Arc-en-Ciel, joyeuses et gay, et surtout de "célébrer la diversité" comme elle se doit de l’être !

Jean-François, Président

 

Éditorial Avril 2008

"Ce n’est pas parce que les choses nous semblent inaccessibles, que nous n’osons pas ; c’est parce que nous n’osons pas, qu’elles nous semblent inaccessibles." (Sénèque)

Le 9 mars dernier s’est déroulée l’Assemblée Générale annuelle ; au terme de celle-ci, le Conseil d’Administration est passé de 5 à 10 membres dont 4 pour qui il s’agit d’une première. Lors de la première réunion, comme il est d’usage, une nouvelle répartition des tâches a eu lieu. Nous avons également évoqué les chantiers et projets à porter en priorité, entre autres le réaménagement du rez-de-chaussée et du premier étage de la maison Arc-en-Ciel, la préparation des Semaines Arc-en-Ciel ainsi que la redynamisation des permanences du vendredi.

Je tiens, d’ores et déjà et au nom de tous, à remercier Michel Granados pour le dévouement et le professionnalisme avec lesquels il a assumé la présidence durant plus de trois ans. Quoiqu’il en soit, Michel continuera à assumer, comme il l’a fait l’année dernière, la trésorerie et nous en sommes ravis.

À la fin du mois de mars, Michel Thomé a quitté ses fonctions au sein d’Alliàge pour de nouvelles activités. C’est aussi ici l’occasion de lui dire merci pour l’énergie, le dynamisme, l’enthousiasme, la bonne humeur et le talent qu’il a mis au service d’Alliàge pendant tant d’années et de lui souhaiter beaucoup de succès pour l’avenir. Une mention toute particulière doit être faite en ce qui concerne l’élaboration et la mise en page de l’agenda dont il se charge depuis la création d’Alliàge ainsi qu’en ce qui concerne la réalisation des affiches des thés dansants à l’occasion desquelles, voilà des années, Michel se fait un malin plaisir à nous rassasier d’images ringardes et kitsch. Je suis persuadé que, malgré les occupations qui l’attendent, Michel gardera un œil attentif, discret et curieux sur l’association dont, faut-il le rappeler, il est un des membres fondateurs.

Mardi 18, la Maison Arc-en-Ciel a accueilli José Ignacio Pichardo Galán pour une conférence sur la discrimination à l’école. Les conclusions émanant des enquêtes qu’il a effectuées dans bon nombre d’écoles madrilènes sont assez éclairantes : beaucoup trop d’étudiants ou de membres du personnel enseignant et éducatif souffrent encore d’une homophobie ambiante. Force est également de constater que, pour la plupart des gays, selon l’étude faite, l’école est perçue comme l’endroit le plus inconfortable voire le plus dangereux… assez paradoxalement d’ailleurs, s’agissant d’un milieu d’éducation et d’ouverture ou, du moins, qui devrait l’être. Un de nos buts à poursuivre est très certainement de continuer à lutter contre cet état des choses.

Enfin, les Semaines Arc-en-Ciel approchent à grands pas ; quelques activités sont déjà annoncées dans cet agenda ; vous aurez bien sûr le programme complet des festivités dans celui du mois prochain. Les Semaines Arc-en-Ciel sont, indubitablement, un moment important tant au niveau de notre visibilité qu’au niveau de la défense de nos droits.

Jean-François, Président

 

Éditorial Février 2008

Nous en parlions déjà le mois passé : le 9 mars prochain, Alliàge tiendra son Assemblée Générale Ordinaire : il s’agit d’une réunion annuelle primordiale pour la vie de votre association. C’est au cours de cette AGO qu’est exposée la gestion des administrateurs pour l’année écoulée, et que sont décidées les lignes maîtresses de la politique générale de l’asbl qui sera mise en œuvre par le Conseil d’Administration pour l’année à venir.

Qui participe à l’Assemblée Générale ? En principe, les AG d’Alliàge asbl sont publiques. Mais pour pouvoir participer aux débats et surtout, pour pouvoir bénéficier du droit de vote, il est indispensable d’être membre effectif. Si vous ne l’êtes pas encore, et que vous souhaitez participer à la vie d’Alliàge en faisant notamment valoir vos idées et opinions à cette Assemblée Générale Ordinaire 2008, il est encore temps ! Il faut tout d’abord être en ordre de cotisation (autrement dit, avoir le statut de « membre adhérent »). Si vous remplissez cette condition préalable, vous pouvez introduire une simple demande par écrit adressée au Conseil d’Administration pour le 6 mars au plus tard. Il est nécessaire ensuite d’être présent à l’Assemblée Générale (sauf cas de force majeure) afin de vous présenter brièvement et de soumettre valablement votre candidature aux suffrages. Lors du vote à bulletins secrets, deux cas de figure sont possibles en fonction de votre ancienneté comme membre adhérent : soit vous cotisez depuis plus d’un an, et il vous faut alors recueillir la majorité absolue pour être élu ; soit votre adhésion est inférieure à un an, et c’est alors les deux tiers des voix qu’il vous faut.

Vous souhaitez vous investir plus encore ? Devenez administrateur (-trice) et rejoignez le CA ! Pour cela, il est indispensable d’être membre effectif et d’avoir introduit votre candidature en adressant une lettre de motivation au Conseil d’Administration pour le 6 mars au plus tard. Il faut ensuite impérativement être présent lors de l’Assemblée Générale afin de vous présenter, et il faut enfin recueillir la majorité absolue des voix exprimées à bulletins secrets. Le mandat d’administrateur s’exerce pendant deux ans, et est renouvelable ensuite.

Pour tout renseignement complémentaire, n’hésitez pas à consulter nos statuts (disponibles à la Maison Arc-en-Ciel mais aussi ici), ou à nous contacter au 04/223.65.89 ou encore via courrier@alliage.be.

Michel Thomé

 

Éditorial Décembre 2007 :
Les chiffres du sida revus à la baisse ?

Pour Onusida (le Programme commun des Nations unies sur le VIH/sida), 32,7 millions de personnes vivaient avec le virus en 2006. Et non 39,5. Le chiffre a été revu à la baisse, mais il ne s’agit que d’un changement dans la méthode de calcul... Selon ce nouveau procédé, considéré comme plus proche de la réalité, l’estimation pour 2007 est d’environ 33,2 millions, toujours selon Onusida, dans son rapport annuel. Cela dit, la maladie continue à tuer plus de 5.700 personnes chaque jour, alors que le virus a infecté 2,5 millions de personnes dans le monde cette année. Environ 22,5 millions de personnes vivent en Afrique avec le virus du sida, soit 68 % de la population mondiale affectée. Et en Europe ? En 2006, 27.259 nouveaux cas d’infection ont été déclarés par 28 pays de l’Union Européenne (plus l’Islande, la Norvège et la Suisse). 54% de ces cas ont été déclarés par seulement deux pays : la France et le Royaume-Uni. Les taux les plus élevés des nouveaux cas déclarés sont observés en Estonie et au Portugal, les plus faibles étant relevés en Slovaquie et en Hongrie. La Belgique a pour sa part déclaré 995 nouveaux cas. Pour l’ensemble de l’UE, le rapport homosexuel masculin est à la base de 29% de ces contaminations (et de 42% pour les rapports hétérosexuels). Il n’y a pas de quoi se réjouir cependant, car la population gaye est la seule pour laquelle on n’observe pas de diminution de nouveaux diagnostics. En cause : l’augmentation des pratiques à risque, conscientes ou non. Rappelons-le : le préservatif reste le seul moyen de protection efficace lors des relations sexuelles. Alliàge en est bien conscient : nous tenons en effet depuis plusieurs mois à disposition des visiteurs de la Maison Arc-en-Ciel un distributeur de préservatifs gratuits, grâce à l’appui de notre partenaire ExAequo asbl. Et l’apparence festive de la démarche que nous entreprenons ce 1er décembre ne doit pas faire oublier que cette dernière constitue également un acte militant et responsable.

(sources : Unaids.org, LeSoir, La Libre, AFP, Belga).

Michel Thomé

 

Éditorial Novembre 2007 :
Pour un développement du tissu associatif LGBT en Wallonie

Avec la mise en place de l’actuel gouvernement régional wallon en 2004, un événement est passé presque inaperçu : l’attribution d’une compétence en matière d’Égalité des Chances à un Ministre et la mise en œuvre de cette compétence par l’Administration wallonne, avec des moyens financiers clairement identifiés. Pourtant, une telle initiative était demandée de longue date par les associations LGBT.

La Ministre Christiane Vienne, en charge de cette compétence, s’est très vite montrée ouverte aux thématiques LGBT. Sous son impulsion, la politique d’Égalité des Chances de la Région wallonne a notamment identifié le secteur LGBT comme cible prioritaire. Nous l’avons d’ailleurs invitée plusieurs fois à Alliàge et elle s’est montrée à la fois impressionnée et intéressée par notre travail.

Nous voulions aller plus loin. Il y a un an, nous avons rencontré l’équipe de la Ministre avec d’autres associations actives en Wallonie. D’un débat enrichissant est née l’idée d’une Fédération wallonne des Associations LGBT, que la Ministre était prête à soutenir. Alliàge s’est vue confier la réalisation de ce projet.

Un objectif : offrir un lieu d’échanges entre toutes les associations de notre région. Et un nom : Arc-en-Ciel Wallonie. Outre Alliàge, six autres associations ont adhéré au projet : le Chel, LaLucarne.org, Tandem, Activ’elles, la Communauté du Christ Libérateur et Tels Quels.

Nous sommes partis du constat que les associations d’entraide et de loisir tournées vers le public LGBT sont des outils indispensables pour un très grand nombre de gens qui ont besoin de se retrouver dans un environnement amical où ils peuvent tomber le masque, acquérir plus de confiance en eux, restaurer leur estime de soi, obtenir des informations sur leurs droits, ou tout simplement aller à la rencontre des autres. Au-delà de l’activité quotidienne de nos associations, il nous a paru important de créer un lieu où il est possible d’échanger nos expériences et envisager des projets communs.

Nous pensons que certaines problématiques se posent de manière spécifique dans notre région, car la Wallonie connaît beaucoup de petites villes, des milieux ruraux, une grande diversité de mentalités régionales. Développer des relations avec les communes et les autorités provinciales pour les sensibiliser à des difficultés que nous pouvons identifier concrètement. Pouvoir soutenir la création d’associations LGBT partout en Wallonie lorsque de tels projets existent mais que leurs auteurs manquent d’expérience. Voir avec la Région wallonne, en particulier avec ses services de l’égalité des chances, comment nous pouvons collaborer. Voici quelques pistes d’actions qu’Arc-en-Ciel Wallonie se propose de développer dans les prochains mois et les prochaines années, en espérant apporter un plus à l’ensemble de nos associations et à leur public.

Notre première réalisation se voulait très emblématique, nous avons publié un guide de la Wallonie pour les gays et les lesbiennes. Il est disponible à la Maison Arc-en-Ciel et dans les autres associations liégeoises, ainsi que dans les lieux commerciaux habituels. Toutes les informations contenues dans le guide sont également reprises sur un nouveau site web : www.arcenciel-wallonie.be.

Déjà, le nouveau Ministre Paul Magnette, qui a succédé à Christiane Vienne, montre la volonté de poursuivre dans le même sens. Je suis persuadé que nous pouvons développer Arc-en-Ciel Wallonie comme un lieu d’impulsion d’un tissu associatif LGBT partout dans notre région.

Thierry Delaval

 

Octobre 2007 : éditorial

Comme il y a cinq ans, lors de l’inauguration officielle de la deuxième édition de l’Automne Gay à l’Hôtel de Ville de Liège, c’est par une réception protocolaire que cette troisième édition – marquant le 10e anniversaire d’Alliàge – a commencé : nous avons en effet eu l’honneur d’être reçus, le vendredi 21 septembre dernier, au Palais provincial. Madame le Député en charge des Affaires sociales Ann Chevalier, ainsi que Monsieur le Député provincial Christophe Lacroix, par ailleurs membre d’Alliàge, nous ont accueillis chaleureusement sous les ors du Palais, en compagnie de Monsieur le Député provincial en charge des Affaires culturelles Paul-Émile Mottard. Devant une assemblée d’une petite centaine de personnes, composée de membres et sympathisants d’Alliàge mais également de quelques mandataires politiques locaux sensibilisés à notre cause, Thierry Delaval, vice-président d’Alliàge et responsable de la cellule politique, a prononcé un discours retraçant brièvement l’historique de notre asbl. En guise de points de repères, il a situé l’évolution d’Alliàge en 10 ans dans le contexte plus large des revendications du mouvement gay et lesbien dans son ensemble. En seconde partie, Thierry a évoqué quelques pistes pour l’avenir, en incluant bien sûr différentes formes de partenariat possibles entre la Province de Liège et Alliàge. Ce fut ensuite au tour successivement d’Ann Chevalier et de Christophe Lacroix de prendre la parole pour nous adresser leurs félicitations et encouragements, en n’hésitant pas, l’une comme l’autre, à s’impliquer de façon très personnelle dans leur allocution. Madame Chevalier a ensuite accepté avec enthousiasme de rejoindre notre Comité de Parrainage, accédant ainsi à la demande qu’Alliàge lui avait faite par l’entremise de Thierry Delaval quelques minutes plus tôt. Monsieur Lacroix, quant à lui, a remis au nom de notre asbl et en sa qualité de Député provincial en charge des Sports, de toutes nouvelles vareuses (aux couleurs d’Alliàge) à Valérie et Laurent, représentants de l’équipe de basket de Sporty Liège. La réception s’est clôturée par un vin d’honneur.

Michel Thomé

 

Septembre 2007 : éditorial

10 ans, pour une “petite” asbl, ça représente quand même une longévité dons nous pouvons toutes et tous être fiers. Quand on voit le chemin parcouru depuis 1997, aussi bien au niveau de l’asbl elle-même que du regard que la société pose sur l’homosexualité, on est en droit d’éprouver un sentiment de satisfaction qui donne vraiment envie de fêter dignement notre anniversaire... J’ai déjà décrit, dans les deux précédents numéros de l’Alliàgenda, les grandes lignes de l’Automne Gay 2007. Comme vous allez recevoir sous peu le programme complet sous forme de dépliant, inutile d’y revenir, d’autant plus que le site web www.automnegay.be est également accessible depuis peu. Je m’attarderai donc un peu plus sur d’autres nouveautés, ou plutôt sur certains “dépoussiérages”. L'Alliàgenda, par exemple : la nouvelle mise en page se veut plus aérée, plus moderne, plus sobre, tout en conservant une filiation avec l’ancienne formule. N’hésitez pas à donner votre avis sur cette nouvelle mouture, qui doit sans doute encore évoluer un peu avant de trouver ses marques. Autre rafraîchissement, qui devenait presque urgent : la refonte complète du logo. L’ancien a bien vécu, mais il commençait à donner quelques signes d’usure... Comme l’Alliàgenda est toujours en noir et blanc, une petite explication s’impose peut-être pour expliquer la signification du logo. J’ai voulu éviter l’emploi de symboles trop vus ou trop évidents, pour privilégier un symbole qui me semble universel : le coeur, ou plutôt deux coeurs enlacés, représentant le couple amoureux. Trois couples de coeurs symbolisent ainsi les lesbiennes, les gays et... les autres (sans jugement de valeur, bien sûr). Mais le chiffre trois est également là pour rappeler les trois missions d’Alliàge : la défense des droits, l’information, l’accueil. Le mot “Alliàge” bénéficie d’une petite fantaisie graphique : le “l” montant qui favorise l’harmonie de l’ensemble. Le mot asbl fait son apparition, tandis que le mot Liège disparaît. Enfin pas tout à fait, puisqu’on peut toujours le deviner grâce à ce fameux accent grave sur le 2e “a”. Bon anniversaire à vous toutes et tous...

Michel Thomé

 

Août 2007 : éditorial

Comme nous vous l’annoncions le mois dernier, la préparation de la troisième édition de l’Automne Gay bat son plein... L’ouverture de cette édition 2007 aura lieu le 21 septembre, où nous aurons l’honneur d’être reçus officiellement au Palais provincial à l’occasion du dixième anniversaire de notre asbl, par Madame le Député provincial Ann Chevalier et Monsieur le Député provincial Christophe Lacroix. Les semaines suivantes seront ponctuées de divers événements comme l’exposition des photographies de l’artiste gantois Fabian Van Der Meersche et une soirée littéraire spéciale bandes dessinées avec Christophe Simon (qui a repris la série “Alix”) et le français Fabrice Neaud, auteur du “Journal”, primé en 1997 à Angoulême ; un débat consacré à l’homophobie en milieu scolaire et une soirée de témoignages relatifs au coming-out sont également au programme, ainsi que des activités plus habituelles, comme notre incontournable thé dansant, mais aussi une balade, afin de se remémorer la toute première activité d’Alliàge qui consistait en un rallye/balade dans le Condroz. Nous vous proposerons également une pièce de théâtre en coproduction avec notre partenaire de longue date le Moderne (“le projet Laramie”), ainsi que le 5e (déjà !) “bar à images”, fruit de notre nouvelle collaboration avec LaLucarne.org auquel vous êtes sans doute déjà habitués. Les membres et anciens membres de l’asbl ne seront pas oubliés puisqu’une soirée leur sera consacrée avec la projection d’un diaporama retraçant les 10 ans d’Alliàge, autour d’un énorme gâteau d’anniversaire... Cet Automne Gay se terminera le 7 novembre par un autre 10e anniversaire : celui de notre ciné-club Imago. Dans les tout prochains jours, le programme complet sera disponible sur le site www.automnegay.be, ouvert spécialement à cette occasion. Et n’oubliez pas, le mois prochain, l’Alliàgenda fait peau neuve...

Michel Thomé

 

Juillet 2007 : éditorial

À peine les “Semaines Arc-en-Ciel 2007” sont-elles terminées qu’un nouvel événement se profile déjà : la 3e édition de l’Automne Gay. La précédente édition - en 2002 - avait marqué un nouveau départ pour notre asbl avec la promesse, par la Ville de Liège, de trouver une solution quant à nos problèmes de locaux. Promesse tenue, est-il besoin de le rappeler ? Cinq ans après, nous voici donc arrivés au 10e anniversaire d’Alliàge ! Nous saisirons cette occasion pour renouveler notamment notre logo, notre agenda, nos imprimés et notre site internet (qui vient par ailleurs d’accueillir, le mois dernier, son 100 000e visiteur), mais pour fêter dignement cet anniversaire, un vaste programme d’activités est d’ores et déjà en chantier, dont nous vous dévoilerons les grands axes dans les toutes prochaines semaines. Même si, à l’heure d’écrire ces lignes, le projet n’est pas encore très abouti quant à la forme, nous envisageons en tout cas retracer l’historique d’Alliàge depuis la genèse... Nous lançons donc un appel à toutes celles et tous ceux parmi vous qui seraient en possession de photographies, vidéos, documents divers (anciens agendas par exemple), ou à celles et ceux qui auraient un témoignage ou une anecdote à raconter et à partager, qui pourraient illustrer cet historique. Nous disposons déjà d’un fonds relativement riche, mais tout apport complémentaire sera le bienvenu. Les documents seront bien sûrs rendus à leurs propriétaires respectifs si ceux-ci en font la demande. N’hésitez donc pas à contacter Valérie ou moi-même par mail ou par téléphone (04/223.65.89) ou encore de vive voix. Au moment de vous souhaiter de très agréables vacances, je vous rappelle que toutes les activités d’Alliàge sont maintenues en juillet et en août, à l’exception des Gazelles en juillet, et d’Imago, qui reprendra en septembre.

Michel Thomé

 

Juin 2007 : éditorial

1299 pages... C’est le total cumulé des programmes électoraux des 4 “grands” partis démocratiques francophones (cdH, ECOLO, MR, PS) en vue des Élections législatives du 10 juin prochain. Je me suis lancé dans la consultation de ces briques afin de tenter de déterminer la place réservée aux gays, lesbiennes, bisexuels, transgenres, et à leurs revendications. Ordre alphabétique oblige, commençons par le cdH : s’il ne mentionne à aucun moment les mots gay, lesbienne, homosexuel, homophobie..., le programme du parti Humaniste répond favorablement, comme les 3 autres partis d’ailleurs, à une vieille revendication du mouvement associatif gay et lesbien : l’individualisation des droits sociaux “afin non seulement de ne pas empiéter sur les choix de vie, mais aussi, au contraire, de favoriser les solidarités intrafamiliales en ne sanctionnant plus le fait de vivre à deux ou en collectivité”. Le parti de Joëlle Milquet se prononce également en faveur de la suppression des inégalités entre couples mariés et cohabitants légaux en matière de sécurité sociale. D’un autre côté, sans surprise, l’ex-PSC réclame l’interdiction pure et simple de la gestation pour autrui (les “mères porteuses”). En revanche, le programme du cdH accorde une part significative à la lutte contre le sida, en proposant notamment la promotion active de l’utilisation du préservatif, en particulier chez les jeunes, par le biais des programmes en cours d’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle. ECOLO pour sa part consacre des pans complets de son programme aux droits des gays et lesbiennes : le parti vert, qui s’inquiète du “conservatisme persistant faces aux avancées législatives réelles” se prononce notamment en faveur d’animations scolaires relatives à l’orientation sexuelle “de façon à véhiculer une image plus sereine de l’homosexualité et à permettre aux jeunes en questionnement de dédramatiser leur situation”. Les écologistes souhaitent aussi “développer des campagnes d’information grand public en dehors de l’école, pour soutenir le développement d’un climat social plus tolérant”, ainsi qu’une “campagne destinée aux parents des jeunes homosexuels”. Autre proposition : l’élargissement du congé parental à l’épouse de la maman, afin de mettre fin à cette discrimination résiduelle entre les couples hétéro- et homosexuels. Enfin, le programme d’ECOLO veut que l’on autorise aux homosexuels qui le souhaitent de donner leur sang. Pour le MR, mes recherches dans leur programme sur les mots gay, lesbienne, homo- (et dérivés), -sexuel (et dérivés), transgenre, “gestation pour autrui”, “mère porteuse”, adoption, sida, séropo- (et dérivés), parent (et dérivés) etc. n’ont donné aucun résultat significatif... Le PS enfin, à l’instar d’ECOLO, consacre de larges parts de son programme aux revendications LGBT : dans un cadre global de lutte contre toutes les discriminations, les socialistes insistent sur le rôle primordial de l’État en cette matière, tout en développant une attention particulière aux “lesbigays”. Relevons notamment la volonté d’augmenter les moyens et l’action du Centre pour l’Égalité des Chances et la promotion concrète de la diversité dans l’emploi. En outre, le parti d’Elio Di Rupo estime que “chaque personne doit avoir la possibilité de vivre son orientation sexuelle de manière épanouie, en toute liberté et sans discrimination de quelque nature qu’elle soit”. Il souhaite ainsi poursuivre la politique d’identification des agressions à caractère homophobe afin d’obtenir des statistiques précises pour mieux lutter contre ce phénomène, développer, sur base de ces constats, des politiques de prévention adéquates. Le PS veut également “continuer la formation à la diversité des magistrats, de la police fédérale, des inspecteurs du travail et des partenaires sociaux, et étendre la formation à la diversité pratiquée dans les forces armées et la fonction publique aux autres administrations”. Il souhaite encore “prévoir et organiser le statut de parenté sociale, veiller à la bonne application de la loi ouvrant l’adoption aux couples de même sexe et sensibiliser les organismes d’adoption, afin d’éviter les refus sur la seule base de l’homoparentalité”. Dans le même cadre, notons sa volonté de “conclure des accords bilatéraux avec les pays d’origine acceptant qu’un enfant issu de cet État soit adopté par des couples homosexuels en Belgique”. Plus largement, le Parti Socialiste souhaite “soutenir une proposition de résolution au Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies pour une dépénalisation universelle de l’homosexualité et développer des projets dans les pays où l’homosexualité est pénalisée, réprimée et/ou stigmatisée”, en accordant une attention spécifique aux nouveaux États membres de l’Union européenne, et enfin mettre en place un statut de protection pour les demandeurs d’asile homosexuels.

Michel Thomé

 

26 avril 2007

Remaniements dans le conseil d'administration d'Alliàge :

Président : Michel Granados
Vice-président : Thierry Delaval
Vice-président : Alexandre Wanet
Secrétaire : David Tong
Trésorier : Michel Granados
Administrateur : Francis Lamberg

 

Mai 2007 : éditorial

Le mois de mai est sans aucun doute le plus riche en événements pour les lesbiennes et les gays belges. C’est en effet celui où a traditionnellement lieu la Belgian Lesbian and Gay Pride à Bruxelles. Mais c’est également, depuis quelques années, celui où l’on célèbre la Journée Mondiale de Lutte contre l’Homophobie, à date fixe (le 17, pour être précis). Comme chaque année, Alliàge témoigne d’un dynamisme hors pair pour donner à ce mois de mai toutes les couleurs de l’Arc-en-Ciel : outre notre participation au défilé du 12 mai, sur notre traditionnel autobus à impériale, nous avons mis les petits plats dans les grands pour proposer une série d’activités culturelles et récréatives, réunies sous la bannière des “Semaines Arc-en-Ciel 2007”. Vous trouverez le détail de ces activités dans nos pages “Agenda”. Également dans cette édition, pour votre information, nous vous reproduisons le texte intégral de la réaction que nous avons formulée par voie de presse aux déclarations incendiaires de Monseigneur Léonard, il y a quelques semaines déjà :

Alliàge asbl dénonce les propos homophobes de Mgr Léonard
L’association liégeoise de gays et lesbiennes Alliàge s’indigne vivement des propos tenus par Mgr Léonard dans l’interview accordée à l’hebdomadaire « télé moustique » du 4 avril dernier, et abondamment relayés par d’autres medias.

Traditionnellement, l'approche de Pâques est un moment privilégié d'expression du clergé. Mais au lieu de la trêve attendue, force est de constater que, impulsé par Rome, on assiste cette année aux prémices d'une nouvelle croisade visant à restaurer l'ordre ancien, et balayer la doctrine sociale de l'église issue de Vatican II. Qui mieux, à l'intérieur de l'Eglise belge, que Mgr Léonard pouvait incarner cette tendance ? Ce champion local de l'actuel Saint-Père, ce prosélyte des mouvements catholiques les plus conservateurs, se sent aujourd'hui pousser des ailes. Il n'a pas tort si l'on en juge par les réactions timorées de Malines, pourtant défiée dans ses prises de positions habituellement plus nuancées. Place donc au nouveau héraut qui se rêve déjà Archevêque et Prince de l'Eglise. Il annonce son programme. Quelques significatives notes du moins, qui ne feront ni vibrer les grandes orgues ni scintiller aucun vitrail flamboyant en cette semaine pascale : retour à l'obscurantisme, paroles - travesties - de Freud à l'appui.

Ses opinions sur les sujets éthiques ou moraux tels que l’euthanasie, qu’il juge inutile, ou l’avortement, qu’il estime antidémocratique, franchissent la limite du tolérable lorsqu’il se prononce sur les homosexuels, qu'il qualifie d'anormaux. Il aura beau s'en défendre, c'est une condamnation sans appel.

Alors que la Belgique est un pays phare en matière de lutte contre la discrimination envers les lesbiennes et les gays (ouverture du mariage et de l’adoption, journée de lutte contre l’homophobie, dispositifs juridiques anti-discrimination…), une telle inadéquation avec l’évolution de la société, un tel conservatisme radical ne peuvent que creuser davantage le fossé qui sépare l’Eglise catholique du quotidien des belges : Mgr Léonard ignore-t-il que l’homophobie tue ? Que le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les jeunes, et que le risque du passage à l’acte est très nettement supérieur (de 6 à 13 fois, selon les études) chez les lesbiennes et les gays ? Sous couvert de respect, à défaut d'amour bien compris, cet Evêque là se condamne à répandre le désarroi. Son désarroi ?

Quant à l'usage du préservatif, assimilé selon lui à une partie de roulette russe, on tombe dans l'inqualifiable quand on sait que la santé et la vie de milliers de personnes sont en jeu. Mgr Léonard a-t-il conscience que discréditer l’usage du préservatif et prôner l’abstinence constitue un discours irresponsable, voire criminel ? Que l’évêque de Namur l’accepte ou pas, un préservatif correctement utilisé reste le moyen le plus fiable pour lutter contre la propagation du sida/HIV

Michel Thomé

 

Avril 2007 : éditorial

Alliàge franchit un nouveau cap ! Depuis le 1er mars dernier, le personnel salarié de l’asbl a… doublé : l’équipe s’est en effet enrichie de la présence de Valérie et de Joëlle, respectivement aux postes d’animatrice culturelle et de coordinatrice administrative, chacune à temps partiel. La répartition des tâches de tout le personnel subit ainsi une évolution, en s’accordant à la fois aux ambitions d’Alliàge et à sa mutation naturelle vers une structure de plus en plus institutionnelle. Depuis l’arrivée de nos deux collaboratrices, les projets récurrents les plus importants d’Alliàge, comme la (les) semaine(s) Arc-en-Ciel ou l’Automne Gay 2007 à venir, ont rapidement trouvé une impulsion nouvelle : de nouveaux contacts ont été pris, de nouveaux partenariats ont été menés, de nouvelles idées ont vu le jour, tout en maintenant une continuité avec les programmes des éditions précédentes : ainsi, la Semaine Arc-en-Ciel, (prélude national à la Gay Pride), que nous avons rebaptisée l’an passé, presque en hâte, “Quinzaine Arc-en-Ciel” pour coller à notre ambitieux programme débordant largement du cadre prescrit par nos amis de la BLGP asbl, se trouve cette année affublée d’un nouveau nom que nous espérons plus souple et plus fidèle à l’idée originelle : “Les semaines Arc-en-Ciel”. Une partie du programme est d’ores-et-déjà annoncée dans les pages qui suivent, mais il ne tient pas (encore) compte des partenariats menés avec nos complices habituels comme le CHEL, LaLucarne.org ou Sporty Liège, ni des nouvelles collaborations, comme celles liées avec quatre libraires liégeois qui ont accepté de reprendre l’idée développée avec notre partenaire “historique” La Dérive à Huy, ni celui de la FGTB, qui poursuit son travail de sensibilisation des milieux professionnels à la diversité de genre et/ou d’orientation sexuelle. Nous ne manquerons pas de compléter ces informations par les canaux habituels (les permanences, la newsletter, le site web, l’Allliàgenda…).

Michel Thomé

 

11 mars 2007

Alliàge asbl a un nouveau conseil d'administration :

Président a.i. : Michel Granados
Vice-président : Thierry Delaval
Vice-président : Alexandre Wanet
Secrétaire : David Tong
Trésorier : Michel Granados
Administrateurs : Alain Collette
  Josiane Fassotte
  Gilbert Königs
  Francis Lamberg
  Pierre Philippart de Foy
 

1er mars 2007

Valérie Tosolini et Joëlle Roosens rejoignent Michel Thomé et Jean-Pierre Frisée dans l'équipe de salariés de l'association.

 

Mars 2007 : éditorial

Le mois de mars est traditionnellement celui des Assemblées Générales des associations. Alliàge n'échappe pas à la règle. Les 57 membres effectifs que compte l'asbl auront ainsi l'occasion, ce dimanche 11 mars, de faire le bilan en donnant leur avis sur la gestion de l'association par les administrateurs sortants, et de décider des lignes maîtresses de la politique à mettre en œuvre pour les mois à venir…
Et si nous saisissions cette occasion pour faire découvrir à celles et ceux parmi vous qui n'êtes pas membres effectifs quelques aspects concrets de notre organisation, en dévoilant avec un peu d'avance quelques chiffres parmi les plus significatifs* ? Saviez-vous par exemple que pour les trois années écoulées, Alliàge a compté une moyenne annuelle de 235 membres adhérents ? La majorité de ces membres vient de la Ville de Liège (48%), puis successivement de la Province (46%), du reste de la Belgique (5%) et même de l'étranger (1%) ! Quant aux activités, les plus connues sont nos huit "tea dances" annuels, notre ciné-club Imago (14 films, dont une avant-première nationale en 2006) et la Quinzaine Arc-en-ciel (expos, théâtre, littérature, débats, cinéma…) en prélude à la Gay Pride du mois de mai. Depuis quelques années, Alliàge participe activement à de nombreuses activités comme la nocturne des Coteaux, Retrouvailles ou Gay Street Avroy, ou organise des événements comme, le 10 novembre, le colloque "Adoption, une loi et après ?" ou "prenez la liberté de mettre un préservatif", le 1er décembre. Notre médiathèque a pour sa part été accessible 94 jours en 2006, et s'est enrichie de 44 livres et 43 revues. Elle a également reçu 5 auteurs lors de 3 animations littéraires. Notre "café associatif" ouvert à toutes et tous a accueilli 62 permanences conviviales, dont 11 avec repas, et 11 réservées aux filles (le groupe "les Gazelles"). Citons également les quelques 11 balades, le voyage en France… Mais aussi la visite de Liège par deux associations étrangères.
Alliàge ne serait rien sans l'investissement personnel de ses nombreux bénévoles : nous avons pu compter sur plus de 70 volontaires actifs dans l’accueil des nouveaux venus, la cellule de réflexion et d'action politiques, l’équipe animation, ou qui simplement prêtent main forte lors des thés dansants. Toutes et tous ont contribué cette année encore à développer un programme copieux d'activités variées. Enfin, notre action a pu s'appuyer sur d'autres associations (une quinzaine cette année ont travaillé en réseau avec nous), sur les commerçants (23 nous ont soutenu d'une manière ou d'une autre en 2006) et sur le monde institutionnel (Alliàge est en effet soutenu par la Ville de Liège, la Province de Liège, la Communauté française et la Région wallonne). Citons enfin notre site internet bourré d'informations, et ses 161.544 pages visitées cette année… Alors, si vous êtes tentés par l'aventure "Alliàge", n'hésitez pas à vous investir ! Tout renseignement complémentaire peut-être obtenu sur notre site www.alliage.be ou au 04/223.65.89.

*Chiffres donnés à titre indicatif. Seuls ceux évoqués lors de l’AG font foi.

Michel Thomé

 

L'anti-discrimination en question
(édito février 2007)

Un jeune gantois a récemment décidé de porter plainte contre le Premier ministre Guy Verhofstadt et contre Christian Dupont, Ministre de l’Intégration sociale. Il les estime en effet responsables du retard pris dans l’introduction des arrêtés royaux relatifs à la Loi anti-discrimination de février 2003, en l’absence desquels il est notamment impossible de récolter des preuves matérielles de discrimination. Interpellé par les Parlementaires à ce sujet, M. Verhofstadt a annoncé qu’un accord était intervenu au sein du Gouvernement, et qu’un nouveau projet de loi modifiant la loi de 2003 était sans doute “la” solution. En réalité, ce projet n’est pas tout à fait neuf, même si son dépôt est quant à lui tout récent. Et pour être exact, il s’agit non pas d’un seul mais bien de 3 projets de loi, visant à réformer en profondeur l’arsenal belge “anti-discrimination”. En effet, même si notre pays dispose d’une législation importante en cette matière, une réforme est nécessaire et urgente. Nécessaire depuis l’arrêt de la Cour d’arbitrage du 6 octobre 2004, qui a annulé partiellement la loi du 25 février 2003 suite à un recours déposé par le VB, mais aussi parce que la Commission Européenne estime que certaines de ses dispositions ne sont pas correctement transposées en droit belge. Et elle est urgente pour répondre à l’insécurité juridique actuelle causée par l’arrêt de la Cour d’Arbitrage, et parce que la date limite de transposition des directives européennes est très proche, voire dépassée. Les objectifs de cette réforme sont d’aboutir à une meilleure coordination entre les dispositifs de lutte existant en droit fédéral, à une meilleure clarté dans la répartition des compétences, et à améliorer l’effectivité des dispositifs, en les rendant plus clairs et plus “pédagogiques”, tout en veillant à la conservation de l’acquis. Les 3 lois, quasi identiques, mais portant pour la première sur le volet “racisme”, pour la deuxième sur le volet “genre”, et pour la troisième enfin sur les autres discriminations, n’ont pas été fondues en un seul texte pour une simple question de lisibilité : les obligations découlant de la bonne exécution des directives communautaires ou du droit international se construisent parfois de manière différente. En conclusion, l’effet le plus sensible de cette vaste réforme sera sans nul doute l’absence de... discrimination entre les discriminations.

Michel Thomé

 

Prenez la liberté de mettre un préservatif...
(édito décembre 2006)

Un quart de siècle a passé depuis que les premiers cas de sida ont été identifiés. En vingt-cinq ans, cette maladie a fondamentalement changé la face du monde en tuant plus de 25 millions de personnes et en bouleversant complètement le développement de certains pays. En 2006, on estime que près de quarante millions de personnes vivent avec le VIH (virus de l’immunodéficience humaine)… Ce qui était à l’origine considéré comme un “cancer gay” s’est révélé, dès 1983, transmissible également par voie hétérosexuelle, mais aussi par voie sanguine (drogues injectables, transfusion…), et de la mère à l’enfant pendant la grossesse et à la naissance. En 1988, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) choisit la date du 1er décembre comme Journée mondiale de lutte contre le sida. L’Assemblée générale des Nations Unies exprime sa vive préoccupation devant cette pandémie en décidant immédiatement d’instaurer dans la durée cette journée du 1er décembre. Lors de l’édition 1995, l’ONU décide de créer un programme spécifique destiné à coordonner l’action des différentes agences spécialisées dans la lutte contre le sida : ONUSIDA. Chaque année, cet organisme publie un rapport comportant notamment la situation de tous les pays du monde, sous la forme d’estimations clés et d’échantillons d’indicateurs décrivant la situation de la pandémie du VIH, ainsi que des ripostes locales mises en place. Depuis 1988, qui fait office d’année de référence, le nombre moyen de nouvelles infections au VIH diagnostiquées en Belgique est de +/- 3 par jour. En 2005, l’estimation du nombre de personnes vivant dans notre pays avec le VIH est de 19.000 (Source : Institut de Santé Publique Louis Pasteur). On pourrait croire que les nombreuses campagnes de prévention orchestrées dans notre pays ont eu l’impact nécessaire pour réduire d’année en année le nombre de cas diagnostiqués, mais il n’en est rien, et c’est même tout le contraire qui se passe : contre toute attente, l’année “record” du nombre de nouvelles infections est 2005, avec 1066 nouveaux diagnostics. Si l’on compare avec 2004, on compte 6,6% de cas en plus. C’est d’autant plus préoccupant si l’on sait que l’année du précédent record était… 2003. Qu’on l’admette ou pas, le sida nous concerne tous, sans distinction d’âge, de sexe, de statut social, d’origine ethnique ou d’orientation sexuelle. Même s’il se soigne mieux, il ne se guérit toujours pas, et le préservatif reste le seul moyen de protection efficace lors des relations sexuelles : il reste en effet une technique vitale de prévention. Malheureusement, de nombreux hommes, hétérosexuels comme homo- ou bisexuels entretiennent des attitudes négatives face à la capote, estimant notamment que son utilisation limiterait le plaisir et/ou entraverait l’intimité sexuelle entre partenaires réguliers. Cependant, une promotion soutenue et déterminée du préservatif peut concourir à dépasser ces types de résistances. La distribution massive (et gratuite) de préservatifs a ainsi permis, dans certains pays, de réduire de façon significative l’incidence de la pandémie. Contrairement aux craintes souvent exprimées ou aux stéréotypes courants, des recherches poussées n’ont pas trouvé de corrélation entre une éducation sexuelle incluant la promotion du préservatif et une augmentation de l’activité sexuelle. Le préservatif masculin est donc devenu l’objet de ce que l’on peut appeler le “marketing social” : la prévention doit être rendue visible. C’est dans cet esprit que certaines manifestations ont vu le jour ces dernières années, sous la forme de pose de préservatifs géants. Ainsi, le 1er décembre 1993, une capote de 30 mètres est déroulée sur l’obélisque de la Place de la Concorde à Paris à l’initiative de l’association Act Up qui, à la même occasion rebaptise symboliquement la place “Place des morts du Sida”. Douze ans plus tard, le secrétaire à la Santé du Gouvernement argentin prend une initiative similaire sur l’obélisque de Buenos Aires par la nécessité de “ne pas baisser la garde” devant la menace du sida qui touche plus de 120.000 personnes en Argentine. Cette année, Alliàge a décidé, en collaboration avec l’asbl “D’une certaine gaieté”, Sid’Action - Pays de Liège et le Centre de Référence Sida - CHU de Liège, de monter un projet semblable sur le symbole des libertés des liégeois : le Perron.

Michel Thomé (Sources : ONUSIDA)

Dessin précurseur et visionnaire reproduit avec l’aimable autorisation de son auteur, Edmond “POGO” Thonnard

 

L'adoption : une loi, et après ?
(édito novembre 2006)

L’ouverture de l’adoption aux couples de même sexe est une incontestable réussite à la fois sur le plan du militantisme, du symbole et de l’évolution des mœurs, personne ne peut le nier. Mais si cette avancée constitue une réponse à beaucoup de demandes, elle soulève également beaucoup de questions tant il est difficile de mesurer, à l’heure où les premières demandes vont arriver, toutes les implications que son application concrète suppose... Si l’on compare à notre précédent combat (je parle bien sûr de l’ouverture du mariage), les contours de cette loi et ses modalités d’application sont en effet beaucoup plus complexes à cerner. Soucieux d’anticiper les questions qui ne manqueront pas de se poser, mais aussi de développer la prise de conscience d’une réalité de la société, Alliàge a décidé de susciter la réflexion en organisant, en collaboration avec le Conseil d’Arrondissement de l’Aide à la Jeunesse, un événement abordant cette problématique sous tous les angles en confrontant les points de vue, les idées et les interrogations des nombreux acteurs intervenant à un moment ou un autre dans la procédure d’adoption (voir détails en pages intérieures). La formule que nous avons choisi de développer est triplement originale : en premier lieu, nous avons décidé de ne pas proposer de partie académique ou d’exposé magistral, mais plutôt une forme dynamique de confrontation constructive et spontanée entre les intervenants et le public, et sans doute aussi des intervenants entre eux puisque nous avons scindé le large panel sollicité en cinq groupes pour qui les interrogations et les priorités ne sont pas forcément les mêmes. Deuxième originalité : notre Maison Arc-en-Ciel elle-même interviendra dans le schéma de la journée, puisque nous avons décidé d’utiliser sa configuration particulière pour créer une dynamique supplémentaire : les cinq groupes seront en effet disséminés dans cinq pièces différentes, et l’itinéraire à suivre pour passer d’une pièce à l’autre sera doublé d’une exposition composée d’une dizaine de panneaux didactiques abordant le thème du jour sous différents aspects. Enfin, pour que la réflexion puisse perdurer, chaque participant se verra remettre un dossier complet sous formes de brochures et imprimés divers, mais aussi de documents reprenant les priorités de nos intervenants relatives à l’adoption par les couples de même sexe. Ce dossier sera complété ultérieurement par une note d’évaluation, et fera l’objet d’une publication en ligne sur notre site web.

Michel Thomé

 

Les filles à l’honneur !
(édito octobre 2006)

Depuis maintenant 20 ans, les lesbiennes néerlandophones ont “leur” journée, qu’elles appellent lesbiennedag. Pour fêter dignement cette 20e édition, elles ont décidé d’en faire un événement national, et donc d’y impliquer les associations du sud du pays via notre fédération, la FAGL. Cette ouverture mérite d’être saluée. Pour marquer cet anniversaire, le programme est devenu bien plus ambitieux que les années précédentes, puisqu’il ne s’agit plus seulement d’une journée, mais bien d’une semaine… et davantage ! À l’instar de ce qui se fait pour la Belgian Lesbian and Gay Pride annuelle, précédée de la Semaine Arc-en-ciel, le L-Day (ouverture et neutralité obligent, le nom a été anglicisé) qui sera célébré le 4 novembre à Gand est précédé d’une L-week organisée à Anvers, Gand, Louvain, Bruxelles, Mont-St-Guibert et… Liège. Et comme chacun sait qu’à Liège, on ne fait jamais rien comme tout le monde (je pense bien sûr à la semaine Arc-en-Ciel qui devient chez nous une Quinzaine Arc-en-Ciel), les trois associations locales Alliàge, LaLucarne.org et surtout le CHEL ont concocté un programme précédant la fameuse L-Week. Les quatre activités en question sont signalées dans les pages qui suivent par un petit logo « Absolutely lesbian ! » Le programme des autres activités (conférences, soirées, journées pluridisciplinaires…) prévues en dehors de Liège sont disponibles sur le site www.lesbiennedag.be mais aussi à la Maison Arc-en-Ciel, sous la forme d’affiches et de dépliants.

Michel Thomé

 

L'arc-en-ciel sortira-t-il des urnes ?
(édito septembre 2006)

Alliàge s’est donné pour mission la promotion et la défense des droits des gays et des lesbiennes, ainsi que la lutte contre toute discrimination à leur égard (extrait des statuts).

Dans ce cadre, notre action n’est pas seulement de soutenir le vote des lois sur le mariage ou l’adoption, mais aussi de travailler à un meilleur accueil des lesbiennes et des gays au quotidien. Dans ce but, nous avons développé ces dernières années de nombreux contacts avec la Ville de Liège. Un des faits les plus marquants est sans conteste la mise à notre disposition de la Maison Arc-en-Ciel par le Conseil communal liégeois unanime. Notre Comité de parrainage, créé en 2002, réunit d’ailleurs majoritairement des élus locaux, Bourgmestre, Échevins ou Conseillers communaux et témoigne d’un début de relations structurelles de notre association avec les autorités communales. En témoignent également quelques premières initiatives partenariales. Le Bourgmestre de Liège a désigné un agent de liaison entre la police et Alliàge. L’Échevin de l’État civil a été très attentif à nos préoccupations concernant l’accueil des mariages gays à l’Hôtel de Ville. Nous nous inscrivons également dans plusieurs partenariats avec l’Échevinat du Tourisme, pour Retrouvailles ou encore les Nocturnes des Coteaux de la Citadelle. De plus, des relations amicales se sont tissées avec les membres du Comité de parrainage qui n’hésitent pas à nous soutenir lorsqu’on fait appel à eux. Enfin, les assidus des terrasses de la Place du Marché n’auront pas manqué d’apercevoir, tous les ans au moment de la Gay Pride, un drapeau arc-en-ciel flotter au fronton de l’Hôtel de Ville.

Avec la Province, nos relations sont moins abouties. Nous n’avons guère eu que quelques expériences sporadiques, principalement dans le domaine social et de la santé. Notre approche de certains Députés Permanents ne s’est pas révélée très satisfaisante jusqu’à présent. C’est particulièrement dommage dans le domaine de la culture et des loisirs où notre association est pourtant bien présente.

Cette question est également importante dans le mesure où Alliàge n’a pas vocation à limiter son action à la seule ville de Liège, puisque nos membres proviennent de tout l’arrondissement liégeois, voire de toute la province. Manque de sensibilité ou d’intérêt de ce niveau de pouvoir ? Manque de préparation ou de conviction de notre part ? Il nous faudra revenir sur cette question après les élections.

Que souhaitons-nous ? Le 22 mai dernier, Alliàge et le CHEL avaient organisé une conférence-débat sur le thème l’homo dans la cité à laquelle ont participé des représentants des quatre partis démocratiques ainsi que de la société civile.

Plusieurs problèmes ont été soulevés, en particulier la persistance de l’homophobie, l’attitude de la police vis-à-vis des gays et des lesbiennes ainsi que la situation des jeunes homos dans les écoles. La présence d’un représentant de la police fut très appréciée. Il nous a informés des évolutions à ce niveau, notamment grâce à des formations pour les agents données par le Centre pour l’Égalité des Chances et la Lutte contre le Racisme. Du côté de l’enseignement, un Directeur d’école a reconnu la difficulté de faire face au malaise des jeunes homos, soulignant cependant que de plus en plus de professeurs se montrent sensibilisés. Mais les écoles restent encore trop démunies. Appel fut lancé à nos associations pour disposer de relais et de personnes ressources. Plusieurs intervenants du public ont soutenu la proposition d’un parti d’intégrer explicitement la lutte contre l’homophobie dans le cadre de la lutte contre toutes les formes de discrimination. Pour ce faire il a été proposé qu’une compétence échevinale en matière d’égalité soit clairement identifiée au sein du Collège. Cette approche, déjà mise en œuvre à Bruxelles et dans de nombreuses communes de Flandre, n’a pas été partagée par tous les politiques présents. Du côté du public par contre elle a été saluée, d’autant que nos associations soutiennent la plateforme de revendications de la BLGP dont il ne me paraît pas inutile de rappeler ici le premier point : “Toute ville, commune ou province doit désigner un-e responsable (échevin-e ou député-e permanent-e) compétent-e en matière d’éga-lité des chances en faveur des lesbigays. Toute ville, commune ou province doit développer une politique d’égalité des chances en faveur des lesbigays en vue de prévenir la discrimination, tant de la part des administrés que du personnel administratif, de soutenir le tissu associatif lesbigay, d’augmenter la visibilité des lesbigays dans la société et de briser les conceptions dominantes de la sexualité et de l’identité de genre. Il faut enfin prendre en compte les situations vécues par les lesbigays dans toutes les compétences des villes et communes. Nous pensons tout particulièrement à l’organisation de l’enseignement, la politique de police, l’accueil et les soins aux personnes âgées, l’état-civil.

En tant que responsable de la Cellule politique d’Alliàge, j’ai adressé une note au Bourgmestre de Liège reprenant cette revendication et l’incitant à promouvoir et renforcer le partenariat entre la Ville et les associations actives dans les domaines de la lutte contre le racisme, la xénophobie et l’homophobie, en ce compris le soutien à ces dernières et l’élaboration de politiques d’information et de sensibilisation de la population. Le bourgmestre de Liège avait d’ailleurs pris part au débat national organisé par la BLGP le matin de la Gay Pride du 27 mai à Bruxelles, aux côtés de bourgmestres ou de représentants d’autres villes de Belgique.

Il put confronter la situation liégeoise à celles de Bruxelles, Jette, Turnhout, Malines et Namur. Le Bourgmestre de Turnhout a ravi le public en présentant la Note d’orientation relative à une politique communale lesbigay que son Conseil communal a adopté récemment (le Bourgmestre de Turnhout me l’a très gentiment fait parvenir et je la tiens à la disposition de toute personne intéressée). Mais l’expérience liégeoise a été également fort bien accueillie. Si notre Bourgmestre ne s’est pas montré convaincu de l’utilité d’un plan d’action ou encore d’une compétence distincte en matière d’égalité, lui préférant une politique de résolution de problèmes et de partenariat permanent avec les associations, il s’est engagé, du moins au nom de son parti, à promouvoir vis-à-vis des gays et lesbiennes une politique communale en matière d’égalité, à développer des politiques plus actives ciblées sur certains publics tels que les jeunes et les séniors, à renforcer la formation et la sensibilisation du personnel communal ainsi que l’information à la population et à approfondir le partenariat avec Alliàge. Un bon début, me semble-t-il, qu’il conviendra de poursuivre avec le nouveau Conseil communal de Liège, quel qu’il soit. Il pourra peut-être d’ailleurs inspirer d’autres communes de notre région et trouver un écho du côté de la Province. La FAGL, dont Alliàge est membre, adressera par ailleurs en septembre un courrier aux formations politiques de toutes les communes de Wallonie et de Bruxelles pour attirer leur attention sur la situation des gays, lesbiennes, bi et transgenres partout dans l’espace francophone et leur demander des engagements précis dans le cadre des élections.

Alors, un arc-en-ciel au sortir des urnes ? Vous aurez compris le clin d’œil, mais c’est à notre symbole auquel je fais allusion et non à un quelconque pronostic sur les futures coalitions.

Thierry Delaval,
Responsable de la Cellule politique

 

Septembre 2006 : éditorial

C'est la rentrée...
Après un été à la météo un peu particulière qui a donné l'impression de passer directement de juillet à novembre, Alliàge reprend son rythme de croisière...

Comme chaque année à pareille époque, nous participerons à Retrouvailles, saisissant ainsi une occasion privilégiée pour faire connaître notre asbl et ses missions auprès du grand public, mais aussi pour que tous les membres et sympathisants qui le souhaitent se rencontrent dans un cadre autre que celui des permanences, afin de prendre ensemble le traditionnel verre de l’amitié. Il va sans dire que toute bonne volonté sera la bienvenue pour nous aider à faire découvrir notre association aux nombreux visiteurs de “la planète du temps libre”. Dans le même souci de visibilité, nous participerons également à la deuxième édition de Gay Street Avroy qui, malgré son caractère presque exclusivement festif et divertissant, constitue pour nous une autre occasion de rendre notre action visible, mais également de soutenir une initiative plus audacieuse qu’il n’y paraît au premier abord.

Autre rendez-vous que certain(-e)s parmi vous considèrent comme "le" rendez-vous de l'année : le traditionnel rallye touristique préparé de longue date par Gilbert et son équipe. Quant au dernier trimestre 2006, il sera lui aussi riche en activités. En octobre, nous prendrons bien sûr part, comme l'année passée, à la nocturne des Coteaux de la Citadelle. En novembre, une activité spéciale d'information consacrée à l'adoption devrait prendre place dans notre Maison Arc-en-ciel, grâce notamment à la collaboration du Conseil d'Arrondissement de l'Aide à la Jeunesse. Il s'agira concrètement d'une sorte de parcours pédagogique qui permettra aux participants d'aborder les aspects juridiques, sociaux, psychologiques, et même historiques de la récente loi ouvrant l'adoption aux couples de même sexe. Ce projet étant toujours en phase de préparation, nous ne manquerons pas de vous en dire plus dans le prochain Alliàgenda. En décembre, c'est une autre activité exceptionnelle que nous préparons pour la Journée Mondiale de lutte contre le Sida, en collaboration cette fois avec l'asbl d'une certaine gaieté. Ici encore, nous vous tiendrons au courant dans nos prochaines éditions et via nos canaux d'information habituels, comme le panneau d'affichage ou la liste de diffusion notamment.

Michel Thomé

 

Août 2006 : éditorial

SIDA ET IST : PARLONS PROTECTION
La Plate-forme Prévention Sida, qui regroupe les acteurs concernés par la lutte contre cette maladie en Belgique francophone, vient de lancer une nouvelle campagne de sensibilisation particulièrement tournée vers les jeunes. Son slogan est Face au sida, ne comptez pas sur la chance. Protégez-vous. Vous trouverez toutes les infos sur le site www.preventionsida.org. Les derniers chiffres sont à nouveau décourageants. En 2005, plus de 1000 nouvelles infections ont été détectées en Belgique, un peu plus encore qu’en 2004. Depuis 1997, le nombre de nouveaux porteurs du virus s’accroît chaque année, dans notre pays comme ailleurs en Europe. Tout se passe comme si le sida devenait une banalité. Si l’on peut se réjouir que les thérapies permettent aux malades de survivre, on dirait que l’on oublie les souffrances qui accompagnent ces traitements très lourds. Car aujourd’hui encore, il faut le répéter, on ne guérit pas du sida. Les statistiques montrent également que les relations homo- ou bisexuelles non protégées restent dans la population belge une des plus sérieuses voies de contamination. Elle touche principalement les hommes. Une enquête réalisée récemment à la demande de Ex Æquo révèle qu’un gay sur dix est séropositif. Le Conseil d’Administration d’Alliàge veut saisir cette occasion, durant cette période de vacances que l’on sait plus propice à la prise de risques, pour vous sensibiliser une fois encore. Pas question pour nous de faire la morale. Mais il est tellement facile, par l’usage du préservatif, d’éviter cette terrible infection que la recrudescence du sida ne peut nous laisser sans réaction. Les études démontrent aussi que les autres infections sexuellement transmissibles (IST) sont en augmentation, avec une montée sérieuse des cas de syphilis. Là également, le préservatif est le seul mode de prévention efficace dans la plupart des situations. Alors, ne gâchez pas vos vacances avec les gonorrhées ou le chlamydia, l’herpès, l’hépatite B ou C ou encore les condylomes, et plus encore, ne gâchez pas votre vie avec le sida. En nous protégeant, nous protégeons aussi les autres. Toutes ces infections ont des temps d’incubations durant lesquels aucun symptôme n’est visible même si la contagion a déjà eu lieu. Et dans ce cas le porteur de l’infection peut fort bien la transmettre à d’autres sans même le savoir. Par ailleurs, la mode du barebacking semble de plus en plus répandue. Ce terme désigne le fait d’avoir volontairement des relations sexuelles non protégées pour une personne séropositive. Si le partenaire est séronégatif,c’est jouer à la roulette russe avec sa vie. Mais même si le partenaire est séropositif, des risques existent pour l’un et l’autre. Il y a en effet au moins 2 virus du sida. On peut donc se voir contaminer une nouvelle fois par l’autre souche. De plus, si le VIH d’un des partenaires s’est montré résistant au traitement que l’autre partenaire suit, une nouvelle contamination risque bien de provoquer chez ce dernier les mêmes résistances et rendre inefficace son propre traitement. Face à cette situation, il faut cesser de regarder le préservatif comme un obstacle à une relation sexuelle réussie. Alliàge est un lieu où nous pouvons en parler entre nous, échanger nos expériences et nos savoir faire. N’hésitez pas à venir en discuter avec nous. Un autre site fourmille d’informations, de conseils pointus et de témoignages : www.safeboy.net. Alors, passez de bonnes vacances avec préservatifs et lubrifiant dans vos poches, prêts à l’action.

Pour le Conseil d’Administration, Thierry DELAVAL

 

Juin 2006 : éditorial

À l’occasion de la Journée Mondiale de Lutte contre l’Homophobie, la Ministre de l’Égalité des Chances du Gouvernement wallon Christiane Vienne a choisi la Maison Arc-en-Ciel de Liège pour y donner une conférence de presse (voir ci-dessous). La Ministre s’est notamment exprimée par rapport à la problématique du refus, de la part de la Croix-Rouge, de tout don de sang par les homosexuels masculins. On se souviendra qu’en 1998 déjà, Alliàge avait interpellé le Ministre de la Santé de l’époque Marcel Colla (SP) ainsi que la Croix-Rouge de Belgique pour dénoncer ce que nous considérions déjà à l’époque comme une discrimination inacceptable. Deux Présidents de parti étaient intervenus dans le débat, quelques parlementaires s’étaient émus de notre indignation et l’avaient relayée, la presse en avait donné un large écho... Huit ans plus tard, et malgré d’autres importantes vagues revendicatives (notamment en 2002 et 2004), la situation n’a pas changé. Tout récemment, la commission ENPH (Ecolo Nous Prend Homo) a organisé une action symbolique devant le cabinet du Ministre fédéral de la Santé Rudy Demotte (PS). La réponse de son chef de cabinet, Renaud Witmeur, mérite que l’on s’y attarde : “[...] La Belgique ne manque pas de sang. Aucun pays européen ne tolère actuellement les dons provenant d’homosexuels masculins. Il est inacceptable que l’on parle de discrimination” (source : www.lesoir.be). Cependant, d’après la Croix-Rouge elle-même, “on constate que le nombre de donneurs diminue régulièrement d’année en année” et “il n’y a pas d’excédents qui permettraient [à la Belgique] de vendre du sang à l’étranger” (source : www.transfusion.be). Si la Belgique ne manque pas de sang, on ne peut donc pas affirmer que sa situation, en matière de stocks, soit confortable. Quant à l’argument relatif à la situation en Europe, M. Witmeur est mal informé : le Portugal a en effet levé cette interdiction en mars dernier. En Italie, le Président de la région de Vénétie, M. Giancarlo Galan (Forza Italia) est le premier à avoir répondu positivement à l’appel de l’ex-Ministre de la Santé Francesco Storace (Alleanza nazionale) qui a ordonné aux hôpitaux de mettre fin à leur “attitude inacceptable, privée de fondement, diffamatoire et discriminatoire”. D’autres pays pourraient emboîter le pas : en Suède notamment, le premier Ministre Göran Persson (Social-Démocrate) s’est prononcé en faveur de l’autorisation du don de sang par les gays. En France, Jack Lang (PS) ou Jean-Luc Romero (UMP), notamment, ont interpellé le Ministre de la Santé Xavier Bertrand (UMP) pour que l’interdiction soit levée. En Andorre, deux plaintes ont été déposées contre l’Établissement du sang français, dont le petit État dépend en matière de transfusion. Partout, la revendication est la même : il faut faire la différence entre les comportements à risque et l’orientation sexuelle. Alors que le concept de conduite à risque entraîne une exclusion temporaire parfaitement justifiée, le concept de population à risques entraîne une exclusion définitive inutilement discriminatoire, quoi qu’en dise M. Witmeur. La Ministre Christiane Vienne l’a bien compris en qualifiant cette discrimination d’acte homophobe, et en promettant de relancer le débat.

(Michel Thomé)

 

17 mai 2006 : Madame Christiane Vienne, Ministre de l’Egalité des Chances du Gouvernement wallon, en visite à la Maison Arc-en-Ciel de Liège

Réunion de travail avec les associations de Gays et de Lesbiennes de Liège
La Ministre Vienne a choisi le 17 mai, Journée Internationale de la lutte contre l’Homophobie, pour rencontrer les responsables des associations liégeoises actives dans le domaine de la défense des gays et des lesbiennes. Elle était accompagnée par Marie-Claire Lambert, Députée fédérale et Chef de groupe PS au Conseil Communal, dont nous connaissons la constance du soutien à notre égard. Les associations liégeoises présentes étaient Alliàge, le CHEL et La Lucarne. Michel Thomé (Alliàge), Annelore (CHEL) et Francis Lamberg (La Lucarne) ont présenté à la Ministre et aux collaborateurs de son cabinet qui l’accompagnaient, le travail des trois associations. Christiane Vienne a manifesté un franc soutien à nos associations. Dans le cadre de ses compétences elle a souhaité à la fois étudier les moyens de renforcer l’aide qu’elle nous accorde déjà et solliciter notre expérience en matière d’animation de la vie associative homosexuelle. En effet, si les progrès sont indéniables dans la société belge, il existe encore trop de préjugés et de stéréotypes. La Ministre a souligné notamment les difficultés rencontrées dans le milieu du travail, dans l’accès au logement ou encore en milieu rural. Elle déplore en outre les doubles discriminations. Par exemple le cumul d’un faible revenu et de l’homosexualité entraîne une difficulté accrue lorsqu’il s’agit de louer un appartement.

Volonté de soutenir les associations gayes et lesbiennes partout en Wallonie
Elle souhaite donc étendre à l’ensemble de la Wallonie, autant en milieu urbain que rural, l’expérience positive des associations liégeoises. En particulier, l’ouverture de l’autorité communale, comme l’a rappelé Marie-Claire Lambert, est un élément essentiel du partenariat indispensable à une action sociale efficace. La Ministre estime qu’ensemble, la Région wallonne et les associations doivent pouvoir mener des actions dans les domaines de l’information et de la démystification. Elle juge que les pouvoirs publics doivent être en mesure d’imposer la non-discrimination voulue par la loi. Pour ce faire, le travail législatif ne peut suffire. Il doit se poursuivre sur le terrain, en partenariat avec tous les acteurs concernés. Pour Alliàge, Thierry Delaval a souligné que la désignation d’un(-e) Ministre pour l’Égalité des chances était une première dans le Gouvernement wallon, correspondant à une revendication de longue date du mouvement homosexuel belge et a espéré que le Gouvernement de la Communauté française en fasse de même rapidement, tout comme cette compétence devrait être clairement attribuée à un Échevin dans chaque commune et un Député permanent dans chaque province. Les intentions de la Ministre ne peuvent que nous réjouir a-t-il ajouté, et si notre expérience peut servir à l’avenir pour étendre à d’autres communes de Wallonie le secteur associatif homosexuel, nous serons tout à fait disponibles pour coopérer à cet objectif. La Ministre a ensuite fait la visite de la Maison Arc-en-Ciel et a écouté nos objectifs en matière d’aménagements.

Don de sang : l’attitude de la Croix Rouge est inacceptable
En conférence de presse, la correspondante du mensuel Têtu a soulevé la question du refus par la Croix-Rouge du don de sang par les personnes homosexuelles. Plusieurs intervenants ont expliqué à quel point cette mesure était ressentie comme une véritable discrimination par les homosexuels. Il y a une confusion irrationnelle entre mode de vie et comportement à risque. La Ministre Vienne a jugé cette interdiction inacceptable. Cette attitude ne peut selon elle que stigmatiser une population et il est important de ne pas rester sur des a priori qui figent les choses. Elle s’est dite disposée à interpeller le Ministre fédéral de la Santé et a promis de suivre ce dossier de près.

Thierry DELAVAL
Responsable de la Cellule politique

>> http://vienne.wallonie.be

 

Mai 2006 : éditorial

L’agenda de ce mois est d’une densité exceptionnelle, à l’image de notre actualité : comme chaque année à pareille période, Alliàge propose en effet une série d’activités culturelles et récréatives réunies sous la bannière “Quinzaine Arc-en-Ciel liégeoise”, en collaboration avec le CHEL et LaLucarne.org. Cet ensemble de manifestations constitue le prélude à la Belgian Lesbian and Gay Pride. Fidèle à sa tradition, Alliàge participera au défilé dans les rues de Bruxelles sur un autobus à impériale. Nous invitons tous nos membres, sympathisants, leurs amis et familles à nous rejoindre pour faire la fête. Car il s’agira bien de fêter dignement cette nouvelle avancée majeure dans les revendications du mouvement associatif gay et lesbien qu’est l’ouverture de l’adoption aux couples de même sexe : le 20 avril dernier, l’assemblée plénière du Sénat a en effet approuvé par 34 voix pour, 33 contre et 2 abstentions le projet de loi venant de la Chambre en rejetant un par un les 39 amendements déposés. L’amendement le plus controversé était sans doute l’un de ceux qu’avait déposés la liégeoise Christine Defraigne, chef du groupe MR : il visait à restreindre la faculté d'adopter aux seuls cas où il existe un lien biologique entre l'enfant et un des deux partenaires de même sexe. Il faut savoir que l’acceptation d’un seul amendement aurait renvoyé le texte à la Chambre pour un nouveau vote, ce qui aurait eu pour conséquence de prolonger encore un parcours législatif déjà bien long, avec un risque non négligeable d’enlisement. Le vote a été très serré : les onze sénateurs PS, les douze sp.a-Spirit, les deux Ecolo et la sénatrice indépendante Amina Derbaki Sbaï (ex-FDF) ont voté pour tandis que les neuf MR présents, les trois cdH, les neuf CD&V, les huit Vlaams Belang, l’unique Front National ainsi que les sénateurs indépendants Hugo Coveliers (ex-VLD), Francis Detraux (ex-FN) et Luc Paque (ex-cdH) ont voté contre. Les libéraux flamands du VLD étaient partagés : huit ont voté pour, et deux se sont abstenus (Annemie Van de Casteele et Patrick Vankrunkelsven). Les sénateurs Marc Wilmots (MR) et Pierre Chevalier (VLD) étaient pour leur part excusés. Le vote de ce jeudi 20 avril est définitif, mais il faudra encore attendre la sanction royale et la publication au Moniteur belge pour que la Loi soit effectivement applicable. Alliàge s’est naturellement réjoui de ce vote et l’a fait savoir par voie de communiqué de presse (voir ci-dessous).

(Michel Thomé)

 

21 avril 2006 : Communiqué de presse

Ouverture de l'adoption aux personnes de même sexe : une avancée sociale et un message de tolérance au reste du monde

Alliàge, association de défense et d’entraide des gays et des lesbiennes en région liégeoise, se félicite du vote intervenu hier au Sénat en faveur de la proposition de loi autorisant l’adoption par les personnes de même sexe. Celui-ci clôture la procédure législative et ouvre la porte à la promulgation définitive de la loi.

Après l’adoption du projet à la Chambre le 1er décembre dernier, l’évocation par le Sénat était apparue comme une ultime manœuvre pour tenter de faire échouer le projet. Alliàge se réjouit d’autant plus qu’une majorité de membres du Sénat se soit mobilisée pour déjouer ce scénario.

Avec l’ensemble des associations homosexuelles du pays, nous sommes heureux de voir enfin l’aboutissement d’un combat de près de 15 ans. La loi adoptée hier ne fait en effet que compléter la loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe de 2003 qui n’avait pu être adoptée qu’en excluant l’adoption.

Plus qu’un projet éthique, il s’agit d'une avancée sociale importante. Désormais, il deviendra possible pour les enfants vivant dans des familles homoparentales de bénéficier de la sécurité qu’offre la protection entière de deux parents, comme c’est le cas des autres enfants. La procédure d’adoption permettra aussi d’instituer la coparentalité lorsqu’un enfant naît, par exemple, d’une insémination artificielle au sein d’un couple de femmes.

Alliàge se réjouit également que le législateur ait renoncé à exclure l’adoption d’enfants autres que ceux ayant un lien biologique avec l’un des deux parents. Restreindre l’adoption aux enfants nés par exemple d’une relation précédente dans le seul cas des couples homosexuels n’aurait conduit qu’à déplacer la discrimination introduite par la loi sur le mariage de 2003.Si l’adoption d’enfants belges ou étrangers se heurtera encore a de nombreux obstacles, elle reste cependant dans certaines situations la seule perspective à terme pour les couples homosexuels d’un jour accueillir des enfants en situation de détresse. Symboliquement, notre pays lance aussi au reste du monde un message de tolérance et d’ouverture dont nous pouvons être fiers.

(Thierry Dalaval - Responsable de la Cellule Politique )

 

Avril 2006 : Éditorial

Adoption internationale : résistances au Sénat

La procédure d’adoption de la loi ouvrant l’adoption aux personnes de même sexe se poursuit. Après le vote à la Chambre le 1er décembre 2005, le Sénat a usé de son droit d’évocation. Le délai initial de 60 jours pour l’examen au Sénat a été prolongé de 30 jours supplémentaires. Une nouvelle étape a été franchie le 7 mars. La Commission de la Justice a en effet adopté le texte de la Chambre par 9 voix contre 8, repoussant ainsi des amendements qui auraient affaibli le texte, voire l’auraient purement rejeté.

Reste au Sénat à se prononcer en assemblée plénière. Ce vote devrait intervenir le 20 avril. Il faut savoir que si le projet de loi adopté par la Chambre est voté tel quel par le Sénat, le texte est définitivement adopté et soumis à la sanction royale. Par contre, s’il est modifié d’une quel- conque manière, la Chambre doit voter à nouveau. Au minimum, cela entraînerait un nouveau retard, ce qui n’est pas sans risque à l’approche d’une période électorale.

Il apparaît clairement que certains mouvements politiques tentent de jouer cette course contre la montre pour empêcher le texte d’être voté sous cette législature et obliger de reprendre tout à zéro. Passons sur cette initiative assez ridicule de deux sénateurs MR (Jean-Marie Cheffert, particulièrement acharné contre le projet, et Jihane Annane) de soumettre le sujet à un référendum national, politiquement contraignant. La Commission de la Justice l’a rejetée.

Plus sérieuse est la volonté d’un ensemble de sénateurs de déposer un amendement en séance plénière qui exclu- rait du projet de loi l’accès à l’adoption internationale. Même si l’intention évidente est d’obliger la Chambre à réexaminer le texte et d’offrir une nouvelle opportunité d’évocation au Sénat pour bloquer l’adoption de la loi, les arguments méritent d’être examinés. On retiendra en gros que, selon eux, il ne faut pas laisser croire aux homosexuels qu’ ils pourront adopter des enfants d’origine étrangère car la plupart des pays “donateurs” s’y opposent. Mais aussi, cette disposition nuirait à la confiance des ces pays vis-à-vis de la Belgique et aurait des répercussions négatives sur les adoptions par les hétérosexuels.

Ces arguments sont dérisoires. D’une part nous savons bien qu’il ne faut effectivement pas se faire beaucoup d’illusions sur la possibilité pour des couples homosexuels d’adopter des enfants étrangers, du moins pour l’instant. La loi ne changera pas du jour au lendemain les garanties exigées par les pays d’origine des enfants. Mais il est important qu’au niveau belge notre législation soit ouverte à des évolutions futures, ou que les organismes d’adoption puissent progressivement se tourner vers d’autres pays plus ouverts. De plus, l’argument de la réaction d’autres États pour bloquer une avancée dans notre pays est un comble. Comment justifier de laisser subsister une discrimination en Droit belge sous prétexte que cela serait fort apprécié en Chine, en Bolivie ou au Mali ? Ces sénateurs ont une étrange conception de la souveraineté nationale qu’ils sont pourtant censés incarner.

Quant à une possible réaction de rétorsion elle est purement fantaisiste dans la mesure où un État ne recourt à l’adoption de ses ressortissants que dans des situations de nécessité absolue, privilégiant d’abord, et c’est heureux, toute autre solution à l’intérieur de son propre pays. Dès lors qu’ils auront les garanties suffisantes, l’adoption par des couples hétérosexuels ne sera pas remise en question. Dans les faits, certains pays s’opposent déjà aux adoptants isolés pour cette raison, sans que cela ne freine l’adoption par des couples hétérosexuels.
(Thierry Dalaval - Responsable de la Cellule Politique )

 

22 mars 2006

Alliàge asbl a un nouveau conseil d'administration :

Président : Michel Granados
Vice-présidente : Catherine "Katy" Frère
Vice-président : Pierre Philippart de Foy
Secrétaire : David Tong
Trésorier : Alain Collette
Administrateurs : Thierry Delaval
  Josiane Fassotte
  Francis Lamberg
  Gilbert Königs
  Alexandre Wanet

 

Mars 2006 : Éditorial

Au nom de la philosophie naturelle

Il y a quelques jours, le 22 février, les maires de Paris, Londres, Berlin et Moscou se sont réunis en sommet. Le maire de Moscou, Youri M. Loujkov, interrogé sur son attitude vis-à-vis de la prochaine gay pride qui doit se tenir dans cette ville, moyennant son autorisation, a répondu à la presse avoir une attitude négative face à l'homosexualité selon (sa) philosophie naturelle (Têtu.com du 23 févier). Après la Pologne (voir l'édito du mois dernier), la Russie affiche clairement son homophobie et ce devant les maires ouvertement homosexuels de Paris (Bertrand Delanoë) et Berlin (Klaus Wowereit). Bien évidemment, ces deux derniers ont pris leur distance expliquant que l'homosexualité n’est pas contre nature.

Que deux des plus grandes villes d’Europe aient des maires vivant ouvertement leur homosexualité, ce qui ne les a pas empêchés d’être élus, montre l'évolution positive des pays occidentaux. Mais l’attitude du maire de Moscou est probablement encore très répandue, y compris parmi les personnalités politiques de notre pays. À l’approche des élections communales et provinciales, il me paraît important de répéter qu'Alliàge n'admettra pas de telles prises de position sans réagir. Le pouvoir communal est celui le plus proche des gens. Il est donc essentiel pour le bien être des gays et des lesbiennes que les communes s'engagent à les accueillir comme tous les autres citoyens. Dans le cadre de l’animation de leur ville, certaines administrations communales françaises, ont élaboré avec les associations LGBT et les commerçants (entre autres) des chartes gay friendly. Cette initiative paraît intéressante. Par ailleurs, ce sont me semble-t-il, les écoles ainsi que les services d’état civil et de police qui sont les plus concernés. Alliàge reviendra sur ces questions dans les mois à venir. Je vous signale dès à présent que le thème de la prochaine gay pride, le 27 mai, sera consacré à cette problématique. Cette année, nous défilerons en effet sous le slogan DiverCity.

Pour répondre au maire de Moscou, j’emprunterai le raisonnement du Docteur Yves Ferroul (Médecins et sexualités, Ed. Ellipses, 2002). Les jambes sont faites pour marcher, dit-il, mais est-il contre nature, et donc répréhensible moralement, de les utiliser pour nager ? Il poursuit en expliquant que l'expression contre nature a constamment changé de sens durant les siècles. Pour le philosophe grec Sénèque, l'homosexualité était contre nature parce qu'elle était un comportement trop raffiné comme de prendre un bain chaud plutôt qu'un bain froid. Saint-Augustin estime qu'il est contre nature de dégrader le corps d'un homme au niveau de celui de la femme. Heureusement, les féministes ont mis fin à cette vision de la supériorité de l'homme sur la femme. Au Ve siècle, Salvien de Marseille tient un raisonnement proche. Ce qui est contre nature, c’est le comportement hyper viril de l'homosexuel qui ne se contente pas de dominer une femme et cherche à dominer un autre homme. Enfin, depuis le XIXe siècle, c'est plutôt la condamnation d’une activité sexuelle non reproductive qui est dénoncée par cette expression. Toutes ces définitions apparaissent au- jourd'hui vides de sens. Au contraire, selon Y. Ferroul, l'humanité s'enrichit de toutes les expériences et dans ce cadre l'homosexualité n'est qu'une simple variante comportementale dans laquelle cette prétendue philosophie naturelle n'a rien à voir.
(Thierry Dalaval)

 

Février 2006 : Éditorial

Le Parlement européen réuni à Strasbourg a voté, mercredi 18 janvier, une résolution importante contre les discriminations homophobes. Il a ainsi clarifié sa position tout en interpellant la Commission. Cette dernière n’a en effet rien fait pour sanctionner deux “nouveaux” États membres qui ont récemment adopté des législations particulièrement hostiles aux lesbiennes et aux gays : la Pologne, qui a interdit les Gay Prides 2005 à Varsovie et Poznan (Lech Kaczyński, le Président polonais, se déclare ouvertement “partisan de la tolérance mais opposé à la propagation de l’orientation gay”), et la Lettonie qui a promulgué le 21 décembre dernier un amendement à sa Constitution précisant que “le mariage ne peut être que l'union d'un homme et d'une femme”. Le texte adopté par les eurodéputés condamne ces répressions homophobes. Il réaffirme aussi que “les partenaires de même sexe doivent jouir du même respect, de la même dignité et de la même protection que le reste de la société”. Il condamne fermement toute discrimination sur la base de l'orientation sexuelle et réclame à la Commission européenne de “garantir la liberté de mouvement des citoyens et de leurs familles ainsi que de leurs partenaires ayant contracté une union civile”, même dans les pays où une telle union n'existe pas. Enfin, il demande de reconnaître les homosexuels comme victimes du régime nazi, et appelle à l’organisation d’un séminaire sur “l’échange de bonnes pratiques” le 17 mai prochain, date de la Journée mondiale contre l'homophobie. Cette résolution historique a recueilli l’approbation de 468 eurodéputés et l’opposition de 149 d’entre eux, issus principalement des droites italienne et polonaise. 41 se sont abstenus. Côté belge, 1 seul a voté contre : le Vlaams Belang Philip Claeys. 3 étaient ab- sents et les 20 autres ont voté pour. La résolution a été transmise à la Commission, aux Gouvernements des États membres et aux pays adhérents et candidats.
(Michel Thomé)

 

8 Novembre 2005 : Lettre aux Députés

Monsieur le Député,
Madame la Députée,

En tant que responsable de la Cellule politique d'Alliàge, l'association liégeoise gaye et lesbienne la plus importante de Wallonie, j'ai l'honneur de vous faire parvenir en pièce jointe une brève contribution au débat sur l'ouverture de l'adoption aux couples de même sexe.

Alliàge et ses 230 membres sont en effet très attentifs aux travaux parlementaires sur cette proposition de loi et aux échos dont la presse a rendu compte. Il nous a semblé que certaines dimensions de la question, en
particulier la dimension sociale, étaient fort peu présentes. Aussi, plutôt que de reprendre une fois encore les arguments des défenseurs de ce projet, que par ailleurs nous partageons, il nous a paru utile de vous faire part de notre réflexion sur cette dimension, dans l'espoir qu'elle contribuera à compléter votre propre perception des enjeux importants de cette évolution
législative pour des milliers de citoyens belges.

Vous remerciant d'avance pour votre attention, nous restons à votre disposition et vous prions de croire, Monsieur le Député, Madame la Députée, à l'assurance de notre parfaite considération.

Pour Alliàge a.s.b.l.
Thierry DELAVAL
Responsable de la Cellule politique

Adoption par les couples de même sexe : question éthique ou progrès social ?

Au moment de la reprise des travaux de la Chambre sur le projet de loi ouvrant l’adoption aux couples de même sexe, il est utile de rappeler le contexte global dans lequel ce projet s’inscrit. Davantage qu’une question éthique – peut-on valablement assimiler sous cette appellation fourre-tout des sujets aussi divers que la biotechnologie des cellules souches et l’homoparentalité – il convient d’aborder ce projet sous l’angle du progrès social.

Lorsqu’en janvier 2003 la Belgique a ouvert le mariage aux personnes de même sexe, elle a posé un acte pionnier dans les vastes champs de l’histoire politique de l’émancipation sociale et des libertés individuelles. On sait que pour l’essentiel, le mouvement d’émancipation sociale qui a parcouru le 20ème siècle a visé à corriger la conception restrictive de l’ordre social issue du 19ème siècle, dont les institutions du mariage et de la famille constituent des dimensions centrales. L’émancipation de la femme, l’égalité des droits, le droit du divorce, la dépénalisation de l’avortement, sont autant d’évolutions qui ont permis d’assouplir un modèle trop rigide. Ces avancées légales n’ont pas été reçues unanimement à l’époque de leur instauration. De plus, certaines ont dû être accompagnées ou corrigées, par exemple par l’instauration de la pension alimentaire. Mais aujourd’hui, force est de reconnaître qu’elles étaient de nécessaires adaptations de nos vieux modèles et que, s’il s’en trouvent transformés, cela même les a pérennisés.

Le mariage entre personnes de même genre (expression préférable à celle de la loi, le sexe n’étant qu’une des dimensions du genre – masculin ou féminin), maintenant installé dans notre droit civil, s’inscrit dans ces évolutions nécessaires. On peut aujourd’hui faire le constat qu’il n’a pas ébranlé l’ordre social. Au contraire, il a permis l’intégration d’un plus grand nombre d’individus dans la société belge, remarquablement ouverte au progrès social, à la défense des libertés individuelles et à la multiculturalité.

Si celui-ci n’a pas fait vaciller l’institution du mariage, il est tout aussi irrationnel de craindre que l’homoparentalité puisse ébranler l’institution familiale. De la même façon, elle va au contraire l’enrichir, signe d’une société belge remarquablement plurielle et combien vivante. N’est-il pas déjà perceptible sur la scène internationale que la Belgique s’est hissée parmi les pays les plus novateurs en matière de modèle de société et n’a plus guère à envier la réputation des Pays-Bas ou des pays scandinaves ?

Plusieurs évènements récents ont montré que la société belge est prête à cette nouvelle évolution au cœur de nos libertés fondamentales. On se rappellera les conclusions favorables en la matière des États généraux des Familles organisés de novembre 2003 à avril 2004 par l’ancienne Secrétaire d’État à la Famille Isabelle Simonis. La récente prise de position de la Ligue des Familles en faveur de l’homoparentalité est tout aussi remarquable. Mais à ceux qui doutent de la légitimité de cercles qui pourraient leur paraître trop restreints, il convient également de souligner deux appuis de masse.

Le premier est incontestablement la Gay Pride du 7 mai 2005. On oublie parfois que la Gay Pride, organisée chaque année à Bruxelles est d’abord un événement social et politique. Elle est l’initiative conjointe de tout le mouvement associatif gay et lesbien du pays et est avant tout l’occasion d’adresser un message aux responsables politiques et à la société civile. En mai dernier, 25.000 personnes ont ainsi soutenu la revendication centrale de la Gay Pride, qui était précisément l’ouverture de l’adoption aux couples de même sexe. C’est dix fois plus que les deux contre-manifestations qui ont eu lieu à Bruxelles les 10 et 17 septembre.

Le second montre un soutien plus large encore. Le sondage paru dans La Libre du 30 juin 2005 sur diverses questions éthiques d’actualité faisait apparaître une grande maturité de l’opinion publique vis-à-vis de ces questions. En particulier concernant « l’adoption par les gays », selon les termes utilisés dans ce journal, le sondage révèle que 46 % des belges interrogés y sont favorables. Ce n’est certes pas une majorité, comme le souligne le commentaire du journaliste, mais on ne peut qu’être frappé par la très haute acceptation de cette proposition dans notre population. Quelles propositions législatives pourraient dans notre pays se prévaloir d’un si bon résultat ?

Thierry DELAVAL
Sociologue,
Membre du Conseil d’Administration de l’association liégeoise gaye et lesbienne ALLIAGE.

 

Novembre 2005 : Éditorial

Le Conseil d’État a donc finalement rendu son avis à propos de l’adoption par les couples de même sexe. Comme on pouvait plus ou moins s’y attendre, il s’agit d’un avis d’ordre purement technique et juridique : on peut aisément imaginer que le Conseil d’État n’a pas souhaité prêter le flanc à une polémique comme celle qu’il avait provoquée suite à l’examen de la proposition de loi ouvrant le mariage, où d’aucuns avaient estimé qu’il débordait quelque peu de son rôle en étayant ses positions par des arguments relevant davantage de la morale que de l’aspect juridique. Cet avis n’étant en définitive ni tout à fait positif ni complètement négatif, le parcours législatif peut reprendre son cours : c’est donc le 9 novembre que la Commission Justice devra se prononcer, avant que la Chambre ne le fasse à son tour en séance plénière. Dans l’intervalle, il est encore possible (mais pas obligatoire) que la proposition de loi soit évoquée au Sénat avant un nouvel examen à la Chambre, ce qui allongerait le processus de deux bons mois encore...

Ces surséances à répétition obligent les “pour” et les “contre” à rivaliser d’initiatives en tous sens de façon à faire balancer les indécis parmi les 150 Députés qui devront se prononcer. À l’heure où j’écris ces lignes, on compte 52 Députés qui voteront “non” : il s’agit du Vlaams Belang (18/18), du FN (1/1), du cdH (5/7), du MR (18/25) et du CD&V (10/21). Ceux qui voteront “oui” sont pour l’instant au nombre de 36 : Ecolo (4/4), le PS (10/25), sp.a-spirit (12/23), le VLD (8/25), et le MR (2/25). Il reste donc pas moins de 62 indécis qui seront inévitablement très courtisés...
(Michel Thomé)

 

Octobre 2005 : Éditorial

Alors que la “grande manifestation européenne” du 17 septembre dernier n’a finalement rassemblé que 400 à 500 personnes (1500 selon les organisateurs), infligeant ainsi un échec cuisant au collectif soi-disant apolitique, mais clairement identifié comme très proche de l’extrême-droite (voir édito précédent), l’état d’avancement des propositions de loi relatives à l’adoption par les couples de même sexe est, il faut bien le dire, à l’arrêt : le Conseil d’État, sollicité le 19 juillet dernier par le Président de la Chambre des Représentants Herman de Croo, n’a toujours pas rendu son avis. Les opposants profitent de cette accalmie pour multiplier les appels à signature, par le biais notamment de deux pétitions. Il va de soi que si les “anti-” gardent toute leur force de mobilisation, il doit en être de même pour les “pro-”. J’évoquais ici-même le mois dernier la pétition lancée à l’initiative de la Maison Arc-en-Ciel de Bruxelles, de la FAGL et de Tels Quels. Cette pétition restera disponible en ligne jusqu’au jour du vote au Parlement. Pour celles et ceux qui ne disposent pas de connexion à Internet, il est à présent possible de signer un document “papier”. Il est disponible à la Maison Arc-en- Ciel lors de toute activité annoncée à l’agenda.

Parallèlement, une proposition de loi relative à la trans- sexualité discutée en commission à la Chambre il y a plu- sieurs mois, devrait prochainement faire l'objet de débats parlementaires. Cette proposition, bien que très attendue, inquiète le collectif “Trans-Action” qui a mis en avant les conséquences dommageables que pourrait avoir cette loi si elle était votée telle quelle : elle impose un âge minimal de 18 ans pour la transition (comment alors vivre son adolescence dans un corps quasiment étranger ?) ; elle détermine qui va avoir droit aux soins et par qui ils seront donnés avec toutes les discriminations que cela risque d'engendrer ; elle est d'une manière générale nettement moins bien conçue que les lois équivalentes aux Pays-Bas, au Royaume-Uni ou en Espagne. Le collectif demande donc instamment aux autorités belges de prendre en compte les observations et les amendements émis par signataires d'une pétition que vous pouvez également signer en ligne à l'adresse http://petitiononline.com/betslaw/
(Michel Thomé)

 

Septembre 2005 : Éditorial

Une plateforme revendicative relative à la proposition de loi ouvrant l’adoption aux couples de même sexe a été rédigée en commun, sous forme de lettre ouverte adressée au Parlement, par la Maison Arc-en-Ciel de Bruxelles,La FAGL et Tels Quels asbl. Alliàge, en tant que membre de la FAGL, s’inscrit également dans cette initiative. Nous vous invitons dès lors à soutenir cette action en signant la plateforme. Elle est accessible sur le site de la MAC de Bruxelles. Il n’existe mal heureusement pas de solution alternative à Internet. Voici le texte intégral de cette plateforme:

L'adoption par les couples gays et lesbiens ou le droit pour leurs enfants d'avoir deux parents.

À l'heure où la Chambre va entamer la discussion sur la proposition de loi ouvrant le droit à l'adoption aux couples gays et lesbiens,

Nous, signataires de cette lettre ouverte,

● rappelons que cette proposition de loi n'ouvre pas le droit à la parentalité aux gays et aux lesbiennes, puisque cette parentalité existe déjà dans les faits et que beaucoup d'enfants sont élevés par des gays et des lesbiennes, mais qu'elle renforce les droits de ces enfants ;

● observons qu'il existe des enfants de gays et de lesbiennes de tous les âges qui ont fait l'objet de nombreuses études et qui ne montrent aucun signe particulier dû à leur parenté ;

● dénonçons les discriminations dont sont victimes les enfants élevés par ces couples auxquels la loi refuse le droit d'être reconnus par leurs deux parents, ce qui les discrimine dans leur quotidien où un seul de leurs parents est habilité à décider de leur devenir, mais aussi dans tous les droits liés à la filiation (droit d'héritage, droits alimentaires…) ;

● entendons les craintes que ces enfants vivent dans un climat potentiellement homophobe, mais rappelons que la meilleure façon de les entourer est de lutter contre l'homophobie, notamment à l'école, est de reconnaître publiquement que l'orientation sexuelle n'a pas d'incidences sur les qualités éducatives des parents, tout en rappelant les droits et devoirs que les couples gays et les- biens ont par rapport à leurs enfants ;

● soulignons que l'adoption est loin d'être une façon facile et automatique d'exercer un soi-disant droit à l'enfant mais une démarche réfléchie, longue et légalement en- cadrée, visant à fonder une famille et à offrir à l'enfant le meilleur cadre de vie possible ;

● remarquons que les propositions de loi qui veulent régler la situation juridique de ces enfants sans passer par l'adoption, sont inutilement compliquées, alors que la proposition de loi ouvrant l'adoption aux couples de même sexe est celle qui garantit le mieux une égalité entre les enfants élevés dans ces familles et ceux élevés dans d’autres cadres familiaux ;

● demandons dès lors au Parlement de voter sans tarder cette loi et de mettre fin aux discriminations qui frappent aujourd'hui les enfants élevés par des gays ou des lesbiennes.

Maison Arc-en-Ciel de Bruxelles - Chille Deman, Président
FAGL - Dominique Delrez, Président
Tels Quels - Guy Moins, Président

Parallèlement à cette démarche, nos amis flamands de la HolebiFederatie ont eux aussi écrit une lettre ouverte, dont voici la traduction :

Adoption par les couples de même sexe : un débat plein d'opinions erronées

Le débat au sujet de l'ouverture de l’adoption aux couples de même sexe fait rage. Mais cela ne va pas sans confusion. On affirme parfois que le combat pour l'adoption est une lutte purement symbolique pour des droits égaux. Cela n'est pas exact. La parentalité des lesbiennes et des gays est une réalité sociale : en Belgique, des centaines d'enfants grandissent dans une famille homo- parentale. Il s'agit le plus souvent d'enfants nés dans une famille lesbienne, après insémination artificielle avec donneur de sperme anonyme. Dans de telles familles, la deuxième mère n'a pratiquement pas de devoirs et de droits face à l'enfant. Elle n'a par exemple aucun droit de décision quant à l'enseignement à suivre par l'enfant, ou sur les questions médicales... En fait, la mère n'est pas responsable de l'enfant. Elle ne doit pas non plus payer d'argent pour l'entretien de l'enfant, pas de pension alimentaire. Entre la mère et l'enfant aucun droit successoral automatique n'existe. Si les deux femmes se séparent, parfois la mère non biologique n’aura plus l’occasion de voir l’enfant ; elle n’ob- tiendra que très difficilement un droit de visite. Quand l’enfant est bébé, la compagne ou l’épouse de la mère n'a pas de droit au congé parental. Mais, assez cyniquement, on tient compte de sa présence lorsque la crèche calcule les revenus des parents pour évaluer la contribution à payer pour l'enfant... Alors, là, oui, on se souvient que cet enfant a deux mamans! Et - encore plus cynique – c’est seulement après le décès de la mère juridique que la deuxième mère peut obtenir une re- connaissance juridique, si elle a été indiquée en tant que tuteur testamentaire. Pour toutes ces raisons, donner à la deuxième mère la possibilité d’adopter l’enfant par le moyen de la co-adoption est ici la meilleure solution. L'enfant obtient deux parents à part entière et la deuxième mère obtient les devoirs et les droits à part entière vis-à-vis de l'enfant. Une autre interprétation erronée de la problématique que l’on rencontre souvent est celle qui consiste à dire que deux hommes souhaitant un enfant n’auront qu’à se précipiter vers un organisme d’adoption ou s’adresser à une mère porteuse pour "obtenir" un enfant. L'adoption est toujours soumise à une procédure sévère. Il y a une phase de préparation, une enquête sociale approfondie a lieu, puis le Juge de la Jeunesse se prononce. L'adoption n’est donc en aucune manière inspirée uniquement par la réalisation rapide d’un souhait d’avoir des enfants, mais bien une mesure de protection de l'intérêt de l'enfant. L'adoption par un parent seul est d'ailleurs possible en Belgique, un homme gay peut donc adopter un enfant. Si le but est d’élever un enfant à deux, il est toutefois possible que les deux hommes s’impliquent dans la procédure, et de leur donner à tous deux des devoirs et des droits à part entière vis-à-vis de l'enfant. Il n'est pas exact non plus qu’aucun pays étranger ne veut céder d’enfants à l’adoption par des couples de même sexe. Chaque pays est libre. Le traité d'adoption de La Haye admet les accords bilatéraux et prévoit que les pays d'origine peuvent évaluer au cas par cas. De moins en moins de pays font montre de réticences. En Europe, la Suède, les Pays-Bas, l'Allemagne, la Grande-Bretagne, l'Islande, le Danemark (et bientôt l'Espagne) reconnais- sent la co-adoption ou l’adoption par les couples de même sexe. On entend souvent dire aussi qu’il y a très peu de recherches sur l’homoparentalité. C’est une autre opinion non fondée. Des études et thèses de doctorat récentes, entre autres de Nadaud, Bos, Vanfraussen, de Kanter et Brewaeys montrent qu’un enfant peut grandir très harmonieusement dans une famille homoparentale. Mais ici on voit les opposants à l’adoption installer un cercle vicieux : interdire aux couples de même sexe d’avoir l’occasion d’élever ensemble des enfants, c’est empêcher que l’on puisse montrer que cette éducation se passe bien. Une dernière opinion erronée est que la fa- mille homoparentale serait isolée et ne bénéficierait d’aucun soutien social. Une en- quête du “Morgen” a récemment encore montré que 37% des Belges trouvent que les gays et lesbiennes DOIVENT pouvoir adopter, tandis que 32% seulement sont contre. Une majorité des Belges est favorable à l’adoption par les couples homosexuels. Les États Généraux des Familles et le Centre pour l'Égalité des Chances et la Lutte contre le Racisme sont pour l'ouverture de l'adoption. Le parlement flamand a déposé une proposition pour l’adoption par des couples homo- sexuels. Même les services d'adoption flamands reconnus sont pour ! Pour un enfant, il est important de grandir dans un entourage où il bénéficie de l'amour, de la chaleur, des soins et de l'attention aux- quels il a droit. Le législateur ne doit pas fermer les yeux sur une réalité sociale, et doit prendre ses responsabilités.

Aussi, les enfants de parents homosexuels ont droit à avoir un lien juridique à part entière avec les deux adultes qui les éduquent. L'ouverture de l'adoption est pour cela le moyen le plus approprié.
(Michel Thomé - Sources : www.rainbowhouse.be, www.holebifederatie.be)

 

Août 2005 : Éditorial

ADOPTION : L'EXTRÊME DROITE AUX BARRICADES !
La proposition de loi ouvrant l’adoption aux couples de même sexe semblait, il y a quelques semaines encore, suivre un parcours parlementaire étonnamment calme... On tenait pratiquement pour acquis son vote en séance plénière de la Chambre avant les vacances parlementaires. C’était sans compter sur les revirements multiples du CD&V mais surtout du MR et plus singulièrement de son Président Didier Reynders, qui n’a manifesté aucun scrupule à changer trois fois de position en moins de deux mois. Il s’agit d’un important débat de société, personne ne prétendra le contraire. On ne peut cependant que regretter que ce soit sur- tout avec des arguments tendancieux (le désir “égoïste” des gays et lesbiennes, le “droit de l’enfant et pas le droit à l’enfant”, le “principe de pré- caution” etc.) ou des boîteuses solutions alternatives (la tutelle, la parentalité sociale etc.) que les opposants se manifestent. Celles et ceux parmi vous qui ont participé à notre débat du 2 mai der- nier, ou qui consultent notre abondante revue de presse, ou encore qui, plus simplement, suivent l’actualité savent que la véritable raison de la réticence des opposants à cette proposition est la re- mise en cause de leur conception traditionnelle de la famille. C’est ainsi que le 17 septembre prochain aura lieu à Bruxelles une manifestation intitulée “la famille, c’est vraiment important”, à l’initiative du Collectif “Papa, Maman et moi”. En essayant d’en savoir un peu plus sur ce collectif, j’ai été surpris de constater que son siège social est le même que celui de l’association catholique intégriste “Belgique et Chrétienté”, mais également du magazine d’extrême droite “Polémique-info”. Plus troublant encore : à la tête de ces trois organismes, on trouve une figure d’extrême droite bien connue : Alain Escada, ancien porte-parole du Front Nouveau de Belgique (le “Front National bis” de Marguerite Bastien), actif dans toute la mouvance nationaliste et intégriste, de la Fraternité Saint Pie X au mouvement NATION. À l’instar du Nonce Apostolique en Belgique, plusieurs personnalités politiques ont d’ores-et-déjà manifesté leur intention de répondre favorablement à l’appel lancé par M. Escada en se rendant à cette manifestation, ou en reprenant son discours à leur compte. Si cet engagement est pris de bonne foi, il y a là à tout le moins matière à préoccupation. Si en revanche c’est en toute connaissance de cause, ça me semble plus inquiétant encore...
(Michel Thomé)

 

Juin 2005 : Éditorial

La Belgique est devenue, le 19 mai dernier, le deuxième pays au monde à instaurer une journée nationale de lutte contre l’homophobie. La date retenue sera la même chaque année : le 17 mai. Cette date n’a pas été choisie au hasard : c’est en effet le 17 mai 1990 que l’Organisation Mondiale de la Santé supprimait l’homosexualité de la liste des maladies mentales. Le premier objectif de cette journée est de susciter des actions de for- mes très diverses : débats, expositions, animations, campagnes de sensibilisation etc. Ces initiatives pourront êtres portées par le milieu associatif gay et lesbien, mais aussi par des organisations de défense des droits humains, de plus en plus interpellées par ce problème qu’est l’homophobie. Le second but de cette Journée est de coordonner et rendre visibles les actions. Si elles ont lieu le même jour, elles seront d’autant plus visibles et efficaces. Et comme ce jour deviendra un rendez-vous annuel, les médias et l’opinion publique seront d’autant plus attentifs aux questions soulevées, ainsi qu’aux progrès ou reculs constatés. Troisième objectif : faire adopter cette journée au niveau mondial. Le Gouvernement s’est ainsi engagé à œuvrer auprès des instances internationales dont notamment l’Organisation des Nations Unies, le Haut Commissariat aux Droits de l’Homme et la Commission européenne, afin qu’elles inscrivent cette journée dans leur agenda officiel pour donner plus de visibilité aux initiatives futures et renforcer les expériences engagées en la matière. La lutte contre l’homophobie n’est pas seulement l’affaire des lesbiennes et des gays, mais elle relève pleinement de l’autorité publique et de la volonté de l’ensemble de la société.
(Michel Thomé - Sources : Chambre des Représentants - Résolution relative à l’instauration du 17 mai comme journée nationale de lutte contre l’homophobie | Louis-Georges Tin - Sept questions a propos de la journée mondiale de lutte contre l’homophobie)

 

23 mai 2005

Décès de notre administrateur et ami Gérard Dehan

 

Mai 2005 : Éditorial

L'élection du Cardinal Joseph Ratzinger comme nouveau Pape peut difficilement être perçue comme un signe encourageant quant au regard de l’Église sur les lesbiennes et les gays. Nous avons donc jugé opportun de réagir par voie de presse. Le communiqué reproduit ci-dessous a été publié dans son intégralité dans “La Libre” du 21 avril dernier, et par extraits dans “Le jour Liège” et “La Meuse” du même jour. Il nous a également valu quelques interventions dans les journaux parlés de la RTBF des 20 et 21 avril.
(Michel Thomé)

L’Église Catholique se choisit un Pape hostile aux homosexuels. Dans sa dernière homélie avant le Conclave, Monseigneur Ratzinger avait dénoncé “la dictature du relativisme”, soulignant qu’ “une foi adulte n’est pas une foi qui suit le mouvement des tendances ou les dernières nouveautés”. Comment ne pas voir dans cette prise de position une nouvelle affirmation de son hostilité vis-à-vis des évolutions sociales notamment en ce qui concerne le mariage entre personnes de même sexe ? Joseph Ratzinger, qui a dirigé jusqu’à ce jour la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, héritière de la Sainte Inquisition, était à ce titre l’auteur de la lettre aux Évêques publiée le 31 juillet 2003 intitulée “Considérations à propos des projets de re- connaissance juridique des unions entre personnes homosexuelles”. Cette lettre avait, on s’en sou- vient, créé un grand émoi dans le monde et singulièrement en Belgique, intervenant immédiatement après l’ouverture du mariage aux personnes de même sexe dans notre pays. Le Vatican y adressait des injonctions aux élus politiques, faisant fi de la séparation de l’Église et de l’État, et allant jusqu’à inciter les mandataires à la désobéissance civile. Ce qui était - et demeure - à la fois incompréhensible et inacceptable dans ce texte, c'est son caractère vindicatif à l'encontre des homosexuels, qui confine à l'homophobie. Pour le Cardinal devenu Pape, mariage et procréation ne font qu'un, prenant le contre-pied de la Constitution pastorale Gaudium et Spes du Concile Vatican II qui établit pourtant "Le mariage cependant n'est pas institué en vue de la seule procréation". Malgré cela, ce que la Congrégation pour la Doctrine de la Foi prétendait en effet rappeler, c'est que "dans le dessein du Créateur, la complémentarité des sexes et la fécondité appartiennent à la nature même de l'institution du mariage". De cette assertion première découle une série de règles comportementales que l'on connaît bien : chasteté en dehors du mariage, sexualité conditionnée à la reproduction, interdiction de toute forme efficace de contraception, interdit de l'avortement, anathème sur les techniques de procréation médicalement assistée... La lutte contre la reconnaissance des unions homosexuelles, et des familles homoparentales dans la foulée, relève pour la Congrégation, de la défense du bien commun. Tout acte législatif en la matière est qualifié tour à tour de contraire, nuisible, nocif, dangereux... pour le bien commun. Les relations homosexuelles sont des "dépravations graves", des "anomalies", des "actes intrinsèquement désordonnés", des "comportements déviants"... car ils ne "procèdent pas d'une complémentarité affective et sexuelle véritable". La "dimension conjugale" en est absente car l'aide mutuelle des sexes dans le mariage est indissociable de la transmission de la vie. De plus, des contre-vérités flagrantes parsèment ces réflexions, notamment en matière d'éducation des enfants par des couples homosexuels, qualifiée d'acte de violence et de pratique gravement immorale. Dernier argument majeur mis en avant, celui du prosélytisme : accepter le mariage gay revient assurément à promouvoir l'homosexualité et à déstabiliser le tissu social. Cet argument avait d'ailleurs déjà été invoqué en 1992 par la même Congrégation pour s'opposer aux propositions de loi sur la non-discrimination des personnes homosexuelles. Tant de redondances, tant de superlatifs, tant d'acharnement ont fait de ce texte un pamphlet haineux. Alliàge avait partagé l'émoi des mouvements catholiques progressistes, qui déjà s'alarmaient de la possibilité de voir le Cardinal Ratzinger succéder à Jean-Paul II. Depuis, cette position a été réaffirmée par le Vatican en octobre 2004 et février 2005, et dans le dernier livre de Jean-Paul II. Il n'y a plus guère de gens, du moins dans nos pays développés et à haut niveau d'instruction, pour suivre ces préceptes qui laissent si peu de place aux notions de désir, de liberté et de tolérance. La "loi morale et naturelle sur la vérité du mariage" n'est plus guère une référence monolithique à prendre ou à laisser, y compris pour les catholiques. Elle est à ce point en décalage par rapport au réel que dans la plupart des pays occidentaux, et spécifiquement en Belgique, le droit civil dissocie aujourd'hui le droit matrimonial et le droit relatif à la filiation. Cette évolution profonde est à elle seule la réfutation de ce que l'appropriation du mariage par les personnes homosexuelles ne relève pas d'une mode quelconque, d'une tendance ou d'une nouveauté un peu futile, comme le laisse entendre le Cardinal Ratzinger. Mais si la grande majorité des citoyens ne se satisfait pas du modèle matrimonial défendu par l'Église catholique de Jean-Paul II et de Benoît XVI, il ne faudra pas s'émouvoir de ce que les personnes homosexuelles partagent largement ce sentiment. Alliàge appelle le monde catholique à la vigilance afin que leur Église ne s'éloigne pas plus encore des réalités sociales.
(Thierry Delaval)

 

Avril 2005 : Éditorial

Comme l’année dernière, Liège se démarque nettement pour la semaine arc-en-ciel, cette série de manifestations annonçant la Belgian Lesbian and Gay Pride ; toutes les associations du nord et du sud du pays sont invitées à mettre sur pied au moins une activité dont le but principal est la visibilité. Nous avons décidé, cette année encore, de mettre les petits plats dans les grands. Nos complices du CHEL et de Sportyliège, mais également quelques commerçants amis ont décidé de se joindre à nous pour vous proposer une série d’activités très diverses : c’est par une soirée dansante (l’une des fameuses “Unity Dance”) que nous inaugurerons en fanfare cette longue semaine, samedi 23. Trois jours plus tard, notre maison arc-en-ciel accueillera l’exposition de Vincent Scalco et de Christian Libens, pour une durée de deux semaines. Sporty Liège proposera comme à son habitude une séance de natation le mercredi, et notre nouveau secrétaire David animera une soirée littéraire sur le thème du militantisme, le jeudi. Comme l’an passé, le second samedi sera une journée bien chargée avec un circuit “découverte” concocté par notre ami Laurent, suivi d’un apéro à la “petite Provence” et enfin un karaoke au “Relax”. Le 2 mai, nous organiserons un débat sur le thème “la famille homo existe, je l’ai rencontrée”, mais on vous en reparlera plus en détail bientôt. Et le lendemain, c’est un nouveau partenaire, le salon “nulle part ailleurs”, qui accueillera l’expo de Valérie Tosolini et de Julien Ligot. Et pour être complet, pendant toute la durée de cette “semaine-quinzaine”, la librairie “La Dérive” (à Huy) proposera une sélection d'ouvrages lesbiens et gays. Nous espérons vivement vous voir nombreuses et nombreux à toutes ces activités, et que vous y trouverez toutes et tous votre bonheur !
(Michel Thomé)

 

Mars 2005 : Éditorial

Vous le savez, la défense et la promotion des droits des lesbiennes et des gays constitue une des priorités d’Alliàge asbl. C’est dans ce cadre général que nous avons participé, l’année dernière, aux États Généraux des Familles (EGF). Les conclusions de ces ateliers étaient, on s’en souviendra, extrêmement favorables par rapport à nos revendications : un très large consensus s’était dégagé par rapport à l’adoption par des parents de même sexe. Le point de vue généralement accepté était que ce n’étaient pas les parents qui avaient droit à un enfant, mais les enfants qui ont droit à une éducation saine et équilibrée au sein d’une solide institution familiale. Que cette famille soit composée de parents d’un même sexe ou non ne revêtait aucune importance. Cependant, alors que le Gouvernement s’était engagé, par la voix du Premier Ministre, à trouver des solutions pour le droit de co-parenté et l’adoption par des couples de même sexe, la nouvelle Secrétaire d’État aux Familles, la FDF Gisèle Mandaila a récemment déclaré dans la presse sa volonté de se recentrer sur “la famille traditionnelle”... “Il est essentiel de remettre à l'avant-plan les problèmes de la famille classique, traditionnel- le, et de voir comment on peut articuler les autres modèles familiaux autour de la famille classique. Celle-ci reste quand même le modèle de base de notre société. Pour le Belge moyen, la famille, c'est papa, maman, les enfants.” On voudrait balayer d’un revers de la main un an de travail, de négociations et de concertations qu’on ne s’y prendrait pas autrement. C’est dans ce contexte assez défavorable que nous avons décidé de participer aux EGF 2005 : notre voix doit être entendue, notre devoir de vigilance doit s’exercer. Parallèlement, nous suivrons de très près l’avancement des travaux parlementaires relatifs à cette même matière.
(Michel Thomé)

 

27 février 2005

Alliàge asbl a un nouveau conseil d'administration :

Président : Michel Granados
Vice-présidente : Catherine "Katy" Frère
Vice-président : Pierre Philippart de Foy
Secrétaire : David Tong
Trésorier : Alain Collette
Administrateurs : Pascal Cavelier
  Gérard Dehan
  Thierry Delaval
 

Février 2005 : Éditorial

Il y a un an environ, notre partenaire le Centre pour l'Égalité des Chances et la Lutte contre le Racisme (CECLR) a, dans le cadre de sa mission de lutte contre toutes les discriminations, reçu les premières plaintes individuelles relatives à l'exclusion des gays du don de sang. Cette problématique avait déjà été soulevée par Alliàge en 1998 : une conférence de presse avait été organisée, et nos revendications avaient été relayées par plusieurs parlementaires qui avaient interpellé le Ministre de la Santé de l’époque, ainsi que les hauts responsables de la Croix-Rouge belge. Sept ans plus tard, la question reste malheureusement d’actualité. Dans ce contexte, le CECLR a mis sur pied un groupe de travail mettant autour de la table des représentants du Cabinet du Ministre de la Santé Publique et du Service du sang de la Croix-Rouge. La FAGL et la Holebifederatie ont été associées au groupe de réflexion. La question a été abordée dans le cadre d'une réflexion menée d'une part, sur la lutte conte les discriminations et d'autre part, sur la protection de l'intérêt collectif en termes de santé publique. Le groupe de travail a clairement défini que ce n'est pas la catégorie de personnes (les hommes qui ont des relations sexuelles avec un autre homme) qui est en cause mais bien les comportements sexuels (rapports non protégés). Dès lors, le groupe de travail a opté, dans un premier temps, pour la réalisation d'une brochure informative, diffusée dans les centres de transfusions mais aussi au sein du milieu homosexuel, qui expliquera les motivations de la Croix-Rouge dans ses choix. C'est ce projet de brochure que le CECLR vous propose de pré-tester le 5 février. Il est important de signaler que cette brochure reste une première étape et que la discussion sur l'assouplissement des refus n'est pas fermée.
(Michel Thomé)

 

1 octobre 2004

Jean-Pierre Frisée devient le 2e salarié de l'association

 

7 mai 2004

Alliàge asbl inaugure ses propres locaux : la Maison arc-en-ciel de Liège.

Les nouvelles coordonnées de l'asbl deviennent :

Alliàge asbl
7, Hors-Château
4000 Liège

Tél et fax : 04/223.65.89

 

15 mars 2004

Alliàge asbl a un nouveau conseil d'administration :

Président : Michel Granados
Vice-présidente : Cécile Franckart
Vice-président : Pierre Philippart de Foy
Secrétaire : Roland Pirard
Trésorier : Alain Collette
Administrateurs : Pascal Cavelier
  Gérard Dehan
  Thierry Delaval

 

1 décembre 2003

Michel Thomé devient le premier permanent salarié pour Alliàge et remet donc son mandat présidentiel au Conseil d'Administration. Celui-ci désigne en son sein Michel Granados au poste de Président.

 

17 septembre 2003

M. Michel Firket, Échevin de l'Environnement, du Tourisme et du Cadre de Vie à Liège, rejoint le comité de soutien d'Alliàge asbl

 

18 mai 2003

M. Alain Leens, Conseiller Communal et membre du groupe ECOLO au Conseil Communal de Liège, rejoint le comité de soutien d'Alliàge asbl

 

11 mars 2003

Alliàge asbl a un nouveau conseil d'administration :

Président : Michel Thomé
Vice-présidente : Cécile Franckart
Vice-président : Michel Granados
Secrétaire : Roland Pirard
Trésorier : Michel Granados
Administrateurs : Pierre Philippart de Foy
  Jean Louis Verbruggen
 
     

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